Strasbourg | Un père de famille utilise l’IA pour générer des ébats avec sa fille

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Pédocriminel En liberté

Elle trouve des photos d’elle nue sortant de la douche, dans le téléphone de son père
Une jeune femme de 18 ans a découvert dans le téléphone de son père des photos d’elle nue sortant de la douche. Pire, il a utilisé une IA pour créer des images montrant ses ébats avec elle. L’homme de 45 ans a été jugé devant le tribunal judiciaire de Strasbourg en comparution immédiate.

Depuis que ses parents se déchirent jusqu’à se séparer, cette jeune femme a pris l’habitude de jeter un œil dans le portable de son père, le soupçonnant d’entretenir une liaison.

Ce que cette adolescente, âgée de 17 ans, découvre en novembre 2025 est effrayant : c’est une photo de son père en train de se masturber avec une de ses culottes.

Elle ne touche plus au téléphone paternel un temps. Puis, piquée par la curiosité, rejette un œil sur l’appareil au printemps. Elle trouve des photos d’elle nue, sortant de la douche. Son père a acquis sur Internet une caméra espion dissimulée dans une alarme incendie.

« J’ai acheté ça il y a un an et demi pour savoir si ma femme me trompait à notre domicile, explique-t-il penaud à la barre du tribunal judiciaire de Strasbourg. Quand je faisais ça, je ne voyais plus ma fille, juste son physique. »

« Il n’y a pas un interdit qui s’allume en vous ? » interroge, médusé, le président Christophe Deshayes.
Le prévenu bafouille : « Je n’arrive pas à expliquer. Je ne suis pas un pervers ou un pédophile. »

« Si la première fois, cela peut relever de la surprise, après, vous savez bien que c’est votre fille. Pourquoi vous y retournez ? demande le juge. Il y a quelque chose de tabou qui vous excitait ? »

Le mis en cause acquiesce silencieusement. « Je ne ferai jamais de mal à ma fille. La photo de novembre, ce n’est pas parce que c’était sa culotte. J’aime les sous-vêtements », se justifie-t-il.

Le président passe rapidement sur les images de jeunes femmes qui peuplent la galerie photo du mis en cause.

« Ce sont des captures d’écrans des réseaux sociaux. Elles ont plus de 18 ans », prétend-il, sans convaincre le magistrat.

Il insiste surtout sur ces images générées par intelligence artificielle représentant le prévenu en pleins ébats avec sa fille. Il y en a cinq, dont trois datant d’avant son dix-huitième anniversaire. Il n’a pas de réponse à donner.

Il ne sait pas plus pourquoi il a conservé ses images.

« Je suis un monstre. Je suis allé trop loin »

Selon l’expertise psychiatrique, l’homme a conscience de l’interdit. Il présente une fragilité narcissique, un isolement affectif, une dévalorisation personnelle. N’ayant pas de vie sociale, il va sur internet. Il a un trouble paraphilique probable et nécessite des soins.

« Je demande pardon. Je suis un monstre. Je suis allé trop loin. »

Le mis en cause se tourne vers sa fille. « Je t’aime. »La jeune femme, soutenue par sa mère, pleure silencieusement.

« Pour le moment, elle est sous le choc, fait observer son conseil M e Delphine Bloch. On ne connaît pas les retentissements de cette histoire dans les semaines à venir. Elle a déposé plainte. Depuis, elle découvre petit à petit ce dossier glauque. »

« C’est vil, méprisable, terriblement malsain. C’est un gâchis redoutable. C’est incompréhensible, énumère la procureure Marie-Claude Weiss. Tout le monde peut avoir des fantasmes. On n’est pas dans ce registre ! »

Elle salue le courage de cette jeune femme d’à peine 18 ans qui n’a pas reçu le soutien de son frère aîné mais ne cherche pas à salir son père.

« Nous avons un dossier qui touche à quelque chose de sacré : la famille », plaide en défense M e Safir Balbzioui. « Mon client est pétri de honte. Il salue la maturité de sa fille qui n’a pas cherché à l’accabler. »

L’avocat met en avant le vide jurisprudentiel face à un tel cas. « Des soins s’imposent. »

L’homme de 45 ans, inconnu de la justice, est condamné à 18 mois de prison avec sursis avec, en peine complémentaire, un suivi sociojudiciaire pendant cinq ans avec obligation de travail et de soins. S’il ne les respecte pas, il encourt deux ans de prison.

Il a en outre l’interdiction d’exercer une activité bénévole ou professionnelle le mettant en contact avec des mineurs. Il est de plus inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Une expertise psychologique est demandée pour la victime.

La jeune femme, qui jusque-là vivait avec son père, dort désormais chez sa mère.

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