StGermain-la-Montagne| Laxisme judiciare pour le papy pédo coupable d’agressions sexuelles

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Pédocriminel En liberté

L’expert psychiatre révèle des déviances pédophiles
photo d'une fillette de dos avec son nounours
Entre 2003 et 2018, le grand-père aura tour à tour imposé des caresses et des baisers à ses trois petites filles alors âgées d’une dizaine d’années.

Pour le septuagénaire, qui s’est dit honteux de ce qu’il avait fait subir aux fillettes, ce n’étaient que :

« Des gestes machinaux ».

Il aura fallu toute l’opiniâtreté et le savoir-faire du président de l’audience, Wilfrid Exposito, pour faire avancer le grand-père dans sa réflexion. S’il reconnaissait à demi-mot quelques gestes déplacés sur sa dernière petite-fille à son arrivée à la barre, son déni avait en grande partie disparu au terme des débats.

Les faits ont été révélés par la fille de la nouvelle compagne du fils du septuagénaire, fin 2018. Alors âgée de 9 ans, la fillette confie, en pleurs, à sa mère et son père, que :

« Papi a touché sa “bibiche” ».

Les faits se seraient déroulés une première fois lors d’une promenade en forêt, en septembre 2018. Le grand-père aurait embrassé la petite fille sur la bouche, avec la langue, lui aurait caressé la poitrine et le sexe par-dessus les vêtements. Il aurait également pris la main de la fillette pour la poser sur son sexe sur son pantalon.

Deux mois plus tard, alors que le grand-père jouait avec la petite sur ses genoux dans la véranda de la maison familiale de Saint-Germain-la-Montagne, ses mains auraient glissé progressivement de ses cuisses jusqu’à son entrejambe. Des gestes que le papi aurait répétés presque chaque fois qu’il était en contact avec l’enfant. Les caresses se faisaient souvent sous la table, à l’abri des regards. Aucun adulte n’avait rien remarqué.

La fillette, livre encore :

« Il m’a dit de ne rien dire, que c’était un secret ».

Abasourdis, les parents de la fillette ont réclamé des explications au grand-père, qui a alors reconnu en partie les faits.

Une plainte a été déposée et une enquête ouverte par la gendarmerie. Celle-ci a permis de mettre en exergue que les attouchements avaient débuté il y a bien longtemps, avec les deux autres petites-filles du grand-père, devenues majeures depuis.

Une première, presque trentenaire aujourd’hui, dénonce des faits similaires en 2003. Ils auraient duré de ses 10 à 16 ans. Elle parle elle aussi des caresses répétées sur le côté des seins, sur les cuisses et jusqu’à son entrejambe, sur son survêtement ou son pyjama.

Sa sœur cadette confirme que dès qu’elle se trouvait elle aussi sur les genoux de son grand-père, celui-ci lui imposait des caresses et tentait de l’embrasser. Toutes deux s’étaient senties mal à l’aise à l’époque, mais n’avaient pas osé en parler.

L’une d’elles témoignera :

« Je me demandais si c’était normal. Et puis je me disais : “C’est papi, il est comme ça” ».

À la barre du tribunal judiciaire de Roanne ce mardi après-midi, le grand-père écoute le juge revenir sur les faits. Il se défend, reconnaissant qu’une partie des faits sur sa dernière petite-fille, mais niant tout acte sur les deux autres.

Avant de se réfugier dans le déni, trouvant des excuses ou reportant la faute sur les petites, il reconnait :

« J’ai un sentiment de honte. J’ai eu des gestes déplacés ».

« Je n’ai pas posé sa main sur mon sexe, elle a dû confondre avec mon portefeuille dans ma poche ».

« Je ne les ai jamais forcées à venir sur mes genoux. Elles remuaient sur moi quand je les chatouillais ».

Le président de l’audience lui donne alors lecture du rapport de l’expert psychiatre qu’il a rencontré. Il révèle des troubles de la personnalité dans la vie sexuelle et des déviances pédophiles. Il invite à éviter tout contact avec des enfants sans la présence d’un adulte.

Le septuagénaire encaisse le coup.

Il clame :

« Quand je faisais cela, c’était comme une pulsion. Je ne saurais pas vous dire pourquoi », clame-t-il.

Wilfrid Exposito appuie encore :

« Des attouchements sur trois petites filles durant 15 ans, ce n’est pas des pulsions, c’est un ancrage ».

Petit à petit, le septuagénaire avance dans la reconnaissance des faits. Il admet les attouchements sur au moins deux de ses petites filles.

« J’ai toujours voulu leur apporter un maximum de tendresse. J’ai sûrement été très maladroit et eu des gestes qui ont dépassé ce que je voulais faire ».

Puis :

« Ça me procurait du plaisir de les sentir contre moi. J’ai senti que je dérapais, je leur ai fait des attouchements ».

Avant de terminer, en pleurs :

« Je ne demande pas pardon parce que ce que j’ai fait est impardonnable, mais je regrette le mal que je leur ai fait ».

Le septuagénaire n’ira pas plus loin dans la reconnaissance des faits. Impossible, selon son avocat :

« C’est tellement inavouable. En dire plus serait pour lui un effondrement, une destruction psychologique. Mais si l’audience a été éprouvante, elle était nécessaire pour qu’il comprenne et qu’il se soigne ».

Avant la plaidoirie de l’avocat de la défense, la substitut du procureur de la République avait requis de la prison ferme contre le grand-père « dangereux et inquiétant », selon elle, et ce malgré un casier judiciaire vierge de toute condamnation dans le passé. Après avoir résumé une fois encore les faits, elle lance :

« Cela fait beaucoup. Cela fait trop ».

Le tribunal a condamné le septuagénaire à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, avec une obligation de soins et l’interdiction de rentrer en contact avec la plus jeune de ses petites-filles âgée aujourd’hui de 11 ans. Le grand-père de 78 ans verra avec le juge d’application des peines (JAP) si l’année de détention peut-être aménagée à domicile.

En peine complémentaire, les juges l’ont contraint à indemniser la victime à hauteur de 5.000 € pour son préjudice moral, lui ont interdit toute activité, bénévole ou professionnelle, avec des mineurs et lui ont spécifié son inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (Fijais).

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