Sarthe | Un homme de 40 ans condamné pour corruption de mineur

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Encore une justice laxiste
Illustration | Cité Judiciaire du Mans
De janvier 2021 à février 2024, un Sarthois discute en ligne avec plusieurs jeunes femmes à qui il demande d’envoyer des photos d’elles, nues. Sans se préoccuper de leurs âges. La famille d’une mineure a porté plainte. Il a été condamné ce jeudi 19 mars 2026 par le tribunal correctionnel.

Sous sa veste grise qui lui descend aux genoux et son col remonté, le prévenu tremble à la barre du tribunal judiciaire du Mans.

Il comparait ce jeudi 19 mars 2026 après avoir, entre autres, demandé des images à caractère sexuel à des mineurs via le réseau social Snapchat entre les mois de janvier 2021 et février 2024.

Sous plusieurs pseudos, et notamment celui de « Tête de chat », il invite à tour de bras les profils aux consonances féminines via la fonctionnalité ajout rapide du réseau social.

En ignorant leurs âges dans un premier temps.

“Puis, tel un caméléon, vous vous adaptiez à la réponse de votre interlocutrice. Si elle était mineure, vous l’étiez aussi, si elle était majeure, vous aussi”, résume la présidente du tribunal.

Le but derrière ces échanges ?

“Je recherchais des plans culs virtuels”, indique le prévenu, qui demandait systématiquement des photos dénudées, voire des images d’actes sexuels explicites, à ses victimes.

Parmi elles, on retrouve de nombreuses adolescentes.

Une famille a porté plainte.

“Je souhaitais surtout des jeunes. Jeune signifiant autour de 20 ans, pour moi”.

“Pourquoi des profils jeunes ? Moins intimidant, moins de résistance, moins de refus ?”, interroge le tribunal.

“Je ne peux que vous dire oui, madame la présidente. Malheureusement”.

Parfois même, le prévenu n’hésite pas à se présenter comme un gendarme ou un policier.

“Je pense que c’était mon subconscient qui parlait, me rappelant que mon comportement n’était pas légal”, suppose-t-il.

Selon une expertise psychologique partagée à l’audience, la quête d’interlocutrices malléables a pu conduire le prévenu à basculer dans l’illégalité.

“La plus jeune avec qui vous avez échangé avait 14 ans”, rappelle la présidente.

“Je n’ai pas d’attirance particulière pour les mineures. Tant qu’elles acceptaient mes demandes, je n’étais pas regardant. J’étais un vrai connard sous alcool”, répond encore l’homme aujourd’hui âgé de 40 ans.

Une addiction au cœur de l’affaire, puisque le mis en cause aurait commis une grande partie des faits qui lui sont reprochés dans cet état second :

“Je buvais un litre de whisky par jour”, reconnaît-il, expliquant pourquoi il se rappelle peu des détails donnés par le tribunal.

“Sa consommation a commencé à l’âge de 13 ans”, partage, de son côté, Me Flosseau, avocate de la défense.

“Monsieur a eu un parcours de vie compliqué. Il a notamment connu la perte de sa compagne, décédée sur une table d’opération, et celle de son frère l’année suivante alors qu’il se trouvait en cure de désintoxication”.

Autant de faits qui l’ont fait replonger dans l’alcoolisme.

“Désormais, je suis sobre depuis le 10 septembre 2025”, annonce l’intéressé, qui assure avoir depuis conscientisé ses actes.

“Je m’en veux, je pense à la victime qui doit être traumatisée. Ça va me marquer à vie mais elle aussi, j’essaye de comprendre comment j’en suis arrivé là avec l’aide de ma psychologue. Je me considère comme un minable et je suis rempli de honte”.

À l’issue d’une audience de deux heures, le prévenu a été condamné à 18 mois d’emprisonnement, assortis de deux ans de sursis probatoire.

À noter à titre de peine complémentaire une inscription au Fijais (Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) et l’interdiction d’entrer en contact avec des mineurs ou d’effectuer une activité professionnelle en lien avec eux.

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