Saint-Saulve | Un père récidiviste condamné pour agression sexuelle sur sa fille

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Bourrée de cachets, l’adolescente de 15 ans mène une existence pour le moment léthargique et esseulé
C’est un homme agité qui se présente à la barre du tribunal correctionnel de Valenciennes, mardi 9 novembre.

Un Guadeloupéen à la peau brune et aux yeux très clairs, dont le débit de paroles et la gestuelle qui l’accompagne font tomber son masque en permanence.

Le tribunal s’agace, c’est mal parti.

La Justice reproche au septuagénaire son comportement déviant envers sa plus jeune fille, Julia*, atteinte de trisomie.

Des faits qui se seraient produits entre les six ans et les dix ans de l’enfant, soit de 2012 à 2016.

En réalité, et selon le témoignage d’une professionnelle de la Protection maternelle infantile (PMI), un premier comportement suspect avait été mis à jour neuf mois après la naissance de l’enfant, en 2007.

La professionnelle mentionnait la vulve de la fillette, “dilatée et béante, de la taille d’un pouce“.

Un constat qu’elle attribuera à des attouchements.

Le prévenu certifie:

“C’était un feu. Ma femme avait mis de la pommade“,

Une enfant anéantie

A l’époque où le couple s’était rendu à la PMI avec Julia, la professionnelle avait remarqué que le père gérait entièrement l’enfant, y compris les bains.

L’accusé a démenti face à la présidente du tribunal, avant de sangloter:

“Je n’ai jamais lavé aucun de mes gosses ! Ce n’est pas mon domaine. C’est sa maman qui s’en chargeait“

Convaincant.

Mais le dossier de ce père de neuf enfants, dont six filles, est épais.

Plusieurs enquêtes sociales vont avoir lieu en 2012, 2016, 2017… et Julia va parler.

Elle explique que son père lui a “fait mal à la pépette“, qu’elle a peur de lui.

Elle mime l’introduction d’un doigt dans le vagin.

Quand Julia ne parle pas, son comportement en dit long sur les traumatismes qu’elle pourrait avoir subi.

Elle refuse systématiquement tout examen gynécologique, elle tient des propos hyper sexualisés et se comporte de façon très agressive envers les autres et elle-même.

Au point même qu’elle est aujourd’hui hospitalisée au CH de Cambrai car l’Institut médico-éducatif ne parvient plus à la gérer.

Bourrée de cachets, l’adolescente de 15 ans mène une existence pour le moment léthargique et esseulée, puisque sa mère est ralliée à la cause de son ex-mari.

Déjà condamné pour agressions sexuelles sur mineures

Au final, cinq affaires vont être classées sans suite.

Pourtant, Julia n’est pas la seule enfant de la famille à se plaindre du comportement du patriarche.

L’aînée reproche à son père d’avoir commis des attouchements sur sa petite-fille, indiquant elle-même avoir subi des attouchements étant enfant.

Une autre soeur témoigne des mêmes faits.

D’ailleurs, le prévenu a déjà été incarcéré pendant cinq ans pour agressions sexuelles sur mineur en 2003.

Le père de famille se défend:

“Tout ça me blesse. J’ai 71 ans, je n’ai jamais touché aucun enfant. Ma dernière fille dit n’importe quoi. Elle ment à 1000%. Elle a tout inventé. Je suis surpris. J’aime pas qu’on touche les gosses. J’aime pas ça du tout. Je n’ai jamais touché aucune de mes filles. Pour une histoire d’héritage, les filles se sont liguées contre moi. Pour moi, c’est un acharnement. Il y a trop de femmes pour faire ça sur des enfants. J’ai fait des enfants, ce n’est pas pour leur faire du mal. C’est quoi ces ragots ?”

Le père de famille rejette la faute sur la maladie de sa fille qui lui ferait dire n’importe quoi.

Le procureur Vicentini, conforté dans son appréciation par les témoignages des autres soeurs, a estimé:

“Est-ce que la personnalité de cette jeune femme en fait une affabulatrice ? Non ! Elle garde le même cap depuis 2012“

“Pas une enfant comme les autres”

L’avocat du prévenu, maître Babouri, a déclaré:

“Si vous ne faîtes pas abstraction de la condamnation de 2003, ça ne sert à rien que je plaide. Certes, Monsieur n’est pas facile, il déborde. J’ai moi-même du mal à le canaliser. Toujours est-il que Julia n’est pas une enfant comme les autres. Mon client s’est embrouillé avec son aînée, les autres l’affirment. Sa compagne et son ex femme assurent qu’il n’a jamais fait prendre un bain aux enfants. Julia dit tout et son contraire. Elle a même fait croire qu’elle était enceinte. Elle est atteinte de troubles psychologiques importants. Elle a vu et entendu des choses, ça c’est sûr, peut-être à l’IME, où une vie sexuelle existe ! Mon client aime sa fille. Il est éloigné d’elle depuis des années, il n’a aucune emprise sur elle.”

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur en condamnant le père de famille à quatre ans de prison ferme, assortis d’un suivi socio-judiciaire de 5 ans et de l’inscription sur le fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles.

Obligation de soins, interdiction d’entrer en contact avec la victime, amendes et retrait de l’autorité parentale ont également été prononcés.

*prénom modifié

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