Saint-Malo | Un prof de tennis de 52 ans jugé pour agressions sexuelles sur mineurs

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Un prof de tennis jugé pour agressions sexuelles sur ses jeunes élèves
Illustration (©DR)
Un prof de tennis de 52 ans, qui exerçait à Plerguer et Saint-Malo, était jugé hier pour des agressions sexuelles sur ses élèves. La décision sera rendue en septembre.

Sa main doit s’agripper à la chaise pour venir répondre aux questions du tribunal de Saint-Malo. Une des victimes, aujourd’hui âgée de 23 ans, sera la seule à s’exprimer au cours de cette longue audience du 8 juillet 2021.

Derrière elle, elles sont une quinzaine. Et presque toutes encore mineures. C’est l’une d’elles qui a osé parler à ses parents, après avoir imaginé beaucoup d’excuses pour ne plus se rendre à son cours de tennis.

Elles avaient 10, 11 et 12 ans

À la barre, un homme de 52 ans. Professeur de tennis à Plerguer et Saint-Malo, il est jugé pour agressions sexuelles sur ses élèves. Au moment des faits, entre 2012 et 2017, elles avaient 10, 11, 12 ans.

C’est lorsqu’il leur montrait des gestes techniques de tennis que l’homme se frottait aux enfants, touchait leurs parties intimes par-dessus les vêtements. Certains, dont un petit garçon présent dans la salle, ont vu son sexe « qui dépassait de son short. » Avant les leçons, le prof se masturbait pour « essayer de maîtriser ses pulsions. » Mais… « ça ne marchait pas toujours. »

Ce père de famille remercie plusieurs fois la jeune élève qui l’a dénoncé et ajoute :

« J’aurais aimé qu’elle me dénonce plus tôt. »

Incarcéré en détention provisoire pendant 1 an, il comparaît libre et s’empresse d’accuser

« l’État français qui ne met pas de numéro de téléphone à disposition pour les gens comme moi. »

Au fil de l’audience, le professeur a la mémoire qui flanche. Il répond peu, ne comprend pas les questions ou feint de ne pas les comprendre, au point que le procureur de la République s’emporte comme rarement et le somme d’arrêter de la « prendre pour une imbécile. »

S’il a avoué lors de l’instruction avoir été “amoureux” d’une petite voisine de 9 ans, il refuse de prononcer le mot pédophile ; c’est une expression qu’il n’aime pas. « Nous non plus ! » raille Me Sourdin, qui assiste une des victimes.

Les avocats déplorent l’absence d’empathie, Me Tricheur s’en dit « abasourdi. »

« Bien sûr c’est difficile pour vous de comparaître ici »,

lance Me Stichelbaut,

« mais tournez la tête, et voyez le nombre de victimes qui est derrière vous et qui a subi vos agissements. »

Sa cliente avait 7 ans quand elle a subi des « caresses ».

« Elle a été très marquée, elle a des TOC depuis, elle n’a jamais repris le tennis. »

Celle de Me Verdier, pour laquelle le professeur nie toute agression, s’est scarifiée, a été hospitalisée.

« Il me touche les seins, j’espère qu’il ne va pas me violer »

écrivait-elle dans son journal intime.

Exhibition sexuelle l’été dernier

Le prévenu évoque une prise de conscience, des recherches, une volonté de se soigner. Pourtant au début du mois de juin 2021, il a été condamné pour exhibition sexuelle à la piscine d’un camping, par le tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne. Des faits commis après sa remise en liberté, l’été dernier, qui provoquent l’indignation. S’il se dit atteint de pulsions, il explique avoir efficacement résolu le problème : « J’ai jeté tous mes maillots de bain. » La salle s’esclaffe, le prévenu rétorque : « Personne ne comprend. »

L’expert estime dans son rapport que le prévenu n’est « pas dangereux au sens psychiatrique ou criminologique. » Un point qui n’est pas partagé par les avocats qui parlent d’un « prédateur. » Le procureur de la République n’est pas plus enthousiaste quant au rapport médical :

« Cet homme est capable de se présenter comme le parrain d’une gamine pour l’embarquer… Pour moi il est dangereux. Et des mineurs, il y en a partout. Il ne suffit pas de ne plus travailler avec les mineurs ou de changer de maillot de bain. »

500 appels passés par les gendarmes

En face, Me Lauranne Garnier évoque une agression sexuelle subie alors qu’il était enfant, par son oncle et refuse les qualificatifs donnés à son client : « Ce n’est ni un menteur, ni un manipulateur. » Elle souligne la qualité de l’enquête des gendarmes de Saint-Malo : « Ce sont plus de 500 appels qui ont été passés pour vérifier s’il y avait d’autres victimes… »

4 ans de prison requis

À la fin de l’audience, après de longues heures de plaidoiries, à écouter les répercussions de ses agissements sur les fillettes, il y a comme un sursaut d’empathie :

« Je prends conscience des problèmes qu’elles ont eus à cause de moi. Je leur souhaite tout le bonheur possible. »

Le parquet a requis 4 ans de prison dont trois avec sursis probatoire. Le tribunal rendra sa décision le 9 septembre prochain.

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