Nouvelle-Calédonie | Sur Internet aussi, il est illégal de parler de sexe avec un mineur

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L’association Truly est à l’origine de cette arrestation
NÎMES 17 ans de réclusion pour le pédophile qui se faisait passer pour une jeune fille sur les réseaux sociaux.
Vendredi matin, au tribunal correctionnel, il était question de juger un homme de 29 ans, père d’une fillette de 10 ans, qui a échangé sur Internet avec une ado fictive, incarnée par l’association Truly.

Plus de 80 captures d’écran attestent de ses discussions sur Messenger, la messagerie de Facebook, avec une mineure de 14 ans.

Il l’a demandée en ami, comme il fait “d’habitude” dès que le réseau social lui “suggère des personnes.”

Il entame une conversation, elle annonce son âge dès son âge dès son premier message. Cela ne l’empêche pas de continuer.

Très vite, il lui parle de sexe. Il lui envoie des photos et des vidéos pornographiques.

Heureusement, le profil de la jeune fille est un faux, monté de toutes pièces par l’association Truly, dont le rôle est de détecter les prédateurs sexuels selon une procédure encadrée par la loi.

Un doute sur le profil

Vendredi matin, au tribunal correctionnel, il est donc question de juger cet homme de 29 ans, père d’une fillette de 10 ans, qui a échangé sur Internet avec cette ado, incarnée par l’association. S’il reconnaît ses propos déplacés, il les justifie par le doute porté sur la réalité de ce profil.

“Elle continuait de me parler, je donnais des infos pour voir si elle allait me rejeter”

, expose-t-il.

On comprendra au fil de l’audience qu’il n’en est pas à son premier essai. Il a l’habitude de parler à des inconnues sur Internet et se “fait bloquer” lorsqu’elles n’ont pas envie de lui parler.

“C’est pour ça que j’avais un doute, elle a continué à me répondre”

, tente-t-il d’expliquer.

Mais sa réponse étonne la juge et ses assesseurs.

“Même avec un doute, il y avait un risque que la jeune fille derrière l’écran ait bien 14 ans, alors quel intérêt pour vous de continuer ?”

, l’interroge-t-elle.

“Je ne sais pas, je suis rentré dans ce délire de liberté virtuelle, je pouvais faire ce que je voulais parce que c’est Internet”.

Reste qu’il a raconté à la jeune fille avoir 17 ans et demi, et son insistance pour la rencontrer a poussé l’association à déposer le dossier au procureur de la République.

En audience, le prévenu se confond en excuses mais s’emmêle dans ses explications.

Il essaie de dire qu’il n’est pas un pédophile, qu’il ne cherche “que” la liberté que permet Internet, mais “pas avec les mineurs”. Il jure qu’il a honte, que cette histoire “l’a détruit”. L’expertise psychiatrique ne relève pas de retard mental.

Cet homme vit avec sa compagne depuis 2010, il a une fille de 10 ans.

“Si quelqu’un lui faisait ça, je l’insulterais et lui cracherais dessus”

, lance-t-il à la juge.

La procureure s’inquiète de son profil, s’interroge sur le comportement du prévenu lorsque sa fille organisera des soirées pyjama à la maison. Elle requiert à son égard quinze mois dont neuf avec sursis.

Il écope de douze mois ferme et six mois en sursis probatoire. Il n’ira pas au Camp-Est, mais portera un bracelet électronique.

Son nom est inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).

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