Nice | Noël Smara mis en examen et incarcéré pour viol et agression sexuelle sur mineurs
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 03/03/2026
- 16:39
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Depuis ces révélations, d’autres témoignages affluent et une enquête judiciaire est en cours.
C’est un cataclysme” confie un élu auprès de France 3 Côte d’Azur.
S’il préfère garder l’anonymat, il tient quand même à nous raconter les coulisses de ce qu’il considère comme “une trahison”.
Dix ans auparavant, il apportait sa confiance à Noël Smara, ambulancier au Samu 06 et visage emblématique de l’association Exploits sans frontière, connue pour ses expéditions solidaires.
Noël Smara est alors parfois qualifié de “héros” par la presse et jouit d’un grand respect dans le milieu associatif.
“C’était un garçon qui avait l’air très gentil, joyeux” se souvient cet élu.
À l’époque, l’humanitaire a pour projet de gravir l’Himalaya et d’y déposer 86 galets, à la mémoire des 86 victimes de l’attentat de Nice survenu le 14 juillet 2016.
“J’avais eu vent qu’il lui manquait des fonds, alors on a voulu l’aider”, explique cet élu qui est aussi président d’une association.
Rapidement, une soirée de collecte de fonds est organisée : un joli chèque est reversé à l’issue de l’événement.
Un élu ayant financé une partie de l’expédition des 86 galets révèle à France 3 Côte d’Azur :
On était fiers de donner cet argent ! Il s’agissait d’une cause noble, en la mémoire des victimes.
La route vers l’Himalaya a donc bel et bien eu lieu. Seize marcheurs, menés par Noël Smara, gravissent 6153 mètres pour déposer 86 galets peints en bleu-blanc-rouge. Un exploit aussi sportif que symbolique, raconté dans un film.
Après cette expédition, Noël Smara a été nommé citoyen d’honneur par Georges-François Leclerc, alors préfet des Alpes-Maritimes et aujourd’hui chef de cabinet du président de la République.
Pourtant, ce serait justement à l’occasion de cette marche vers l’Himalaya que certains participants auraient subi l’emprise du leader de cette expédition, aujourd’hui âgé de 52 ans.
“Quand on a appris ça, c’est comme si on avait pris un coup de massue sur la tête.” confirme l’élu.
Le fondateur de l’association “Exploits sans frontière” Noël Smara nous présentait ici son expédition.
Des révélations choc
Presque dix années après la montée de l’Himalaya, le journal Nice-Matin révèle la mise en examen de Noël Smara.
“Un célèbre cadre associatif niçois et ancien ambulancier du Samu mis en examen pour viol et placé en détention provisoire” titre l’article signé Grégory Leclerc ce 10 février 2026.
On y apprend alors que dans ce dossier désormais judiciaire, deux victimes mineures ont rapporté des faits d’agression sexuelle survenus en 2025.
Plus tard, un autre témoignage surgira : celui de Philippe (le prénom a été changé pour assurer l’anonymat de la personne), l’un des membres de l’expédition des 86 galets en 2017.
“Il m’a dit on éteint la lumière, on fait ça et on dort, confie-t-il à Nice-Matin. Là il a commencé à me faire une fellation. Avec le recul je me suis dit que j’aurais dû réagir, mais mon corps s’est mis en stop. C’était à la veille du départ pour l’expédition.”
Ce dernier a écrit au procureur de la République de Nice. Parallèlement, les figures institutionnelles ayant côtoyé Noël Smara se questionnent.
“On en vient à se demander si cet argent a vraiment été utilisé pour ce projet en hommage aux victimes de l’attentat de Nice.” déclare l’élu.
D’autres partenaires de Noël Smara nous confient ressentir ce même sentiment d’avoir été “trahis” ou “salis”, tandis que certains de ses proches, contactés également par France 3 Côte d’Azur, refusent pour l’instant de communiquer.
Noël Smara est actuellement placé en détention provisoire.
Le 21 janvier 2026, il avait été déféré devant le juge d’instruction dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire.
Contacté par France 3 Côte d’Azur, le parquet de Nice nous confirme que ce dernier “a été mis en examen des chefs de viol sur mineur de plus de 15 ans par personne ayant autorité et agression sexuelle sur mineur de plus de 15 ans par personne ayant autorité”.
Les faits, nous précise toujours le parquet, ont été commis en avril et août 2025.
Selon nos confrères de Nice-Matin, Noël Smara aurait “reconnu une partie des faits” concernant ces deux mineurs.
L’avocat de Noël Smara, Me Franck Chouman n’a pas répondu aux sollicitations de France 3 Côte d’Azur.
Combien de victimes ?
“Il a niqué ma vie”, regrette l’une des victimes, contactée par France 3 Côte d’Azur.
Iman Bensola, aujourd’hui âgé de 43 ans, a longtemps vécu son traumatisme dans la solitude, mais les différents témoignages publiés dans la presse ont réveillé en lui la nécessité de s’exprimer.
“Je n’ai jamais osé en parler.”
Les faits se sont déroulés dans les années 1990. À l’époque, Noël Smara était un collègue de son frère, ce qui lui donne un premier accès privilégié à la cellule familiale.
“J’avais environ dix ou onze ans, se remémore-t-il. Il jouait souvent avec moi à la bagarre. Sauf que c’était un prétexte pour me toucher. Il trouvait toujours un moyen pour que je me retrouve seul avec lui.”
À l’époque, Noël Smara est plus qu’apprécié par la famille d’Iman.
“Il venait régulièrement à la maison, et il s’est rapidement fait apprécier de tout le monde. Il a offert un réfrigérateur et une machine à laver à ma mère.”
Petit à petit, l’emprise deviendra de plus en plus pesante.
“La veille de ma rentrée en classe de 5e au collège, il était venu dîner à la maison. Il a expliqué à ma mère qu’il vivait dans un petit studio avec plusieurs personnes et qu’il n’avait pas vraiment de place pour dormir. Ma mère lui a alors proposé de passer la nuit chez nous. Il a dormi dans mon lit. C’est cette nuit-là, pendant mon sommeil, qu’il a commencé à me toucher.”
Cette nuit-là, il affirme avoir été pris au piège.
“Je me suis retourné et je n’ai pas osé ouvrir les yeux. Je ne voulais pas y croire. Ca ne pouvait être qu’un cauchemar.” déclare Iman Bensola à France 3 Côte d’Azur
Iman décrit un mécanisme bien rodé, basé sur la confiance que Noël Smara a pu établir avec la cellule familiale.
“Il est allé de plus en plus loin ensuite… explique-t-il. J’avais 12 ou 13 ans, et il me faisait consommer de l’alcool et de la drogue, notamment de la cocaïne ou du shit. (…) Tellement de fois j’ai été sali. Il m’imposait des fellations avec ses dents qui faisaient mal.”
Il faudra attendre qu’Iman prenne de l’âge pour pouvoir enfin repousser les avances.
“Un jour quand j’avais 16 ans, je l’ai frappé, et à partir de ce moment-là, il ne m’a plus touché.” déclare Iman Bensola à France 3 Côte d’Azur
Une famille anéantie
Le frère d’Iman aurait lui aussi été victime d’agressions sexuelles. Il s’est suicidé.
“Après la mort de mon frère, j’ai voulu quitter Nice définitivement, explique Iman, qui reste profondément affecté. Je souffre encore d’une dépression chronique à cause de tout cela.”
Iman Bensola a porté plainte.
“Il est fatigué, mais très soulagé aussi que la vérité puisse être révélée” insiste son avocat, Maître David André Darmon.
“C’est toujours le même procédé qui est décrit. Tout cela s’est passé dans des situations d’extrême vulnérabilité.”
Parallèlement, la sœur d’Iman a elle aussi écrit à la Justice : cette dernière aurait elle aussi été victime d’attouchements de la part de Noël Smara.
“Elle n’a pas porté plainte, mais elle se tient à disposition du parquet”, confie son avocat, précisant qu’un courrier de trois pages a été transmis au procureur de la République.
Iman continue quant à lui d’affirmer qu’il mènera son combat jusqu’au bout, devant la Justice :
“Aujourd’hui, je me sens obligé de témoigner, pour toutes les victimes.”
La justice doit maintenant enquêter sur l’ampleur des faits et établir le nombre exact de victimes, vérifier la prescription des faits pour les plus anciens mais aussi examiner les circonstances de chaque agression.
Noël Smara bénéficie toujours de la présomption d’innocence.
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