Nice | Le pédocriminel Benjamin Tari condamné à quinze mois de prison
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 15/03/2026
- 18:36
L’affaire a éclaté grâce à la vigilance d’une mère de famille.
En fouillant dans le portable de son fils de 15 ans, elle découvre que celui-ci communique sur WhatsApp avec un certain « Benjamin ».
Les échanges révèlent que l’homme proposait des avantages dans le jeu vidéo Fortnite, notamment des « skins » (apparences de personnages), ou des virements PayPal en échange de photos de l’adolescent et de son petit frère de 8 ans.
L’adolescent a expliqué aux enquêteurs avoir rencontré son interlocuteur sur Telegram et avoir reçu environ 400 euros au total.
L’argent transitait parfois par le compte de son père, à qui il prétendait vendre des codes permettant de regarder des films. Interpellé le 20 janvier 2026,
Benjamin Tari, 45 ans et sans emploi, a reconnu les échanges à l’audience, tout en minimisant la gravité des faits.
« Je n’ai jamais demandé de photos de nus », a-t-il toutefois assuré, évoquant des images de garçons « en slip, montrant les aisselles ou tirant la langue ».
Et d’ajouter :
« Pour moi, elles n’étaient pas illégales parce qu’il n’y avait pas de nudité ni de scène sexuelle. »
Le président du tribunal, Christian Legay, s’est notamment interrogé sur le volume d’images évoqué lors de l’enquête.
« Lorsque j’ai lu le nombre de photos que vous disiez détenir, j’ai pensé à une faute de frappe. 500 000 photos, c’est énorme », a-t-il relevé.
Déjà inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS), Benjamin Tari, qui vit à Nice reclus dans son appartement et souffre de schizophrénie, a déjà été condamné à trois reprises entre 2008 et 2013 pour captation, diffusion et détention d’images pédocriminelles.
Le mis en cause indique qu’à l’époque des faits, il avait volontairement interrompu son traitement.
Sur question de son conseil, Me Corentin Delobel, il développe :
« Lorsque je le prends, je n’ai aucune sexualité, pas même de pulsion. Si je l’arrête, je me sens frustré de ne pas avoir ces photos. »
Des contenus qu’il marchande ou qu’il trouve sur les réseaux sociaux :
« Vous savez, concède-t-il, des photos comme celles que je cherche sont publiées à longueur de journée sur Instagram. »
Quinze mois de prison et un long suivi socio-judiciaire
La procureure de la République, Julie André, a estimé que les images demandées comportaient « des connotations très sexuelles », évoquant notamment plus de 120 photos de mineurs en slip.
Malgré l’altération du discernement retenue par l’expert psychiatre, elle a requis une peine d’au moins deux ans d’emprisonnement.
Son avocat, Me Corentin Delobel, a plaidé une responsabilité atténuée en raison de la pathologie psychiatrique de son client.
Selon lui, la détention risquerait d’aggraver son état et de l’exposer à des violences carcérales.
Il a également demandé au tribunal de tenir compte de « la nature moins explicite du contenu des photographies ».
Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement condamné Benjamin Tari à quinze mois de prison avec maintien en détention, assortis d’un suivi socio-judiciaire de dix ans.
En cas de non-respect de ce dernier, le prévenu encourt trois ans d’emprisonnement supplémentaires.
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