Jarny | Bébé tué, les parents renvoyés devant les assises

Le 22 novembre 2011, un bébé de 3 mois décédait au domicile familial, à Jarny. Les proches du nourrisson se désespéraient de voir la procédure traîner mais la juge d’instruction vient de rendre sa décision : les parents seront renvoyés devant la cour d’assises.

Peut-être n’étaient-ils pas prêts à avoir un enfant. Le couple venait de se former. Le bébé est arrivé très vite. Trop de responsabilités d’un coup. Et aussi certainement une immaturité chez ces deux êtres qui pensaient s’aimer mais qui ne se connaissaient pas assez. L’issue fut tragique : la mort d’un bout de chou de 3 mois.

Triste retour en arrière : le 22 novembre 2011, vers 19h, les pompiers reçoivent l’alerte de parents affolés résidant à Jarny. Leur fille ne respire plus. Les soldats du feu et le Samu ne pourront rien faire pour ramener Heather-Lee à la vie. Les investigations médico-légales démontrent que le nourrisson est décédé d’un coup porté au crâne. Suffisamment fort pour entraîner la mort. Les blouses blanches sont formelles : la blessure constatée ne peut être consécutive à une chute ou à une fragilité osseuse.

Le geste est volontaire et l’auteur du coup avait bien la volonté de tuer. Anthony-Lee Koucha et Virginie Parisot, 28 et 26 ans à l’époque, sont mis en examen pour homicide volontaire sur mineur de 15 an s et écroués dans la foulée. Un autre chef d’inculpation est retenu à leur encontre : violences habituelles sur mineur de 15 ans.

Et pour cause : ces mêmes expertises ont également mis en évidence des maltraitances et sévices à l’égard du bébé. Les médecins ont relevé des fractures datant de l’époque du décès mais aussi des traumatismes plus anciens. Lors de leurs auditions, tant devant les enquêteurs que face à la juge d’instruction, les mis en cause se sont renvoyé la balle. Les parents du père et ceux de la mère avaient bien remarqué des hématomes chez leur petite-fille mais se contentaient, selon nos informations, des explications apportées par le couple : la petite était tombée une fois avec son père sur le canapé ; une autre fois, elle avait reçu un coup de museau du chien ; un autre jour, c’était son vêtement qui la serrait trop ou alors, régulièrement, elle se mettait des coups en dormant… Des déclarations qui, en revanche, n’ont pas convaincu la juge, éclairée par les expertises médico-légales.

Une inconnue : l’heure du décès

Reste cette question essentielle qui n’a pas trouvé de réponse : les investigations n’ont jamais pu déterminer l’heure de la mort. Les médecins légistes estiment que le coup mortel porté à la tête est survenu peu de temps avant le décès. Or, toujours selon nos informations, les parents se sont retrouvés chacun seul avec l’enfant ce funeste 22 novembre 2011. En arrêt maladie, Anthony-Lee Koucha avait passé l’après-midi avec la petite victime. Virginie Parisot était rentrée en fin de journée de son travail, alors que son concubin s’était absenté.

Les emplois du temps de la mère et du père, respectivement remis en liberté sous contrôle judiciaire en mars 2012 et avril 2013, ainsi que leurs déclarations contradictoires, ont conduit la juge d’instruction à les renvoyer tous les deux devant une cour d’assises. Enfin pourrait-on écrire, tant la procédure a semblé, un moment, s’enliser. « Même si les faits se sont déroulés voilà plus de quatre ans, les investigations ont connu une durée classique pour un dossier criminel.

Il faut néanmoins préciser qu’il y a eu une nouvelle juge d’instruction entre-temps et que, face à l’absence d’aveux, l’instruction a peut-être été plus longue que prévu », commentent Mes Gérard et Thomas Kremser, les avocats de la mère. Mais les deux conseils briotins sont formels : leur cliente « n’est pas responsable » de la mort du petit être qu’elle a porté. Ils rappellent d’ailleurs que son concubin a aussi été mis en examen pour violences sur conjoint. « La maman est elle aussi victime dans cette triste affaire. Elle comparaîtra d’ailleurs également comme partie civile, aux côtés de sa famille », appuie Me Thomas Kremser.

La date du procès pas encore fixée

Forcément, Me Alexandra Vautrin, pour la défense du père, n’a pas la même lecture du dossier : « Mon client affirme la même chose depuis le début : il n’a pas commis ces violences sur leur bébé. » L’avocate espère que « la cour d’assises fera toute la lumière sur ce qui s’est passé ».

Mais l’épreuve pour les familles n’est pas terminée : plus de quatre ans après le crime, la date du procès… n’est pas encore fixée. Une source judiciaire estime : « Normalement, le calendrier 2016 des procès criminels a été établi. Sauf imprévu, cet infanticide ne devrait donc pas être jugé avant 2017. » Une éternité…

Source : republicain-lorrain.fr

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