Mantes-la-Jolie | Une ado victime d’agression sexuelle incestueuse
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 10/02/2026
- 17:21
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Une mère punit son conjoint incestueux en lui faisant copier 1 000 lignes…..
Il tremble comme une feuille, les yeux rougis. Silencieux, il attend son tour pour passer devant le tribunal de Versailles.
Dans la salle, seul son avocat lui adresse la parole. Juste derrière lui, sa conjointe et sa fille ne disent pas un mot.
Cet homme s’appelle Michael. Et en moins de 3 minutes, il a ruiné tout ce qu’il avait construit. Il a perdu sa femme, sa fille et peut-être même sa maison. Son fils lui tourne pratiquement le dos, réfugié dans une addiction totale aux jeux vidéo.
Ce mardi 3 février 2026 était une date importante. L’homme de 46 ans devait rendre des comptes à la justice. À sa fille surtout qui n’a pas voulu s’exprimer publiquement.
Cet instant devait terminer de lever le voile sur un secret de famille qui a duré plus de trois ans.
Elle libère sa parole à l’hôpital
Estelle* a déposé son fardeau en août 2025, à l’hôpital de Mantes-la-Jolie. L’adolescente de 15 ans est admise pour des douleurs.
Et l’équipe médicale s’inquiète rapidement de son extrême maigreur. Qui plus est, dès qu’une question lui est posée, c’est sa mère qui répond.
Écoutée par la psychologue, l’adolescente libère sa parole. Elle raconte avoir subi des attouchements de la part de son père. Les faits remontent au 27 mars 2022.
Et si elle n’en a pas parlé, c’est parce que sa mère a décidé que cela devait rester dans le huis clos familial, à Mantes-la-Ville.
« Ne dis rien à maman »
Le dimanche soir, il y a une habitude dans ce foyer. Tout le monde prend sa douche avant d’attaquer la semaine. Chacun y passe à son tour. Michael vient de terminer. Sa conjointe entre dans la salle de bains.
L’homme se dirige alors vers la chambre de sa fille.
Elle a 12 ans et son corps a déjà bien évolué. Il ferme la porte. Il lui demande de soulever son t-shirt. Puis il pose les mains sur sa poitrine. La scène dure 2 ou 3 minutes avant qu’il ne lui dise de rabaisser son haut.
Et surtout, de ne rien dire à sa mère. Le soir même il présente des excuses. Mais le mal est déjà fait.
Au collège, on ne la croit pas
Le lendemain, Estelle se confie à deux amies d’écoles. Elles ne la croient pas. Pire. Elles lui tournent le dos. L’adolescente se retrouve seule dans sa souffrance.
Le mercredi arrive. La jeune fille n’y tient plus. Elle raconte tout à sa mère. Et cette dernière va avoir une attitude pour le moins surprenante, peut-être conduite par le choc.
Elle se rend dans le salon. Michael est installé dans le canapé. Elle lui demande des comptes. Il avoue. Il se met à genoux pour implorer un pardon, assurant « qu’il n’y avait rien de sexuel. Juste de la curiosité. »
Estelle reçoit une clé pour la porte de sa chambre. Elle pourra s’y enfermer quand elle le voudra. Sa mère lui demande de rédiger une phrase :
« Papa ne doit pas me toucher. »
Et comme à un enfant, elle ordonne à son conjoint de faire des lignes… Il doit recopier les mots 1 000 fois. Il s’exécute. Le soir, il tentera de mettre fin à ses jours dans le garage.
Dès lors, une véritable chape de plomb sera posée sur cet événement. Personne ne doit savoir. La maman ne sait plus comment réagir. De plus, elle s’inquiète de perdre la maison si le couple venait à voler en éclats.
« Suicide alimentaire »
Pendant plus de trois ans, Estelle va littéralement perdre goût à la vie. Un expert parlera même de « suicide alimentaire. »
Elle répondra par ces mots.
« Je vis un mal-être monstrueux. Et je ne peux pas souffrir éternellement. »
Pendant ce temps, Michael va de crise en crise. La dépression a gangrené la famille.
Face au tribunal, ce n’est pas le plus vaillant des hommes qui se présente. Et il confirme ce qu’il a déjà dit :
« Je n’ai pas réfléchi. Je n’avais pas de pensées malsaines. Oui j’ai caressé ses seins, mais ce n’était pas à connotation sexuelle. »
La présidente s’en étonne.
« Expliquez-nous Monsieur. Vous fermez la porte, vous lui demandez de soulever son vêtement, puis de ne rien dire… Si ce n’est pas sexuel, si ce n’est pas interdit, c’est quoi ?
Vous n’avez pas fait ça dans le canapé avec votre femme et votre fils à côté. Cela fait trois ans que vous pouvez y réfléchir. Votre fille, en 3 ans, elle a eu le temps de devenir anorexique. »
Baissant la tête, le prévenu assure qu’il « n’avait pas conscience de ce qu’il faisait. Cela provient d’une blessure ancienne, une agression sexuelle que j’ai vécue chez mon grand-père et dont je ne me souvenais plus. J’ai eu une pulsion à ce moment-là. »
Ne lui laissant que peu de répit, la juge poursuit.
« C’était quand même réfléchi pour une pulsion. Vous attendez que Madame soit sous la douche. Et puis, vous fermez la porte. »
« Cela fait 3 ans que je suis dans le remords », assure le quadragénaire.
« Qui est responsable ? »
Le tribunal profite de cet instant pour revenir sur l’expertise de la jeune fille. Ce suicide alimentaire. Mais aussi ces cauchemars. Trois fois par nuit, elle imagine que son père la kidnappe ou viole un bébé. Ou que la maison s’écroule avec son frère qui se bat avec sa mère.
Michael s’effondre en larmes en répétant :
« Je n’ai pris aucun plaisir. Aucun plaisir… »
Dernière question du tribunal :
« Monsieur. Dites-nous, haut et fort, qui est responsable de la destruction de toute la famille ? »
Michael répond :
« C’est moi. »
Un ange n’a pas le temps de passer que la procureure de la République prend son tour de parole.
« Monsieur ! Toucher la poitrine d’une jeune femme (ndlr : elle avait 12 ans !!!!! “jeune femme” ….) est un geste sexuel. Rien d’autre ! Et cette malheureuse a été contrainte au secret pendant 3 ans ! Ce qui s’est passé, ce qui a été décidé, tout cela a des conséquences destructrices pour Estelle. »
« Vous n’avez plus aucun droit sur elle »
Deux ans de prison avec un sursis probatoire pendant trois ans. C’est le premier coup de canon. La suite est une interdiction de contact avec l’adolescente.
« Nous avons aussi décidé de vous retirer totalement l’autorité parentale. Cela veut dire que vous n’avez plus aucun droit sur elle jusqu’à sa majorité. Elle décidera ensuite de ce qu’elle veut faire. »
Michael acquiesce de la tête, sonné comme un boxeur qui vient d’encaisser une série d’uppercuts.
« Je veux dire à ma fille que je suis désolé », parvient-il à murmurer.
* Le prénom a été modifié.
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