Havre | Tentative d’enlèvement d’une écolière : un homme jugé neuf ans après les faits

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Deux autres élèves ont été approchées par le même homme et ont subi des agressions sexuelles
Illustration | Palais de Justice de Caen (Calvados)
Le prévenu, 52 ans, qui assure avoir mis son passé pédocriminel derrière lui et avoir changé, a été jugé devant le tribunal de Caen (Calvados), mercredi 18 mars 2026.

Le 22 mai 2017, au Havre, une enfant de 9 ans et demi se rend à l’école le matin, quand une camionnette blanche s’arrête à sa hauteur et qu’un homme lui demande où se trouve l’école. Elle lui répond mais il fait semblant de ne pas comprendre et veut qu’elle monte avec lui. Elle le sent insistant et elle prend la fuite.

Le soir, après avoir entendu le récit de l’écolière, sa mère dépose une main courante.

Sept jours plus tard, le quartier est choqué en apprenant que deux autres élèves de l’école du même âge ont été approchées par le même homme et ont subi des agressions sexuelles.

« On ne me reverra plus devant un tribunal »

Il a été condamné à sept ans de prison en audience correctionnelle, peine confirmée en appel à Rouen.

Il n’en était pas à son premier passage à l’acte puisqu’il avait été condamné en 1997, puis en 2005, pour des viols sur mineurs et avait aussi des mentions pour exhibition sexuelle.

Cependant, ce n’est que ce mercredi 18 mars 2026 qu’il a été jugé pour la tentative d’enlèvement du 22 mai 2017 par le tribunal correctionnel de Caen. 

Âgé de 52 ans, il assure être devenu un homme nouveau.

“J’ai travaillé avec les psychiatres, on ne me reverra plus devant un tribunal. Je n’ai plus aucune attirance pour les enfants”.

La victime, aujourd’hui majeure, est également présente avec ses parents et explique que les faits ont eu un fort impact sur elle.

“J’ai eu un suivi psychologique pendant deux ans, et maintenant j’ai peur des hommes, et je suis très énervée contre ce genre de personne”.

Pour la partie civile, Me Foucault souligne le souhait de la famille qu’il y ait une sanction. Ils attendent ce jugement depuis des années. Il a agi avec un mode opératoire de prédation.

Pour le ministère public:

“il sait qu’il risque la prison, car il est sous suivi sociojudiciaire, mais le noyau immature, pervers et pédophile reste actif”.

Il requiert deux ans de prison dont six mois avec sursis avec mandat de dépôt.

Pour la défense, Me Grandserre plaide qu’il reconnaît les faits.

“Il a changé. Il avait mis un point d’honneur à ne plus jamais revenir devant un tribunal et le voilà, aujourd’hui encore, tenu de prouver qu’il n’est plus attiré par les mineurs. Il a conscience de la gravité des faits. Un mandat de dépôt anéantirait tout le travail qu’il a accompli”.

Le tribunal le condamne à deux ans de prison ferme, peine confondue avec celle prononcée par la cour d’appel de Rouen du 24 janvier 2018. 

Il a interdiction de contact avec la victime pour trois ans et l’interdiction définitive de toute activité en contact avec des mineurs.

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