Havre | Mineures prostituées par un père de famille

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« Je suis honnête et je montre l’exemple à mes enfants »
Ce criminel aguerri et père de cinq enfants connu sous le surnom de “Yakov”, petite quarantaine et casier judiciaire très lourd, nie être le maquereau menaçant dépeint par l’enquête sur une affaire de mineures prostituées dont la plus jeune a 12 ans. Il reste en détention provisoire.

“Ca fait un an que je suis incarcéré alors que je suis innocent. Avant d’être interpellé, j’ai fait un arrêt cardiaque, je ne savais même pas ce que l’on me reprochait. J’ai tout fait pour m’en sortir et montrer à mes enfants que je suis honnête”

, affirme ce détenu.

Mercredi 1er octobre 2025, ce père de cinq enfants espère sortir de détention.

« J’ai rien à voir avec ces mineures-là. Quand j’ai discuté avec elles, je leur ai conseillé de travailler et je les ai emmenées sur des centres de formation »

, assure celui connu sous le surnom de « Yakov ».

Comme dans la grande majorité de ces dossiers, le mis en examen (pour récidive de proxénétisme aggravé) se présente comme un chevalier blanc de jeunes filles vulnérables.

Placées dans des foyers, fugueuses, brisées, elles sont les proies faciles de maquereaux qui tirent de leurs charmes (du moins de leur féminité) de substantiels revenus.

Ses douze condamnations (dont dix ans pour une tentative de meurtre et des violences sur mineurs) dans sa besace, voilà ce jeune quadragénaire mal embarqué pour recouvrer la liberté.

Cependant, son avocat, déterminé, démonte d’emblée le dossier :

«Aucune trace d’autres mineures approchées, aucune trace d’adresses et de réservations Airbnb, zéro client identifié! Des contradictions dans les déclarations de la plaignante qui ne reconnaît même pas mon client sur planche photographique… »

, pointe Me Roman Gacem.

Les 6 000 euros retrouvés dans les poches de la soeur de l’accusé qui sortait de chez lui ?

« Leur origine est justifiée », argue le conseil qui ne manque pas d’arguments.

La victime, 14 ans à l’époque des faits (mai-septembre 2024), était cornaquée par une autre mineure du foyer âgée de 17 ans.

Il est aussi question dans ce réseau d’exploitation sexuelle de mineures d’une ado de 12 ans ; de menaces, chantages, harcèlements et contraintes ; de la sagacité d’une éducatrice de la protection judiciaire de la jeunesse.

Cocaïne et cannabis étaient fournis. Pas les préservatifs.

La plaignante (six clients par jour minimum et nombre de douleurs) s’était réfugiée au commissariat.

Depuis, elle est revenue sur ses accusations. « Quelqu’un » lui a demandé de rétropédaler. Elle dit vouloir passer à autre chose. Que « Yakov », soupçonné de viols, sorte de détention. 

« Où sont les indices graves et concordants ? Un an après le début de l’enquête, il n’y a rien de plus », poursuit Me Roman Gacem. 

L’avocat général François Coudert y va de ses aiguilles à tricoter pour resserrer les mailles de l’accusation.

« Trois condamnations aux assises ! Il était en sursis probatoire quand il a commis les faits. Ce monsieur à l’habitude crasse de ne pas se présenter à ses convocations judiciaires. Rien n’incite à lui accorder notre confiance»

, résume le magistrat.

Le pompon ?

«On a retrouvé dans sa cellule deux téléphones et des cartes SIM. »

Le ministère public est entendu par la cour jeudi 2 octobre 2025 : pas de remise en liberté pour celui qui aurait été vu rôder devant le foyer havrais avant sa détention.

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