Gravelines | Elle veut éloigner ce père «pédophile» de ses enfants

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Photo - Nord-Littoral
Séparée de David, condamné pour agression sexuelle, Anne-Sophie ne supporte pas de savoir leurs deux fils chez lui une partie du temps. Elle arrive à l’audience du 21 avril avec des rapports psychologiques pour démontrer le côté néfaste du Gravelinois.
  • Janvier 2014 Anne-Sophie dépose plainte au commissariat. L’une des filles de son compagnon vient de lui annoncer qu’elle a été abusée par ce dernier. La plus grande se confie également dans la foulée.
  • Juillet 2014 Fin de la détention provisoire de David.
  • Novembre 2017 Le Gravelinois est condamné à quatre ans de prison ferme par le tribunal de Dunkerque et incarcéré une semaine plus tard (il était absent lors de l’audience).
  • Mars 2018 En faisant appel de sa condamnation, l’homme, qui a reconnu des faits d’agression sexuelle, est à nouveau présumé innocent, et donc relâché.
  • Juin 2018 Devant la cour d’appel de Douai, la peine de David est ramenée à deux ans. Une peine aménageable, il n’ira plus en prison.
  • Novembre 2019 Le juge aux affaires familiales accorde au Gravelinois un droit classique pour leurs deux garçons : un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires.
  • 21 avril 2021 L’ancien couple a rendez-vous devant la cour d’appel de Douai, saisie par Anne-Sophie, qui demande le retrait de l’autorité parentale.

Elle a écrit à différents ministres, à Brigitte Macron, a alerté Le Phare dunkerquois en décembre, mais Anne-Sophie sait que tout va se jouer le 21 avril.

« Cette audience est pour revoir les droits de Monsieur.

J’ai demandé le retrait de l’autorité parentale, une enquête sociale et une expertise psychiatrique », liste celle qui vit désormais à Saint-Omer.

Quand, en novembre 2019, David a obtenu de la justice la garde de Malik*, 9 ans, et d’Ahmed*, 7 ans, pour un week-end sur deux et la moitié des vacances, Anne-Sophie ne l’a pas supporté.

« Je ne les donnais pas.

Je voulais les préparer avec un psy. »

Mais elle n’a pas pu rester hors-la-loi bien longtemps et, en février 2020, David a fait valoir ses droits en venant récupérer ses enfants à l’école en compagnie de la police.

« Ils étaient en pleurs dans la cour, c’était affreux, revit la maman de 32 ans.

J’ai pu leur faire un bisou seulement parce que la directrice s’est interposée. »

Pipis au lit et résultats scolaires en chute libre

Depuis 14 mois, elle assure que les deux garçons ne sont plus les mêmes.

« À chaque retour chez moi, Ahmed se mure dans le silence, fait pipi au lit et ne mange pas, décrit-elle.

Psychologiquement, ils sont retournés. »

Et pour elle, la cause est à aller chercher du côté de Gravelines.

« Malik a tout raconté au psy : son père lui dit qu’il ne doit pas aimer maman, qu’il ne doit pas être heureux avec maman… »

Autre retour qui interpelle Anne-Sophie : une conversion à l’Islam à marche forcée.

« Ils doivent apprendre des prières en arabe et les prononcer avant d’aller aux toilettes, à table, en se couchant…

Je ne suis pas opposée à la religion, mais, là, c’est imposé de manière extrême, estime la jeune femme.

Il leur bourre le crâne et leur crie dessus quand ils se trompent. »

Cette instabilité entre père et mère se ressent au niveau des résultats scolaires des deux enfants.

« Ça ne va pas du tout alors que ça se passait très bien, résume Anne-Sophie.

Le rapport psychiatrique parle d’une insécurité affective. »

C’est avec ce rapport, mais aussi en rappelant que David n’a pas fait le suivi qui lui était demandé et n’a jamais ramené les prises de sang demandées, que l’Audomaroise veut faire face aux juges.

« Il a quand même dit : «Je me drogue encore, mais pas quand les enfants sont là.»

C’est sur le rapport et, dans le même jugement, on lui donne la garde et ça ne choque personne ? »

Le père soutient une autre version

« Elle sera déboutée Madame, comme d’habitude… »

À peine le téléphone décroché, David laisse échapper une voix empreinte d’assurance et de lassitude.

C’est peu dire que le Gravelinois ne goûte guère le remue-ménage de son ex-compagne autour de la garde de leurs deux fils.

Surtout que lui raconte une réalité diamétralement opposée à celle d’Anne-Sophie.

À commencer par sa dépendance à l’héroïne.

Oui, il a consommé de l’héroïne, reconnaît-il, mais tout ça, c’est terminé.

« Je ne me drogue plus depuis juillet 2018.

Je m’en suis sorti grâce à un traitement que j’ai pu arrêter ensuite.

Aujourd’hui, je travaille, souligne-t-il.

Vous pensez qu’un patron voudrait d’un gars qui prend de l’héroïne ? »

Pas de prosélytisme non plus.

« Je suis musulman, pas pratiquant.

Mes deux garçons sont dans une école privée et ça ne me pose pas de souci, assure-t-il.

Je ne leur demande pas des prières, c’est juste un mot.

La seule, c’est avant de dormir ; je leur ai proposé.

Ils la font en arabe et demandent même que tout se passe bien pour leur maman et leur sœur. »

Et quand il est accusé de faire peur au plus jeune, David la joue grand clown.

« Je lui en ai parlé et il m’a répondu que c’était quand je faisais des têtes bizarres. En fait, ce sont des grimaces. »

Mais d’où viendraient, alors, les autres accusations de ses fils ?

« L’aîné me l’a dit : «Maman a imprimé des papiers à lire au psychologue»  », rapporte David.

*Pour préserver leur anonymat, le prénom des deux enfants a été modifié.

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