Etretat | L’ex-maire mis en examen pour agression sexuelle sur mineurs

Professeur des écoles, Franck Cottard, maire d’Étretat de 2008 à 2016, a été mis en examen pour « agression sexuelle sur mineur de 15 ans » par un juge d’instruction du Havre. Il a également été placé sous contrôle judiciaire, qui lui interdit notamment d’exercer son métier.

Franck Cottard. photo archives Paris-Normandie

À quelques jours de la fin de l’année scolaire, Franck Cottard, âgé de 53 ans, professeur des écoles à l’école primaire Guillard à Criquetot-l’Esneval, a déjà quitté l’établissement. Contraint et forcé d’abandonner ses élèves sur décision de justice.

L’enseignant, placé sous contrôle judiciaire, n’a plus le droit de mettre un pied dans l’établissement et d’entrer en contact avec un jeune public : lundi 18 juin, celui qui a été maire d’Étretat de 2008 à 2016 a été mis en examen par un juge d’instruction.

Une information judiciaire pour « agression sexuelle sur mineur de 15 ans » a été ouverte par le parquet du Havre.

Concrètement, selon nos informations, le quinquagénaire est accusé d’avoir abusé de deux enfants, dont une fillette, dans le cadre de ses fonctions éducatives.

C’est l’une des victimes présumées qui aurait signalé les agissements supposés à ses parents.

« À la suite d’un dépôt de plainte dénonçant des attouchements, une enquête préliminaire a été ouverte.

Il s’agit de faits récents », précise le procureur de la République du Havre, François Gosselin.

Rien n’a filtré des auditions de Franck Cottard menées par les gendarmes pendant sa garde à vue et par le magistrat-instructeur.

Contacté par téléphone et par SMS ce vendredi matin, Franck Cottard n’a pas donné suite à nos sollicitations.

L’information judiciaire devra permettre d’établir la véracité – ou pas – des accusations portées et, le cas échéant, déterminer si d’autres enfants auraient pu être victimes de l’instituteur expérimenté.

À Étretat, la rumeur de la mise en examen de l’ancien édile – désormais conseiller municipal – s’est répandue comme une traînée de poudre cette semaine.

« Ici, on se méfie des rumeurs, il y en a tellement eu par le passé…, confie Catherine Millet, la maire de la station balnéaire, faisant ainsi référence au climat nauséabond qui a conduit à la démission de quatre adjoints de Franck Cottard et à des élections municipales anticipées en 2016.

Mais là, en effet, la rumeur s’est confirmée.

Je n’ai pas de commentaires à faire à ce sujet, une instruction judiciaire est en cours.

Je peux simplement dire que je suis tombée de très haut quand j’ai appris cela. »

Dans la commune, Catherine Millet n’est visiblement pas la seule à être « tombée de très haut ».

« Il y avait des rumeurs qui circulaient depuis trois ou quatre jours à ce propos, atteste un client attablé au comptoir du bar-tabac Le Maupassant.

Mais bon, on n’y croyait pas vraiment.

Vous savez les rumeurs ici… »

Dans un autre bistrot du centre-ville, la conversation tourne autour du même sujet.

« Nous sommes étonnés de l’apprendre, nous n’aurions jamais imaginé qu’il puisse être suspecté de tels agissements. »

Dans la petite commune de Criquetot-l’Esneval, le secret est bien gardé, la consigne c’est motus et bouche cousue.

« On n’a rien à dire à la presse, lance un parent d’élève à la sortie de l’école Guillard.

En interne, on nous a rassurés et assurés que désormais nos enfants étaient en sécurité. Point. »

Même réaction de la part de la direction de l’établissement — qui applique les directives de l’Inspection académique — : pas de commentaires sur l’affaire en cours.

Contacté, le Rectorat de Rouen confirme dans un mail laconique que l’enseignant a été « suspendu de ses fonctions en raison de la procédure en cours et sans en préjuger de l’issue ».

Mais l’administration se refuse à toute autre communication et ne précise pas le déroulé de carrière du suspect.

S’il est reconnu coupable, il encourt jusqu’à cinq années d’emprisonnement.

Source : Paris-Normandie

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