Brest | L’élu Charles Kermarec en détention pour viols et agressions sexuelles sur mineurs
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
non
- 22/01/2026
- 04:00
Catégories :
Mots clés :
Actualisation du 21 Janvier 2026:
Du 14 au 16 janvier 2026, la cour criminelle du Finistère, à Quimper, a jugé Charles Kermarec, 70 ans, ancien conseiller municipal de Brest (depuis 2014 sous l’étiquette Brest Nouvelle Citoyenneté) et vice-président de Brest Métropole.
Accusé de viols et d’agressions sexuelles incestueux sur trois de ses neveux (dont deux mineurs au moment des faits principaux, et un filleul), il a été reconnu coupable et condamné à 13 ans de réclusion criminelle.
La peine s’accompagne de cinq ans de suivi socio-judiciaire (prolongeables de trois ans en cas de non-respect), d’une injonction de soins, d’une interdiction définitive d’exercer une activité en contact avec des mineurs, d’une interdiction d’entrer en contact avec les victimes ou de paraître à leurs domiciles/lieux de travail et à Brest, d’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et violentes, et de dix ans d’inéligibilité.
Les faits, commis entre 2005 et 2015, ont été révélés en 2023 à la suite d’une altercation publique dans un bar-tabac brestois (Le Voltaire, avril 2023), où deux neveux ont confronté leur oncle en public, proférant des accusations de viols et d’agressions sexuelles devant témoins.
Le maire de Brest, François Cuillandre, informé, a signalé les faits au procureur le 23 mai 2023, entraînant la démission de Kermarec le 26 mai et sa mise en examen puis sa détention provisoire depuis juin 2023 (une trentaine de mois).
Il encourait 20 ans de réclusion criminelle.
Le mode opératoire : emprise, alcool, cadeaux et abus sous emprise
Charles Kermarec, veuf depuis le décès de son épouse Arlette en mars 2007, ancien employé de France Télécom (retraité des PTT), père de deux filles et grand-père, profitait de son statut social et financier (retraite + indemnités d’élu, environ 6 000 €/mois) pour créer une emprise sur de jeunes garçons, souvent via des soirées alcoolisées (mojitos à flots lors des « Jeudis du port » ou d’autres événements), des invitations à des matchs (il était délégué aux équipements sportifs et au nautisme), des cadeaux (téléphones, abonnement, matériel de DJ, permis de conduire, voyages à Cannes, Saint-Tropez, Corse, Maroc) et un chantage affectif/sexuel.
Les agressions se produisaient principalement au domicile de l’accusé à Brest, souvent après des black-out alcooliques, dans le sommeil ou en état de semi-conscience. Les lieux variaient : parcs et sous-bois de Brest (lors de sorties VTT), vacances, colo en Vendée.
L’accusé minimisait souvent les faits en invoquant l’alcool (« l’alcool me déraisonne ») et des « pulsions », tout en reconnaissant partiellement les actes sans en mesurer la gravité (il limite le viol à une pénétration pénienne, par exemple).
Les victimes : un neveu violé pendant cinq ans, un filleul agressé à 14 ans, un troisième touché à 18 ans
Guillaume (prénom d’emprunt, 34 ans aujourd’hui, père d’un enfant de 18 mois) a subi des viols et agressions sexuelles pendant cinq ans (à partir de 14 ans, vers 2005). Orphelin de figure paternelle stable (parents séparés dans un contexte violent et alcoolique), il a repris contact avec son oncle et sa tante comme substitut paternel. L’emprise a été totale :
« J’étais son truc, son objet. Sous cloche. Lobotomisé. »
Alcoolisation massive dès 14-15 ans (alcoolique à 15 ans, bourré à l’école et à l’auto-école), nuits chez l’oncle (d’abord chambre d’amis, puis lit de l’oncle après 2007), impossibilité de relations amoureuses ou amicales normales.
Il a décrit des viols avec doigts et objets, des centaines d’actes.
Il a protégé d’autres victimes en silence, attendant la mort de l’oncle pour parler.
Entré dans la Marine nationale pour s’échapper, il est aujourd’hui agent immobilier indépendant, sous traitement anti-alcool, soutenu par son ex-compagne.
Il a dit :
« Il m’a brisé. Mais je suis heureux de ne pas m’être suicidé. »
Son filleul (27 ans aujourd’hui, artisan, en couple depuis 11 ans) a subi une agression sexuelle unique la nuit de ses 14 ans (vers 2012-2013) : après une soirée arrosée où Guillaume mixait, il dort chez l’oncle ; réveillé par des attouchements, il gifle l’accusé et fuit.
L’oncle s’excuse (« j’ai déconné », prétend voir un psy et prendre des cachets).
Des messages troublants suivent (« T’es canon », « Je t’aime à un point… », « Ça te fait un beau petit cul » après un pantalon offert valant 400 €, photomontage sexuel).
Le troisième neveu (29 ans aujourd’hui) a été agressé le 31 janvier 2015 (majeur, 18 ans) après une soirée alcoolisée : touché dans le lit de l’oncle, suivi de messages salaces (photomontage avec sexe masculin sur photo de dos en caleçon).
Il l’a qualifié de « prédateur » dont ils étaient « les proies ».
La personnalité de l’accusé : tactile, grossier, sans barrières
Témoins et experts décrivent un homme tactile, obsédé par le physique et le sexe, aux « blagues salaces » dont il rit seul, sans freins moraux, surtout avec les jeunes hommes (jeux potaches, propositions).
Après 2007 (décès de sa femme), il change : sorties excessives, mensonges, flamboyance.
Selon l’expert psychologue (Pr Loïck Villerbu) : il est hyperactif, difficultés de concentration, victimisation permanente, mode « intimidation et séduction », toujours au centre.
Selon l’experte psychiatre (Yasmina Dejean) : sa personnalité est pathologique.
Selon l’experte psychologue (Margaux Chapel) : la transgression intrafamiliale aggrave les séquelles (double trahison de la confiance).
Ses deux filles (38 et 42 ans) témoignent d’un « avant/après » 2007 : enfance heureuse puis père méconnaissable, perte des valeurs (honnêteté, bienveillance).
Elles ne le voient plus, effondrées depuis la révélation par les médias.
Le procès : détachement de l’accusé, emprise et trahison familiale au cœur
Ouverture (14 janvier) Kermarec se pose en victime de la « presse calomnieuse », insiste sur son statut d’élu (« acharnement sur un vice-président »).
Selon une policière : « Extrêmement détaché » en garde à vue (juin 2023).
Guillaume en larmes à la barre.
Jour 2 (15 janvier) Témoignages du filleul et du troisième neveu ; expertes sur l’aggravation incestueuse (« fracture du monde familial »).
Kermarec admet une attirance sexuelle par les neveux, mais minimise.
Jour 3 (16 janvier) : Plaidoiries L’avocate générale Elsa Guyonvarc’h requiert 15 ans : « Prix de la dette », pas de faille expliquant les actes, trahison double (familiale + confiance).
L’avocate des parties civiles Me Elma Kraisnik décrit une emprise sur Guillaume comme « jouet sexuel », «la pire des perversions familiales », et des victimes devenues « presque des frères ».
La défense (Me Bertrand Labat) reconnaît la « déviance sexuelle évidente », abjecte, mais plaide la clémence (homme esseulé, au fond du gouffre, tentative de suicide ratée, abandon des filles).
Kermarec, lui, exprime des regrets :
« Je m’en veux »
Mais se dit heureux de ne pas s’être suicidé.
Il n’en a pas eu le courage dit-il à la barre.
Verdict La cour prononce 13 ans (moins que les 15 requis).
Les victimes et proches dédramatisent dans la salle des pas perdus par des blagues et rires, signe de résilience et de solidarité retrouvée.
L’avocate générale et Me Kraisnik insistent : pas de culpabilité pour les victimes, c’est à l’accusé de la porter.
L’image finale : une famille brisée mais soudée face à la trahison incestueuse.
Ce procès a mis en lumière la perception d’impunité d’un élu se sentant « intouchable », l’emprise alcoolo-sexuelle sur des adolescents vulnérables, et les ravages profonds de l’inceste sur une famille entière.
Les victimes espèrent tourner la page et ne plus jamais revoir leur oncle.
Sources Actualisation : Ouest France: 1 – 2- 3 – 4 – 5 – 6 et Telegram : Protection de l’Enfance
Article du 12 Juin 2023:
Charles Kermarec a été placé en détention ce jeudi 8 juin 2023 pour viols incestueux et agressions sexuelles incestueuses sur mineurs de 15 ans par un majeur ayant autorité.
Conseiller municipal à la ville de Brest et vice-président à Brest Métropole, Charles Kermarec, 67 ans, avait démissionné de ses mandats le vendredi 26 mai 2023.
L’annonce avait été faite par la municipalité de Brest qui évoquait dans un communiqué :
« Une présomption de faits graves mettant en cause Charles Kermarec »
Ces faits issus « de témoignages concordants » avaient été rapportés au maire François Cuillandre qui a aussitôt fait un signalement sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale.
Viols incestueux sur mineurs
Depuis cette date, le procureur de la République de Brest, Camille Miansioni, ne s’était pas exprimé sur cette affaire.
Il vient de le faire ce jeudi 8 juin, à 20 h.
Dans un communiqué, il annonce qu’une information judiciaire a été ouverte à l’encontre de Charles Kermarec :
« Des chefs de viols incestueux sur mineur de 15 ans par un majeur ayant autorité sur la victime et d’agressions sexuelles incestueuses sur mineur de 15 ans par un majeur ayant autorité sur la victime. »
Il précise que :
« Les faits reprochés ont été commis à des périodes différentes à Brest (29), à Saint-Michel-Chef-Chef (44), en Corse (20), à Saint-Tropez (83), à Cannes (06), et à Agadir (Maroc), entre 2005 et 2015.
Parmi les trois victimes identifiées, une seule est concernée pour les faits de viol »
En garde à vue depuis mercredi matin
Le procureur poursuit :
« Charles Kermarec a été présenté devant le juge d’instruction ce jeudi après-midi à l’issue de sa garde à vue prise depuis la veille à 10 h 30.
Il a été mis en examen pour les faits visés au réquisitoire introductif.
Suivant les réquisitions du ministère public, il a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention.
L’enquête a été ouverte à la suite d’un signalement transmis par le maire de Brest sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale.
Le parquet ne communiquera pas d’autres éléments sur cette affaire désormais couverte par le secret de l’instruction »
conclut le procureur de la République de Brest.
Source(s):
Les articles en liens
États-Unis | Un pédophile en série arrêté, 51 victimes
Belgique – Malines | 17 ans de prison pour avoir violé et prostitué son fils de 11 ans
Lisieux | Cinq ans d’emprisonnement dont trois avec sursis pour le fermier qui a violé sa fille pendant 47 ans




