Bort-les-Orgues | Un septuagénaire jugé devant la cour criminelle
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 01/04/2026
- 21:47
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Tout se passait en plein centre bourg de Bort-les-Orgues, petite commune de moins de 2 500 habitants en Corrèze. Derrière la façade brune d’une ancienne entreprise de plomberie dont les fenêtres donnent sur la place de l’Hôtel de Ville, Roger Surin avait fondé un centre ésotérique appelé “l’École de la Connaissance”.
À l’intérieur, celui qui se revendiquait “gourou”, “sorcier” ou “chamane” prétendait apprendre aux adeptes à s’élever spirituellement à travers des formations payantes.
“Dressage sexuel” pour “tuer son ego”
L’homme originaire de Belgique, aujourd’hui âgé de 77 ans, sera jugé devant la cour criminelle de Corrèze à partir de ce lundi 23 mars jusqu’au vendredi 27. Il est accusé d’avoir imposé des pratiques dégradantes à ses adeptes, exigeant une totale disponibilité sexuelle sous prétexte de libération spirituelle.
Selon le parquet de Tulle à l’époque,
“dans le vocabulaire du groupe, pour pouvoir accéder à une élévation spirituelle, il faut tuer son ego et cela commence par un dressage sexuel”.
Le concernant, les chefs d’accusation sont au nombre de six, parmi lesquels le viol commis sur un mineur de 15 ans, la corruption de mineur de 15 ans ou encore le viol et l’agression sexuelle commis en réunion.
Deux femmes, qui faisaient partie de son entourage familial, seront à ses côtés sur le banc des accusés. Toutes les deux sont poursuivies pour “agression sexuelle commise en réunion”, ainsi que “complicité de viol commis sur un mineur de 15 ans” pour l’une, et “non dénonciation de crime”, “corruption de mineur de 15 ans” et “viol commis en réunion” pour l’autre. La première était la compagne de l’un des fils de Roger Surin.
La deuxième co-accusée est une femme d’une quarantaine d’années dont la fille affirme avoir été violée par le septuagénaire en 2017 et 2018 sous couvert “d’initiation à la sexualité”, alors qu’elle était âgée de 14 à 15 ans et qu’elle vivait chez lui.
“[La mère] fait partie des gens qui sont tombés sous la coupe de cet homme-là et dans l’enfer de cette emprise sectaire, considère Maître Karine Bourdié, l’avocate de la mise en cause. Elle expliquera ce qu’elle a vécu et ce qu’elle a été conduite à faire à cause d’un lavage de cerveau qui est une mécanique bien connue et dont elle a mis du temps à sortir.”
La favorite de Roger Surin changeait à tour de rôle, en fonction de son envie du moment, de ses ambitions. Pour une année passée dans un environnement sectaire, il en faut trois pour en sortir.
Cette dernière avait rencontré Roger Surin en s’intéressant à des pratiques de développement personnel.
“Une quête spirituelle qui n’était pas plus farfelue qu’autre chose. C’était quelqu’un qui, à un moment donné dans sa vie, a réfléchi au sens de celle-ci. On peut tomber sur des gens très bien dans cet univers et puis il y en a d’autres plus opportunistes”, continue Maître Bourdié.
Le “chamane” et cette femme auraient entretenu une “relation” entre 2017 et 2019… “Comme avec toutes les femmes qui sont passées son domicile”, nuance l’avocate, dont la cliente avait “tout quitté” pour rejoindre “l’École de la connaissance“.
“Emprise sur les autres”
La plainte de la jeune femme, déposée en avril 2021, a finalement conduit à l’interpellation du “druide” le 12 octobre de la même année. Sur les quatre victimes présumées identifiées au terme de quatre ans d’instruction par le pôle criminel de Limoges, deux seront parties civiles à l’audience devant la cour criminelle.
“Nous attendons que Roger Surin assume tout ce qu’il a fait, cette emprise qu’il avait sur les autres, et qu’il puisse effectivement reconnaître le rôle énorme qu’il a joué dans cette affaire”,
explique Maître Christine Marche, qui demandera la tenue du procès à huis clos pour préserver sa cliente, mineure au moment des faits.
Roger Surin avait une emprise énorme sur tout le monde, c’est un manipulateur. Ma cliente est très inquiète par rapport à la personnalité de Surin.
En octobre 2021, l’interpellation de quatre autres individus avait créé la stupéfaction dans les rues de Bort-les-Orgues. Trois jours après l’intervention des forces de l’ordre, certains nous avaient confié être
“choqués par ce qui se passe dans notre quartier”. “Nous sommes dans une petite ville tranquille, on ne pensait pas à ça… On se dit que ce n’est pas possible que cela arrive ici et en fin de compte, c’est là qu’ils sont le plus tranquilles“, avait réagit un couple.
“Je ne pense pas qu’il y ait encore de la vie dedans. On n’en entend plus parler aujourd’hui”,
“Je venais d’être élu lorsqu’elle a éclaté, eux étaient là depuis plusieurs années. Lui faisait sa petite vil tranquille, vivait comme tout un chacun, venait à la boulangerie… Cela a été un effarement d’apprendre ce qu’il se passait”, se remémore l’élu.Encore aujourd’hui, nous avons du mal à imaginer qu’il a pu se passer tout ça ici. Les pires horreurs peuvent être possibles à côté de sa porte.
Cette “école” avait fait l’objet de sept signalements à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).
“Tout cela s’est fait dans le cadre d’une secte, puisque le présumé auteur avait la mainmise sur tout un tas de personnes et il s’adressait, bien sûr, à des personnes vulnérables. C’est lui qui avait le savoir et pas les autres.
C’est un concept un peu particulier, donc c’est pour ça qu’il me tarde de l’entendre parce que lire une déposition est une chose, mais entendre la personne en est une autre”,
indique Maître Christine Marche.
Sollicité, l’avocat du principal accusé n’a pas souhaité s’exprimer dans la presse avant l’ouverture du procès. Pour les faits qui lui sont reprochés, Roger Surin encourt 20 ans de réclusion.
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