Blagnac | L’administrateur d’une plate-forme pédocriminelle du Darknet écroué
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 17/03/2026
- 18:52
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Les enquêteurs ont saisi 800 gigas de contenus illicites sur ses différents supports informatiques.
« Je me rends compte que j’ai un problème et je suis prêt à me faire suivre ».
Devant le juge de la liberté et de la détention, Maxime D. fait profil bas.
Soupçonné d’être l’administrateur d’une plate-forme pédocriminelle de « référence » sur le Darknet, cet homme de 31 ans, a été mis en examen des chefs de « fourniture d’une plate-forme en ligne pour permettre une transaction illicite en bande organisée, de détention et diffusion d’images d’un mineur à caractère pédocriminel et association de malfaiteurs ».
Des compétences en informatique appréciées des pédocriminels
Ce grand jeune homme fin, aux cheveux longs et bruns, est soupçonné d’avoir, entre 2021 et 2026, à son domicile de Blagnac, mis ses compétences en informatique au service de cette communauté pédocriminelle.
Il a été écroué en début d’après-midi. Son casier judiciaire est vierge.
Après trois ans passés sur les bancs de l’Epitech, une école d’informatique réputée, il travaille comme développeur.
« En arguant qu’il n’a eu que des goûts pour le porno soft, il ne reconnaît pas les faits, tranche le procureur lors de ses réquisitions. Il était administrateur d’un site unique dédié au sexe avec des mineurs. Ses compétences informatiques lui ont permis de se faire très vite apprécier des autres pédocriminels, car il leur dispensait des conseils pour chiffrer et télécharger leurs fichiers criminels sans se faire détecter ».
Et le parquet d’ajouter qu’il craint qu’il ne puisse avoir un accès à distance qui lui permettrait de détruire des preuves sur les supports qui n’ont pas encore été exploités.
Sans surprise cet échalas à l’allure d’un lycéen, a été écroué.
Tout commence en juin 2024, quand l’Office des mineurs (Ofmin) découvre l’existence de ce forum pédocriminel.
La justice fait fermer le site en septembre 2024 et, après un peu moins d’un an d’enquête préliminaire, les fonctionnaires, épaulés par leurs collègues de l’Ofac, qui luttent contre la cybercriminalité, interpellent l’homme qui se faisait appeler « Alice » ou « Malbouille », mardi à son domicile.
Ils mettent la main sur douze disques durs externes, quatre ordinateurs, trois téléphones, deux cartes SD et un CD-ROM. Les premières exploitations ont permis de découvrir 800 gigas de vidéos et de photos immortalisant des actes sexuels avec des enfants ou de très jeunes filles.
« Il y a des images de jeunes filles dénudées, jusqu’à des viols sordides et très violents », relève la procureure lors de ses réquisitions.
Les enquêteurs établissent que cet individu a progressivement gravi les échelons au sein de cette plate-forme, gagnant la confiance de la communauté pédocriminelle qu’il fréquentait dans ce monde numérique.
Il est d’abord devenu modérateur, puis administrateur adjoint de plate-forme. C’est-à-dire qu’il organisait et classait les vidéos par catégorie avec des noms de jeunes filles pour que les utilisateurs puissent retrouver facilement les fichiers qu’ils recherchaient.
Placé en garde à vue dans les locaux de la PJ de Toulouse, il passe aux aveux lors de ses auditions en tentant de minimiser l’ampleur de ses agissements.
Il conteste être à l’origine de la mise à disposition de cette plate-forme, le plus grave délit qui lui est reproché et qui fait encourir une peine de dix ans de prison.
« Oui, c’est vrai que les contenus pédopornographiques retrouvés sur mon matériel sont considérables. Mais je tiens à faire une différence. Moi, je ne m’intéresse qu’aux photos de très jeunes filles qui prennent des poses érotiques habillées et maquillées comme des adultes. Il y a une différence avec les vidéos horribles de viol qui me mettent terriblement mal à l’aise », explique-t-il depuis le box de la salle d’audience.
Son avocat, Me Ambroise Palle, plaide en faveur d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire.
« Il y a, dans ce dossier, un glissement du débat judiciaire vers un outil de répression morale qui fait de mon client un monstre qui aurait fait des choses graves. Oui, c’est grave, mais il a reconnu les faits. Il a coopéré avec les forces de l’ordre. »
Et l’avocat d’ajouter que les risques qu’il récidive sont limités.
« Le site est fermé, il n’a pas de contact avec les autres pédophiles, qui se cachent tous derrière des pseudonymes et des déguisements informatiques. Quant à l’altération des preuves, il n’a aucun moyen d’accéder à ces fichiers à distance, tout est entre les mains de la police. »
Selon lui, son client souffre surtout d’une addiction à la pédopornographie qu’il conviendrait de traiter par un suivi psychologique.
Le tribunal ne l’a pas suivi. Ecroué.
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