Saint-Saulve | Un pédocriminel jugé pour viol sur mineur 

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La justice va-t-elle tomber dans le jeu de ce pédocriminel?
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Un procès aux assises, c’est souvent une succession d’éléments marquants. La personnalité d’un individu de 72 ans qui doit répondre du viol d’un mineur à Saint-Saulve en 1995, en fait assurément partie. Mais son « show » n’a fait rire personne, tant la douleur de la victime présumée était saillante.

L’homme qui est assis dans le box des accusés depuis ce mercredi a la voix cassée.

Le dos voûté comme s’il était écrasé par le poids des années.

Ou peut-être aussi, par celui qu’il pourrait continuer à passer en prison s’il devait être reconnu coupable ce jeudi.

Cet ancien Saint-Saulvien a 72 ans.

Mais lorsque le président Hervé Vlamynck lui adresse la parole, il lui parle comme on le ferait à un enfant.

Il est reconnu adulte handicapé depuis l’âge de 17 ans à cause d’une déficience mentale légère.

Alors à chaque fois, chacun s’assure d’employer des mots suffisamment simples pour être certain qu’il les a bien compris.

Il y a un an, il a été condamné par défaut devant cette même cour d’assises pour le viol, à Saint-Saulve, d’un enfant qui était âgé de 10 ans en 1995 : il ne s’était pas présenté à au procès et les policiers avaient trouvé un mot indiquant son absence sur sa porte d’entrée !

Quand le président tente de comprendre pourquoi il n’est pas venu, il se braque.

Comme un enfant, il se met à pleurer et il tourne la tête sur le côté.

Manipulateur, menteur, vicieux ou voleur…

C’est ainsi que le décrivent un couple d’amis et les frères et sœurs qui étaient encore en vie lors de l’enquête de personnalité.

Le directeur de la maison d’arrêt où il a été incarcéré le dépeint de la même manière presque mot pour mot.

« Pourquoi ils disent tous ça alors qu’ils ne se connaissent pas tous entre eux ? », lui lance Hervé Delplanque, l’avocat de la partie civile.

Le prévenu répond :

« Je ne suis pas d’accord avec ce qu’ils disent ! Ce n’est pas vrai. Moi, tout ce que je veux, c’est récupérer mon matériel de cuisine. C’est du matériel de professionnel. Et mes lapins ! Ils ont été placés depuis que je suis en prison. »

Lorsqu’il a rappelé à quel point il avait aimé être figurant dans le film Germinal et combien il aurait aimé devenir acteur, il n’a pas pu s’empêcher de se lancer dans une imitation de la Soupe aux choux.

Puis dans celle d’une réplique de la septième compagnie.

Il n’a pas pu s’empêcher de se mettre à fredonner aussi du Dave lorsqu’il a expliqué que c’était à des concerts du chanteur qu’il a rencontré les femmes qui ont le plus compté dans sa vie.

Mais pas un juré n’a esquissé l’ombre d’un sourire.

À chaque fois que l’accusé se lançait dans « un petit show », les regards se tournaient plutôt vers la silhouette de la victime présumée.

Il a parfois quitté la salle.

Parfois aussi, il se tenait les mains sur les oreilles comme s’il tentait de ne plus pouvoir entendre ces singeries.

Personne n’a ri, l’après-midi, lorsque ce dernier a tenté de mettre des mots sur ses maux.

Comme bien des gamins de son quartier, il jouait souvent, au milieu des années 90, dans l’aire de jeux qui se trouvait au pied de son immeuble.

L’accusé a reconnu qu’il était « tombé amoureux » de ce bambin alors âgé de dix ans.

Lui faisant miroiter des places pour des matchs de l’USVO, l’ancien club de basket de Valenciennes ou des ballons ou bonbons, il l’a invité à plusieurs reprises à passer dans son appartement.

« Il a fermé le verrou. Il a joué avec mon pénis. J’ai pleuré. Il a mis sa main devant ma bouche. »

La fois suivante, « il m’a maintenu son pénis dans ma bouche. Je me souviens d’avoir vomi. Puis il m’a menacé, il ne fallait pas que je parle. »

L’accusé reconnaît deux épisodes de masturbation qui sont prescrits.

Mais il conteste le viol qui, lui, ne l’est pas.

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