Bouillac | Un homme condamné pour agression sexuelle sur mineure échappe à la prison
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 11/05/2026
- 12:52
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Pull à col roulé gris, barbe poivre et sel, Éric L., 49 ans, Nantais d’origine établi à Saint-Sardos, poursuivi pour agression sexuelle sur une enfant de 7 ans, commise à Bouillac entre janvier 2013 et décembre 2023, reconnaît a minima face au tribunal judiciaire de Montauban.
“Je reconnais lui avoir touché les fesses, je le regrette.”
L’affaire débute pourtant par des confessions.
“C’est l’époux de votre sœur qui signale plusieurs faits en septembre 2024 après que vous vous êtes confié à votre mère”, indique la présidente Aude Sallafranque.
Le prévenu confesse avoir agressé sexuellement sa sœur lorsqu’il avait 13 ans, elle en avait 10.
Des voisines aussi auraient été les cibles de ces attaques.
“Dans ses déclarations, vous évoquez les filles de vos voisins vivant dans le Tarn-et-Garonne”, poursuit la juge.
L’information judiciaire a d’ores et déjà permis d’établir la matérialité des agressions sur sa sœur.
“Cela a cessé lorsqu’elle a menacé de vous dénoncer.”
L’enquête menée auprès de la famille, à Bouillac, corrobore les dires d’une enfant née en 2006.
À 7 ans, elle dénonçait déjà une pénétration digitale dans la voiture du suspect.
“Elle en avait parlé à sa mère qui ne l’avait pas crue alors”, enchaîne la présidente.
Durant la garde à vue de l’homme, en décembre 2025, Éric parle de pulsions qui s’étaient calmées depuis son adolescence jusqu’aux faits.
“Vous disiez que c’était juste une main aux fesses ?”, l’interroge Aude Sallafranque.
– Pour moi, il n’y a rien de plus”, jure d’une voix fluette le quadragénaire.
– Pourquoi ce soir-là, ce passage à l’acte ?, le questionne la juge.
– L’alcool, le cannabis, j’ai la main qui a glissé malencontreusement, se défend maladroitement Éric.
– Une main ne glisse pas malencontreusement sur une fillette de 7 ans : c’est sexuel !, le reprend sèchement la juge.
– C’était pas vraiment sexuel, il n’y avait pas d’érection.
– Lorsque vous écrivez ce courriel d’aveux à votre mère, ce ne sont pas des pouet-pouet camions que vous reconnaissez, lui rétorque la magistrate.
– J’avais un coup de blues ce jour-là.
– Pas d’attirance pour les mineurs ?
– Non, je ne crois pas. Lorsque j’étais ado, oui…”, avoue Éric.
Un profil inquiétant
Le profil du prévenu ne plaide guère en sa faveur.
Préparateur de commandes, célibataire, sans enfants, l’homme se dit addict aux jeux de hasard et à l’alcool.
Son casier judiciaire est toutefois vierge jusqu’ici.
“Ce qui est dit aujourd’hui à l’audience est inquiétant”, déplore Nelly Magendie, avocate de la victime et de ses parents.
“Dans le courriel transmis à sa mère, il se qualifie huit fois de “monstre” et de “pédophile”, et même de prédateur qui fait attention à ne jamais se faire attraper”, enfonce le clou la juriste, rappelant qu’il était le meilleur ami de la famille.
Elle revient sur l’état de sa cliente qui fait des crises de somnambulisme et est suivie par un psychologue deux fois par mois.
L’avocate réclame pour la victime 1 400 € et 6 000 € de préjudice matériel et moral, et 3 000 € pour chacun des parents.
“Les courriels sont particulièrement éloquents”, constate le substitut Freddy Marta.
“Il y a une dangerosité confirmée par l’expert psychiatre, il se qualifie lui-même de prédateur”, insiste le magistrat du ministère public.
Il requiert 3 ans assortis de 2 ans de sursis probatoire avec l’obligation de soins, l’interdiction d’exercer une activité en lien avec les mineurs pendant 10 ans et l’inscription au Fijais.
Douze mois ferme toutefois aménageables sous bracelet.
En défense, Me Julie-Emilia Rodriguez n’a pas la même lecture du dossier.
“L’expert psy ne relève aucun critère pédophilique et l’acte est pulsionnel : il s’agit d’un mauvais contrôle”, relativise l’avocate.
Le tribunal a finalement ramené la peine à 12 mois de prison intégralement assortis d’un sursis simple, l’inscription au fichier des délinquants sexuels (Fijais) et limite le préjudice moral de la victime à 2 000 € et 400 € pour chacun des parents.
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