Bordeaux | Condamné à 30 ans par la Cour d’Assises pour avoir violé des enfants dans un squat de migrants bulgares
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 08/04/2026
- 11:42
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Prédateur multirécidiviste – Patrick Garcia, 76 ans, écope de trente ans de prison pour avoir violé des enfants qui vivaient dans un squat de migrants bulgares à Bordeaux. Il fait appel mais reste en prison.
Dominique Pelicot aurait-il continué ses viols s’il n’avait pas été arrêté fortuitement dans un supermarché ? Dans cette autre affaire, le même trouble survient : combien de temps les abus d’un septuagénaire auraient continué s’il n’avait pas eu un accident de la route ?
Car c’est un hasard total si Patrick Garcia a pu être stoppé dans ses penchants pédocriminels.
Nous sommes le 1er novembre 2021. Son véhicule est impliqué dans une collision à Vayres (Gironde). Lui et son passager sont hospitalisés à Libourne. Il s’agit d’un jeune de 13 ans qui raconte que le conducteur l’emmène souvent « pour se promener ».
Menacé d’un pistolet
Mais le vernis craque et l’adolescent avoue : Patrick Garcia vient le chercher à Bordeaux une fois par semaine pour l’amener chez lui, à Sainte-Foy-la-Grande.
La première fois, l’homme, alors âgé de 71 ans, lui a demandé de faire des photos de nu sous la menace d’un pistolet. Et des clichés, l’homme est passé au viol.
Les gendarmes de la brigade de recherches de Libourne enquêtent : le septuagénaire fréquente des squats de migrants bulgares à Bordeaux et à Bègles.
Entre 2020 et 2021, 71 allers-retours entre chez lui et la ville centre sont comptabilisés. Et si l’adolescent de 13 ans n’était pas la seule victime ?
« Il nous montrait l’argent, on était jeunes, pauvres et on montait dans sa voiture »
Les investigations vont le confirmer : le Foyen est coutumier des faits. Une deuxième victime a croisé sa route entre ses 14 et 17 ans.
À chaque fois, il venait le chercher au squat, le violait à son domicile et lui remettait entre 50 et 200 euros. En trois ans, l’adolescent estime à 200 le nombre de rencontres.
Une troisième victime est retrouvée. Encore un adolescent bulgare.
« Il cherchait des proies au squat, atteste-t-il. Beaucoup d’enfants sont partis avec lui. Il nous montrait l’argent, on était jeunes, pauvres et on montait dans sa voiture. »
Son mode opératoire : embarquer plusieurs enfants dans son véhicule et les conduire dans un bois. Là, ils étaient violés tour à tour.
Cinq victimes au procès
Au total, cinq enfants se constituent partie civile au procès qui s’est ouvert devant la cour d’assises de la Gironde, le 26 février 2026.
Mais combien ont été victimes ?
« Il y avait beaucoup de photos, mais on n’a pas le compte exact car certains sont repartis en Bulgarie », regrette Me Isabelle Desmoulins, qui a défendu deux adolescents.
Dans le dossier, il apparaît que l’accusé a envoyé 3 000 euros par virements en Bulgarie.
« Ça donne un peu l’impression désagréable que les parents étaient au courant », note Me Constance Montané de la Roque, également partie civile.
« Mon client conteste le caractère imposé. Pour lui, il n’y avait pas de contrainte. »
Me Stéphanie Tambo, pour la défense, a demandé l’acquittement.
« Pour que le viol soit constitué, il ne faut pas simplement qu’il y ait un acte de pénétration, mais aussi que l’acte ait été imposé. Mon client conteste le caractère imposé. Pour lui, il n’y avait pas de contrainte. Les enfants étaient dans un contexte prostitutionnel et ils le reconnaissent. Les rencontres étaient prévues à l’avance. J’ai donc demandé l’acquittement du chef de viol. J’ai l’impression qu’il a plus été jugé sur son passé judiciaire que sur la réalité des faits qui lui étaient reprochés. »
Durant le procès, le casier judiciaire de l’accusé a été évoqué.
En 1988, la cour d’assises de la Dordogne a condamné Patrick Garcia à dix ans de réclusion pour viol sur mineur de 15 ans.
Mais aussitôt sorti de prison, il a récidivé : la cour d’assises de la Gironde l’a condamné à vingt ans de réclusion en 1995.
Son épouse avait divorcé à la suite de ses condamnations :
« Il était évident pour moi qu’il allait recommencer. Mon mari est de ces personnes qui n’admettent pas ce qu’elles font et il sera toujours un prédateur. »
La perpétuité requise
Un expert psychiatre l’a jugé « pervers » et « manipulateur », avec une propension à donner « des éléments de nature à attribuer la responsabilité de ses actes à ses victimes ».
« Le terme de prédateur, on l’emploie un peu à tout usage, mais là, c’est vraiment ça, assure Me Desmoulins. C’est un mode de fonctionnement chez ce multirécidiviste. »
Elle note un mode opératoire très établi :
« Les victimes sont livrées à sa chasse. Il repère des enfants vulnérables, qui ne peuvent pas compter sur leur famille, et les aborde sur un mode amical. Ensuite, il use à la fois du charme et de la menace. »
Signe de gravité, le ministère public a requis, le 3 mars, la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict des juges et des jurés : trente ans, avec une peine de sûreté de vingt ans.
Patrick Garcia, aujourd’hui âgé de 76 ans, a fait appel. Il est à nouveau présumé innocent mais reste en prison.
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