La Réunion | Quatre ans de prison ferme en appel pour l’agresseur sexuel de 11 sœurs et cousines

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Nous étions petites et on ne comprenait pas ce qu’il nous faisait..
L’homme est condamné pour agressions sexuelles et attentats à la pudeur sur enfants. Une peine plus lourde qu’en première instance, saluée par les 11 plaignantes.

Le tonton” âgé aujourd’hui de 61 ans est condamné par la Cour d’appel ce jeudi 12 février à 4 ans de prison ferme pour agressions sexuelles et attentats à la pudeur sur enfants. La peine prononcée est plus lourde qu’en première instance, où il avait été condamné à 3 ans de prison, dont 2 avec sursis.

S’il était reparti libre en octobre dernier, cette fois, la Cour demande son incarcération immédiate.

Pour les 11 plaignantes, c’est un soulagement puisque la justice reconnaît leur statut de victimes. Accompagnées dès le début de la procédure par l’association EPA, “Ecoute Moi Protège Moi Aide Moi”, c’est par la voix de la présidente Jessy Yong-Peng qu’elles réagissent aujourd’hui :

” On passe du sursis à 4 ans de mandat d’arrêt. C’est un message fort et clair que passe la justice aujourd’hui : stop à l’impunité (…) La victoire, c’est ça aujourd’hui : que la justice entende ces enfants victimes de violence. C’est une grosse victoire.”

Des faits qui remontent à 1985 à Piton Sainte-Rose

L’audience en première instance s’était déroulée le 17 septembre 2024 au tribunal correctionnel de Saint-Denis. Les 11 femmes, des sœurs et des cousines, avaient alors raconté ce qu’elles ont subi dans les années 1980, alors qu’elles étaient âgées de 3 à 7 ans. Toutes sont victimes d’un seul et même homme : un oncle de la famille.

“Nous étions petites et on ne comprenait pas ce qu’il nous faisait, racontait Charlène, une des victimes, au micro de La 1ère. L’une d’entre nous a eu un choc émotionnel et ça a tout déclenché”.

Des révélations en 2022

En 2022, une des victimes perd son mari et se livre à sa mère sur les attouchements qu’elle a subis dans son enfance de la part de l’homme. Sa sœur avoue alors elle aussi avoir subi des agressions sexuelles de la part de la même personne.

Ainsi de suite, les sœurs et cousines se mettent à parler et toutes décident de porter plainte.

“À l’adolescence, j’avais eu des flashs et j’avais compris ce qu’il m’avait fait enfant, s’était souvenue Charlène. Aujourd’hui, on veut que justice soit faite. On a parlé, car il y a des petits enfants autour de cet homme et on veut les protéger. Il en a trop fait, il faut que ça s’arrête et que la honte change de camp”.

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