Finistère | Deux mineurs pris en stop par un octogénaire.Il est condamné pour agression sexuelle
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
non
- 31/01/2026
- 09:55
Il apparaît à la barre tout tremblant et bafouillant. Il peine à entendre le président du tribunal judiciaire de Quimper, Christophe Lepetitcorps, qui demande d’ailleurs un siège pour que le prévenu puisse s’asseoir. Mais derrière cette image de vieux monsieur de 82 ans fragile se cache en fait un prédateur.
Les faits remontent à juillet 2024. Deux mineurs sont partis faire un tour de karting et décident de faire du stop pour rentrer. Un conducteur s’arrête, au volant de son camping-car. Une conversation pour le moins étrange s’amorce.
Le prévenu demande aux deux jeunes garçons s’ils ont déjà fait des galipettes avec d’autres garçons ou avec des filles. Il leur avoue qu’il apprécie les jeunes filles de 14 ans, 15 ans. Les deux mineurs demandent à l’octogénaire de les déposer sur le parking de l’ancien office de tourisme de Pont-l’Abbé, au rond-point à l’entrée de la ville.
Mais il faut payer la course, aurait déclaré le vieux monsieur.
Le prévenu l’assure :
“C’était sur le ton de la rigolade, pas du premier degré”.
Réponse du président Christophe Lepetitcorps :
“On n’est pas dans la plaisanterie .”
Les deux garçons ont alors la présence d’esprit de jouer les naïfs et disent que ce serait mieux dehors, ils connaissent le petit bois derrière l’office de tourisme. Un subterfuge pour éviter de rester dans ce camping-car. Ils prennent alors la fuite, le prévenu les coursant.
Arrivés dans une impasse, les mineurs pensent être coincés, l’octogénaire tente de toucher le sexe d’un des deux jeunes. Il se trouve qu’il fait de la boxe et lui décoche un coup de poing qui met KO leur agresseur. Les jeunes prendront une photo de la plaque d’immatriculation.
Les parents préviennent les gendarmes qui perquisitionnent au domicile, situé dans le pays de Fouesnant. Là, ils découvrent sur différents supports informatiques de nombreuses images à caractère pornographique et surtout pédocriminel.
Beaucoup d’images glanées sur le dark web.
” Je cherchais des modèles de nus “, dit le prévenu, qui dit pratiquer la peinture.
Réponse du président :
“Oui vous auriez mieux fait de taper « Léonard de Vinci sur Google. »”
L’expertise psychiatrique décrit l’homme comme névrotique et immature, sans dangerosité . Christophe Lepetitcorps soupire. Derrière ces images, il y a des mineurs violés, torturés et tués dans des pays étrangers. Celui qui regarde participe à des trafics d’enfants à l’étranger.
Pour l’avocate des mineurs, Me Potier, cette affaire est atterrante, les victimes sont présentes.
Ils sont courageux .Le procureur de la République, Jean-Luc Lennon, parle de traquenard .
“Le prévenu s’est comporté comme un voyou, les images à caractère pédocriminel dont la consultation donne la nausée.”
Pour sa défense, Me Omez a évoqué
“une posture de défense pas utilitaire peut-être dictée par une certaine mauvaise foi, par la honte qu’il ressent. Je suis démuni. Je le sens perdu. Son histoire personnelle est complexe.”
Bafouillant de nouveau, le prévenu a tout juste déclaré :
“Je regrette ce que j’ai fait, perdu les pédales. J’ai dérapé, je suis dégoûté d’internet.”
Le tribunal l’a condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, interdiction contact avec mineurs, inéligibilité pendant cinq ans et inscription au fichier de sauteurs d’infractions sexuelles.
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