Bordeaux | Un artisan condamné pour agression sexuelle et corruption de mineure

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Les premiers soupçons émergent avec le témoignage d’une amie de l’adolescente
Un artisan de 54 ans, inconnu de la justice avant cette affaire, a été jugé et condamné pour agression sexuelle et corruption de mineure, ce 19 décembre, par le tribunal correctionnel de Bordeaux. « Je voulais être plus proche d’elle », a-t-il avancé face à ses juges

La justice n’a alors aucune raison de se méfier de cet artisan de 54 ans qui n’a jamais fait parler de lui en mal.

Cette solution semble apaiser tout le monde et doit aussi permettre à la lycéenne de poursuivre sa scolarité, entre les semaines en internat et les week-ends chez « tonton » et « tatie ».

Mais en mars 2024, tout s’écroule.

Les premiers soupçons émergent avec le témoignage d’une amie de l’adolescente.

Et se confirment au fil des investigations : « tonton » a agressé sexuellement celle qu’il était censé protéger, profitant d’une absence de sa compagne pour procéder à des attouchements sur la jeune fille.

Un an et demi plus tard, il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, ce vendredi 19 décembre, pour agression sexuelle et corruption de mineure.

Pull gris, pantalon, chevelure et teint à l’avenant, l’artisan avoue « tout, sauf avoir mis ma main sur son sexe ».

Il ne semble pas réaliser la portée de ses actes et encore moins avoir évolué.

Les attouchements sur les seins, les fesses, ses messages envoyés en pleine nuit demandant de le rejoindre dans son lit, son irruption dans celui de la jeune fille…

Il appelle cela des « papouilles » qu’il justifie par un désir « d’être plus proche d’elle ».

« Comme un rapport amoureux, mais sans sexe », avance-t-il.

Il n’hésite pas à faire porter la faute sur l’adolescente.

« Voulez-vous dire qu’elle vous a allumé ? » l’interroge le président.

« Oui, par intérêt, pour profiter », ose le prévenu.

« Mais profiter de quoi ? » insiste le magistrat.

« Je cherchais à avoir une relation père-fille. Peut-être que j’ai fait mal », bredouille le quinquagénaire.

Chez lui, des photos « à la limite de la pédopornographie », selon le président, ont été découvertes, mais il n’est pas poursuivi pour cela.

Dans la salle, la jeune fille, partie civile, écoute en pleurant.

« Ces faits l’ont profondément affectée et ont entraîné une perte de confiance envers les adultes et les hommes en particulier », explique son avocate.

Quant au procureur Olivier Bonithon, il ne cache pas ses inquiétudes sur le prévenu qui « a trahi la justice ».

« Mon client reconnaît les faits, enchaîne Me Elduayen, en défense. Même s’il s’exprime avec difficulté, rongé par un sentiment de honte. »

« Je m’en voudrai toute ma vie » sont les derniers mots de l’intéressé.

Le tribunal a suivi les réquisitions : déclaré coupable, il a été condamné à deux ans de prison, dont dix-huit mois assortis d’un sursis probatoire avec plusieurs interdictions et obligations.

Il effectuera les six mois de prison ferme à domicile, sous bracelet électronique.

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