Une enquête judiciaire secoue le Médoc depuis l’interpellation d’un photographe local de 64 ans. Installé à Pauillac, dans la rue Aristide-Briand, où son studio fonctionne depuis 2020, le professionnel dort désormais en prison. Sa collaboratrice, une jeune femme de 28 ans, également entendue, a été relâchée.
Pauillac | Un photographe incarcéré pour détournements présumés de photos d’enfants
Un personnage extravagant
Figure connue des événements associatifs et scolaires, un photographe de Pauillac a été incarcéré après son interpellation. Il aurait détourné des photos d’enfants pour les sexualiser grâce à l’intelligence artificielle
Tout commence voilà quelques mois. Dans le cadre de la coopération policière internationale, le parquet de Bordeaux reçoit un signalement : un Français partage des images et des vidéos pédopornographiques. Les investigations sont confiées aux gendarmes spécialisés de l’Unité nationale cyber, à Paris.
Des milliers de clichés
Grâce à leur travail, l’adresse IP est identifiée. Les experts localisent l’endroit d’où partent les fichiers : il s’agit d’un studio photo à Pauillac. Il comporte deux salariés, dont un homme de 64 ans. Ce comptable retraité reconverti dans la photographie est placé en garde à vue le 24 novembre.
Il pourrait s’agir de clichés de mineurs réalisés dans le cadre de l’activité du photographe
Ce jour-là, les militaires de Paris se sont rendus au fameux studio, en fin de matinée, pour procéder à une perquisition. Du matériel informatique a été saisi. Contacté par « Sud Ouest », le parquet de Bordeaux dévoile que
« l’exploitation partielle du matériel numérique a, dès ce stade de l’enquête, permis de démontrer la présence de contenu pédopornographique en masse ».
Il est ici question de plusieurs milliers de fichiers.
Le mode opératoire soupçonné serait très atypique : la création de contenu pédopornographique partant de photos réelles et modifiées par intelligence artificielle pour ajouter un contexte sexuel.
Il pourrait s’agir de clichés de mineurs réalisés dans le cadre de l’activité du photographe, qui se décrivait lui-même comme un autodidacte. Son travail couvrait un large champ : mariages, portraits individuels et familiaux, manifestations associatives, galas, kermesses, animations scolaires et événements d’entreprises…
Le mis en cause indiquait intervenir en Gironde, dans la région bordelaise et, ponctuellement, partout en France.
Combien de victimes ?
Désormais, le travail des enquêteurs va porter sur l’identification de potentielles victimes de ces détournements. Une source proche de l’enquête à Paris nous confie qu’il s’agit d’une des premières grandes affaires de création de contenu pédopornographies par l’IA en France.
Reste à savoir combien de photos d’enfants réalisées dans le cadre de prestations classiques ont été détournées à des fins criminelles et diffusées sur des sites à caractère pédopornographique visités dans le monde entier.