Rodez | Les amants pédocriminels condamnés

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Encore et toujours une justice laxiste
Consommateur effréné de contenus pédoporno-graphiques, un quadragénaire aveyronnais est passé à l’acte sur plusieurs enfants de ses amis. Son amant, Aurillacois, a lui aussi été condamné, hier, pour “simple” détention et consultation d’images et vidéos.

Le premier est né en 1982 à Mont-de-Marsan.

Il a été présenté hier devant le tribunal de Rodez pour des faits commis entre 2022 et 2023, alors qu’il réside dans l’Aveyron.

Le second est né en 1974 et occupe, au moment des faits, la fonction de conseiller principal d’éducation dans un lycée d’Aurillac.

Tous deux sont amants.

Ils se rencontrent dans les locaux du lycée cantalien pour des relations sexuelles qu’ils définissent comme “sans tabou”, sous l’emprise de 3MMC (une puissante drogue de synthèse) pour le Cantalien.

Ils sont décrits par leurs entourages respectifs comme “très sympathique”, “discret et aimant son travail” ou encore “sérieux et rigoureux”.

Des scènes de viols et d’agression de nourrissons

En 2020, un signalement des services états-uniens donne l’alerte à la direction de la police judiciaire française : l’Aveyronnais, marié, détient de très nombreuses images et vidéos (30 000 au total) de scènes de viols ou agressions de nourrissons et très jeunes enfants.

La perquisition n’a lieu que deux ans plus tard (ndlr : sic !) et plusieurs tablettes, ordinateurs et téléphones sont saisis ainsi qu’une caméra.

Les contenus confirment les informations des agents états-uniens.

Des images “révulsantes” selon la présidente Blandine Arrial.

Sur son ordinateur, les critères de recherche les plus fréquents sont “bébé” et “viol”.

Plus problématique encore pour lui, les enquêteurs mettent la main sur des photos et vidéos prouvant qu’il est passé à l’acte avec plusieurs des enfants de ses amis, âgés de 18 mois à 4 ans, durant la période où il résidait dans l’Aveyron.

Des agressions filmées et diffusées au milieu pédocriminel sur Telegram

Dans l’une de ces vidéos, on le voit assis sur un canapé, deux enfants assis de part et d’autre.

Il se masturbe et filme la scène.

Plus tard, à l’un des enfants, âgé de 18 mois et qui mange sur sa chaise haute, il montre une vidéo à caractère pédocriminel.

Un troisième, lui aussi âgé de 18 mois, figure également au rang de ses victimes : dans un livre troué pour que les parents jouent aux marionnettes avec leur enfant, il introduit son sexe et demande à l’enfant de “faire un bisou au petit lapin”.

L’enfant touche son sexe avec ses doigts pendant que lui filme… avant de partager “très largement” la vidéo.

Car ce qu’il cherche alors, c’est de la reconnaissance, être respecté des milieux pédocriminels, lui qui s’y présentait ouvertement comme “violeur d’enfants”.

“Je me sentais porté, écouté”, explique l’homme, qui a un temps été administrateur d’un groupe de discussion pédocriminel sur la messagerie Telegram.

“Comment avez-vous été amené à consulter ces contenus à caractère pédocriminel ?”, lui demande la présidente Arrial.

Il évoque une “mauvaise rencontre”, un viol subi dans sa jeunesse puis la consultation de contenus pornographiques, zoophiles (il a reconnu être passé à l’acte avec une ânesse) et ensuite, “malheureusement” selon ses termes, “pédopornographie et pédophilie”.

Les expertises réalisées sur le prévenu font état d’une personnalité névrotique, de phobie sociale, d’immaturité affective, d’une attirance pour les animaux et les très jeunes enfants mais aussi une dangerosité constitutionnelle, c’est-à-dire qu’il est, comme l’a résumé l’avocat des parties civiles Me Gaudy, “durablement et irréversiblement porteur de signes de danger”.

“Je pense que je serai peut-être allé plus loin”

Ce qu’il confirme à moitié à l’audience : s’il n’y avait pas eu ce signalement des autorités états-uniennes, “je pense que je serais peut-être allé plus loin”.

Pour son amant cantalien, les analyses parlent d’une “perversion adolescentophile”.

Les perquisitions sur ses appareils démontrent qu’il détenait 16 photos et 11 vidéos à caractère pédocriminel, dont deux photos des victimes aveyronnaises.

Il reconnaît qu’il a pu avoir des “coups de cœur” pour des élèves de son lycée mais invoque une “ligne rouge” psychologique qui l’aurait empêché de passer à l’acte comme l’a fait son amant aveyronnais.

“Vous avez détruit, a minima, la vie de quatre parents”

“Son passé douloureux n’explique pas tout et surtout ne justifie rien”, plaide Me Gaudy, soulignant le “courage et la dignité” des parents des victimes.

“C’est lui qui a demandé à garder les enfants. Sa première observation en garde à vue a été de dire “j’ai détruit la vie de mon mari”.

Mais non, monsieur, vous avez détruit, a minima, la vie de quatre parents.

Mesurez et sanctionnez”, demande-t-il au tribunal.

Soulignant le “chiffre effarant de 30 000 supports” et le “passage à l’acte”, Esther Paillette, pour le ministère public, demande à son encontre cinq ans d’emprisonnement ainsi que diverses interdictions et obligations sans oublier l’indemnisation des victimes.

Pour le Cantalien, qui “n’a pas fait de victime directe”, elle demande trois ans dont deux avec sursis.

Quatre ans, neuf mois et 16 000 € pour les victimes

Après en avoir délibéré et à l’issue de plus de quatre heures d’audience, le tribunal prononce pour le Cantalien une peine de 18 mois de prison dont neuf avec sursis avec obligation de soins, de travailler et interdiction d’entrer en contact avec les victimes et de travailler avec des mineurs.

Les neuf mois de prison ferme seront effectués sous le régime de la détention à domicile sous surveillance électronique.

Pour l’Aveyronnais, ce sera quatre ans de prison avec mandat de dépôt à délai différé, c’est-à-dire que la date de son incarcération sera fixée dans le mois à venir.

Pour lui aussi, obligation de soins, interdiction d’entrer en contact avec les victimes, de travailleur avec des mineurs et inscription au fichier des auteurs d’infraction sexuelle.

Ils ont été condamnés également à indemniser solidairement les victimes et leurs familles pour un montant total de 16 000 €.

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