Calvados | Jean-Marie Petitclerc retrouvé noyé un mois après sa condamnation
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 25/11/2025
- 08:30
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Le corps retrouvé sur la plage de Langrune-sur-Mer lundi est celui du père Jean-Marie Petitclerc, a dévoilé la communauté Don-Bosco.
« Après noyade, son corps a été retrouvé sur la plage, au bord de la mer en Normandie, où il avait passé ce week-end chez des amis. »
Figure du milieu éducatif chrétien, le père Petitclerc appartenait à la congrégation cléricale des Salésiens, dont il a fondé le réseau Don Bosco Action Sociale.
Polytechnicien devenu éducateur spécialisé, auteur et Chevalier de l’ordre du Mérite, le septuagénaire a consacré sa vie à « accompagner les jeunes livrés à eux-mêmes », ainsi que le présentait la chaîne de télévision catholique KTO en octobre.
Trois plaintes, une condamnation
Sous les louanges percent toutefois des témoignages inquiétants.
Le 27 février 2024, un adolescent de 15 ans porte plainte pour agression sexuelle.
Le jeune phobique scolaire aurait rencontré Jean-Marie Petitclerc à l’été 2023.
À l’occasion d’un déplacement en voiture, le prêtre lui aurait imposé des « caresses » sur le genou gauche et le sexe, précise le Journal de la Haute-Marne, ce que l’intéressé conteste.
Il serait également « entré dans la salle de bains de la chambre occupée par [le plaignant] alors qu’il savait ce dernier sous la douche », écrit le quotidien au procès, et aurait fait subir à l’adolescent de « nouveaux attouchements une fois installé dans son lit ».
L’éducateur reconnaît des gestes, mais nie toute intention sexuée.
« Je lui ai tapoté la cuisse comme j’aurais pu lui tapoter le dos. »
Il se dit « tactile » et « dévoué », explique être entré dans la salle de bains à cause de problèmes d’eau chaude.
« J’ai rapidement réglé le problème. J’ai peut-être entraperçu son dos ou ses fesses. »
Les enquêteurs rapportent des propos inquiétants.
« Trois procédures sur 12 000 gamins, ça va. (…) La suspicion, ça fait partie du métier. »
En 1999 et 2014, Jean-Marie Petitclerc avait déjà été visé par deux plaintes pour agressions sexuelles, qui s’étaient toutes les deux soldées par des non-lieux.
Il occupait alors « le poste d’assistant sanitaire dans le cadre de séjours rassemblant des mineurs », dit le Journal de la Haute-Marne.
Le procureur avait requis 30 mois de prison dont 15 assortis de sursis probatoire contre « un homme représentant un réel danger, habité par un sentiment d’impunité ».
Relaxé des faits d’agression sexuelle par le tribunal de Chaumont, Jean-Marie Petitclerc a finalement été condamné à six mois de prison avec sursis pour voyeurisme sur mineur en octobre 2025.
Il a fait appel de la décision et demeure donc, aux yeux de la justice, présumé innocent.
Son provincial, le père Xavier Ernst, a maintenu les mesures conservatoires lui interdisant d’être seul avec des mineurs et, d’après la Croix, aurait saisi le Tribunal pénal canonique national.
« La déferlante médiatique »
À 72 ans, lundi, Jean-Marie Petitclerc est retrouvé mort par noyade sur une plage du Calvados.
Au micro de RCF, le père Xavier Ernst accuse « la déferlante médiatique qui a eu lieu autour de sa condamnation » d’avoir « eu raison du père Petitclerc ».
Pour lui, le salésien était « affligé, terriblement affaibli physiquement. (…) Il était aussi vidé et rongé de l’intérieur, moralement ainsi que psychiquement ».
D’après La Croix, qui cite un membre de sa congrégation, « la veille de sa mort, il nous avait envoyé un passage d’Évangile, disant qu’il ne savait pas s’il parviendrait à être aussi combatif que le commandaient les Écritures ».
Pour rappel, d’après le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (2021), « les personnes agressées alors qu’elles étaient mineures (sont) très majoritairement des garçons préadolescents, appartenant à tous les milieux sociaux.»
Parmi les six configurations recensées figurent « l’abus scolaire, commis par le prêtre ou le religieux enseignant ou maître d’internat, (et) l’abus éducatif, commis dans le cadre d’un patronage ou d’un mouvement de jeunesse ».
Ce même rapport conclut : « l’Église catholique est, hors les cercles familiaux et amicaux, le milieu dans lequel la prévalence des violences sexuelles est la plus élevée. »
Victime ou témoin, téléphonez ou écrivez au 119 (enfants et ados en danger), 30 18 (harcèlements) ou 39 19 (violences sexistes et sexuelles). Retrouvez les associations susceptibles de vous aider sur www.arretonslesviolences.gouv.fr.
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