Steenbecque | Le beau-père condamné à du sursis pour agressions sexuelles vingt ans après

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Une justice laxiste qui ne fait pas son travail correctement en laissant un pédocriminel en liberté
Vingt ans après les faits, une jeune femme a déposé plainte contre son beau-père pour agressions sexuelles. Lundi, le sexagénaire steenbecquois a été condamné pour ces faits et aussi pour ceux, du même ordre, sur une autre mineure.

Faustine (1) n’avait que 11 ans lorsqu’ Éric, son beau­-père, s’est mal comporté avec elle pour la première fois.

C’était en 1999, à Wavrin, au do­micile familial.

Sur le canapé du salon, Éric prend la fillette sur ses genoux et lui impose des “ca­resses” pendant 20 minutes.

La mère de Faustine est à côté d’eux, mais n’intervient pas.

La victime, aujourd’hui majeure, a porté plainte en 2021.

Elle se souvient parfaitement que sa mère lui a dit après coup : « C’est pour te faire du bien. Il n’y a rien de méchant dans ce qu’il t’a fait. »

Des faits similaires se sont repro­duits. La famille a déménagé à Steenbecque quand Faustine avait 13 ans.

Là encore, à plu­sieurs reprises, elle af­firme a voir été victime d’agressions sexuelles.

«Il a re­commencé aussi quand j’avais 18 ans. Il a essayé de toucher mes parties intimes. Je l’ai recadré. J’ai ensuite quitté le foyer familial. »

Le mis en cause conteste : « C’était des câlins, comme en font les papas. Quelqu’un a dû monter la tête à Faustine. »

Faustine en veut aussi à sa mère : « Elle n’a jamais tenté de me proté­ger. Elle a toléré l’intolérable. »

Et aussi à sa grand­-mère maternelle qui l’avait incité à ne pas porter plainte : « Si tu le fais, il ira en pri­son. Ta mère va se retrouver seule et ne pourra plus payer les études de ton petit frère et de ta petite soeur. »

La procédure s’est étendue à une autre jeune femme, elle aussi mi­neure au moment des faits.

Mé­line (1) était âgée de 15 ans quand elle a croisé Éric, en 2009.

« Ma mère avait fait appel à son entreprise pour des travaux à la maison. Je m’étais assoupie dans le canapé. Quand je me suis réveillée, il avait la main dans mon soutien-­gorge. Je me souviens bien de lui, il avait toujours un chapeau ».

Éric conteste égale­ment mais, 15 ans a près, se souvient très bien de Méline : « Elle portait un chemisier léger, lar­gement décolleté ».

D’autres femmes se sont plaintes.

Un salarié d’Éric entre 2011 et 2019 a témoigné.

Trois clientes, à Saint­-Omer, Steenbecque et Renescure, s’étaient plaintes de gestes déplacés de son patron, notamment la tentative d’em­brasser une femme de force en 2018. Les témoignages de proches semblent confirmer l’analyse de l’expert psychiatre : « Trop tactile dans ses rapports sociaux et familiaux. »

Selon le prévenu tout le monde ment.

« Je vis cette procédure comme une injustice », déclare celui qui, jusqu’alors, avait un casier judiciaire vierge.

Le tribunal l’a condamné à une peine d’emprisonnement de 15 mois avec sursis simple.

Il lui est interdit d’exercer toute activité en lien avec des mineurs, et il sera inscrit au fichier des auteurs d’in­fractions sexuelles (FIJAIS).

1.prénoms des victimes modifiés.

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