La Roche-sur-Yon | Un animateur jugé pour avoir agressé 12 fillettes de 3 à 4 ans

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L’animateur avait « reconnu être pédophile » mais sans n’être jamais passé à l’action !
photo d'une fillette de dos avec son nounours
Jugé pour des agressions sexuelles sur douze fillettes, quatre ans de prison ont été requis à l’encontre de l’ancien animateur d’un centre aéré à La Roche-sur-Yon.

Quatre ans de prison ferme ont été requis ce mercredi 31 mai 2023 par le procureur de la République à l’encontre de l’ancien animateur du centre aéré de Pont-Boileau à La Roche-sur-Yon (Vendée) qui était jugé au tribunal correctionnel de Nantes pour des « agressions sexuelles » sur douze fillettes de 3 à 4 ans du centre de loisirs.

Le représentant du parquet a aussi demandé aux juges d’infliger un suivi socio-judiciaire de cinq ans à sa sortie de détention ; s’il ne s’y pliait pas, il pourrait purger deux années d’emprisonnement supplémentaires.

Le magistrat a aussi réclamé que cet habitant des Sables-d’Olonne, âgé aujourd’hui de 32 ans, soit inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS) : cela l’obligerait à pointer au moins une fois par an pendant vingt ans au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie la plus proche de son domicile.

Enfin, le procureur de la République a requis que l’ancien animateur de centre aéré – qui a raté quatre fois son CAP Petite enfance et qui est à présent intérimaire dans l’agro-alimentaire – soit définitivement interdit d’exercer une activité avec les mineurs « jusqu’à la fin de ses jours ».

Cette interdiction définitive de travailler avec des enfants et des adolescents fait écho aux propos du prévenu, qui a constamment nié lors de son procès toute « agression sexuelle » : il a en effet répété qu’il réfuterait si besoin « tout au long de sa vie » de telles accusations, même si on lui « reposait des milliers de fois » la question.

L’ancien animateur a expliqué n’être en fait qu’un « fétichiste » des collants, qu’il se contentait de les toucher quand ils étaient portés par des enfants « et les adultes » : il aurait d’ailleurs touché ceux de deux de ses collègues ou de sa sœur adoptive.

L’enquête est partie de la plainte de la mère d’une fillette de 4 ans : l’enfant lui avait confié que l’animateur du centre aéré de Pont-Boileau lui avait fait « des bisous partout notamment sur le sexe », a rappelé la présidente du tribunal correctionnel de Nantes à la lecture des pièces du dossier.

Il lui aurait aussi « rentré un doigt dans le sexe » alors qu’il se trouvait avec elle « dans une structure de jeux », rapportera-t-elle plus tard. L’enfant avait également vu son « sexe énorme ».

Entendue, la directrice du centre avait décrit un jeune collègue « très à l’aise dans la relation aux enfants ».

Placé en garde à vue le 18 juillet 2017, le Sablais avait confirmé « bien s’entendre » avec la directrice, qui était « une amie de sa mère ».

Ladite mère était d’ailleurs apparue lors de l’examen des photos stockées par son fils : on le voyait « déboutonner son chemisier ». Mais c’était un « pari », « juste pour rire », a expliqué le prévenu.

Son historique de recherches internet faisait aussi apparaître des mots-clés comme « teen en collants » ou « teen suce ».

Une deuxième fillette avait, par la suite, révélé des faits similaires à la première plainte : l’animateur du centre de loisirs lui a « touché la nénette avec un objet », avait-elle rapporté à sa mère.

De nouveau placé en garde-à-vue, l’animateur avait « reconnu être pédophile » mais sans n’être jamais passé à l’action, résume la juge.

Enfant abandonné par ses parents biologiques au Brésil et adopté à l’âge de 6 mois par un couple de Français, l’ancien animateur était « attiré depuis toujours » et « excité » par les collants : son sexe entre « en érection » quand il a sur les genoux une fillette ainsi vêtue – surtout si elle a « les cheveux longs », qu’elle est « grande » et « de corpulence moyenne », avait-il précisé.

Ce « fétichiste » aurait ainsi « touché une vingtaine » de fillettes, selon lui, mais toujours par-dessus leurs collants

L’information judiciaire a été confiée dans une autre juridiction que La Roche-sur-Yon, la fille d’une magistrate du tribunal yonnais figurant parmi les victimes.

Dans le même temps, un courrier avait été adressé par l’Association des maisons de quartier yonnaises (Amaqy) aux autres parents pour les inviter à signaler tout problème « même minime » avec un animateur.

Une dizaine de fillettes avaient alors rapporté des faits identiques, l’une d’elles évoquant « un doigt » introduit dans son sexe.

Ce mercredi 31 mai 2023, à la barre du tribunal correctionnel de Nantes, l’ancien animateur a répété qu’il était « intéressé » par « la matière » du collant, un vêtement qu’il trouve « joli », et non pas par l’enfant qui le portait.

Ce titulaire du Brevet d’aptitude à la fonction d’animateur (BAFA) a aussi dit qu’il prenait des médicaments depuis 2017 pour traiter cette addiction, et cela bien qu’il n’ait « pas besoin de soins » puisqu’il n’a « jamais » agressé d’enfant.

Sur un plan professionnel, il assure avoir « définitivement renoncé » à travailler dans la petite enfance.

« Les enfants, c’était ma passion, du jour au lendemain, on a brisé ma carrière », a-t-il déclaré.

Ce jeune homme jusqu’alors inconnu de la justice « ne veut pas » avoir d’enfant et cherche avant tout « une femme qui ne met pas de collants » : il veut « en finir » avec cette addiction.

« Il est hors de question que les parents rentrent ce soir chez eux pour dire à ces douze petites filles que monsieur n’a rien commis, que tout cela ce n’était que dans leurs têtes et qu’elles ne sont que des menteuses ou des mythomanes qui ont monté un complot contre lui », a prévenu le procureur de la République au moment de ses réquisitions.

Au bout de neuf heures d’audience, le tribunal correctionnel de Nantes a finalement mis son jugement en délibéré.

L’ancien animateur, qui encourt jusqu’à dix ans de prison et a déjà purgé un an dans le cadre de sa détention provisoire, sera fixé sur son sort le 29 juin 2023.

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