Etats-Unis| R. Kelly reconnu coupable de crimes sexuels

non

“De tous les prédateurs que j’ai poursuivis, M. Kelly est le pire.”
Le 27 septembre, à l’issue de six semaines de procès, un tribunal fédéral de New York a reconnu R. Kelly coupable d’exploitation et de trafic sexuel. Il a été a été condamné ce mercredi à 30 ans de prison.

Actualisation du 2 juillet 2022 :

Viols, drogue, pédopornographie… Le chanteur R. Kelly a été condamné à trente ans de prison pour crimes sexuels.

Le chanteur R. Kelly avait été reconnu en septembre 2021 de tous les chefs d’inculpation qui pesaient contre lui : extorsion, exploitation sexuelle de mineur, enlèvement, trafic, corruption et travail forcé.

R-B Kelly, une star américaine déchue. Le chanteur a été reconnu coupable en septembre 2021 à New York d’avoir dirigé pendant des années un “système” d’exploitation sexuelle de jeunes, dont des mineures de 1994 à 2018, a été condamné ce mercredi à 30 ans de prison.

Le chanteur avait été dépeint par l’accusation en “criminel, prédateur”.

Neuf femmes et deux hommes l’avaient accusé d’avoir abusé d’eux sexuellement, décrivant des viols, des prises de drogues forcées, des situations d’emprisonnement ou encore des faits de pédopornographie.

Le parquet a fustigé R. Kelly pour s’être :

“Servi de sa notoriété (…) pour faire de jeunes, fragiles et sans-voix, ses proies à des fins de gratification sexuelle”.

De son côté, le chanteur de 55 ans a toujours nié les faits. Son avocate a indiqué ce mercredi qu’il ferait appel de sa condamnation

Ce procès a été considéré comme une étape majeure du mouvement #MeToo : c’était la première fois que la majorité des plaignantes étaient des femmes noires et qu’elles accusaient un artiste noir.

Article du 5 octobre 2021 :

Après six semaines de procès, le chanteur américain de 54 ans R. Kelly, né Robert Sylvester Kelly, a été reconnu coupable de crimes sexuels par un tribunal fédéral de New York, le 27 septembre.

Sa peine sera connue en mai 2022.

Il pourrait être condamné à la prison à vie.

Coupable d’exploitation et de trafic sexuel

R. Kelly était jugé par un tribunal fédéral de New York pour extorsion, exploitation sexuelle de mineur, enlèvement corruption et travail forcé, pour des faits ayant eu lieu entre 1994 et 2018.

Pendant six semaines, neuf femmes et deux hommes, dont certains étaient mineurs à l’époque des faits, ont témoigné.

Ils ont évoqué des viols répétés, de la consommation de drogue forcée et des actes pédopornographiques.

Pendant le procès, 50 témoins se sont succédés à la barre.

Plusieurs ont expliqué avoir rencontré R.Kelly lors de concerts.

Des mots leur étaient remis avec les coordonnées de l’artiste.

D’autres procès en cours

Comme il l’a fait depuis le début de l’affaire, R. Kelly a nié les faits reprochés.

Les délibérations de jury, composé de sept hommes et cinq femmes, ont duré deux jours.

Le tribunal new-yorkais l’a reconnu coupable d’avoir dirigé un “système” d’exploitation sexuelle. 

D’après les journalistes présents sur place, il n’a montré aucune émotion à l’annonce du verdict.

Son avocat Deveraux Cannick a expliqué que son client pourrait faire appel.

Ils se disent “déçus du verdict”. 

L’Américain de 54 ans sera fixé sur sa peine le 4 mai 2022.

Il pourrait passer le restant de ses jours derrière les barreaux.

R. Kelly doit aussi être jugé par un tribunal de Chicago.

Il est accusé de pédopornographie.

Il est également accusé d’agressions sexuelles dans l’Illinois et dans le Minnesota.

Un procès important après #MeToo

La semaine dernière, la procureur adjointe Nadia Shihata a lancé:

“Ce n’est pas un génie. C’est un criminel. C’est un prédateur”

La condamnation du chanteur mondialement connu pour sa chanson I Believe I Can Fly marque une étape importante, quatre ans après le début du mouvement #MeToo.

L’avocate du district de New York Jacquelyn Kasulis a déclaré au moment d’annoncer le verdict, le 27 septembre:

“Aux victimes, vos voix ont été entendues et justice a finalement été rendue”

Gloria Allred, l’avocate de trois victimes de R. Kelly, a déjà défendu des victimes de Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein et Bill Cosby.

En sortant du tribunal, elle a fait une déclaration éloquente à la presse :

“Je pratique le droit depuis 47 ans. Pendant cette période, j’ai poursuivi de nombreux prédateurs sexuels qui ont commis des crimes contre des femmes et des enfants. De tous les prédateurs que j’ai poursuivis, M. Kelly est le pire.”

Avant de poursuivre:

“D’abord, il s’est servi du pouvoir accordé par sa célébrité pour recruter des mineures dans le but d’abuser d’elles sexuellement. Ensuite, il s’est servi de nombre de ses employés pour l’assister et lui permettre d’attirer ses victimes, de les isoler, les intimider, les contrôler, les endoctriner, les punir et les humilier”

L’avocate générale de New York Letitia James, a également réagi sur Twitter, le 27 septembre :

“Une fille noire sur quatre sera agressée sexuellement avant l’âge de 18 ans, bien plus que leurs homologues blanches. Nous devons faire plus pour protéger, défendre et croire nos filles avant 30 ans. Le verdict d’aujourd’hui est un moment important pour la responsabilité dans le mouvement #MeToo : aucun homme, quelle que soit sa célébrité, sa richesse ou son statut, n’est au-dessus des lois.”

Le Washington Post a de son côté qualifié la décision du jury de “conclusion emblématique au procès le plus médiatisé de l’ère #MeToo dans l’industrie musicale”.

Accusé d’agressions sexuelles pour la première fois en 1996, R. Kelly a poursuivi sa carrière en toute impunité, alors que les accusations de pédopornographie se sont multipliées au début des années 2000.

En 2004, il avait été relaxé pour des fait de ce type, et en 2008, un non-lieu avait été prononcé.

Il a fallu attendre la diffusion du documentaire Surviving R. Kelly pour que l’agresseur soit inculpé et emprisonné.

Source(s):