Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Vieux-Berquin | Un grand-père condamné pour abus sexuels sur sa petite-fille de 12 ans

2 ans avec sursis pour le grand-père incestueux

Mercredi, un Vieux-Berquinois de 81 ans a été condamné par le tribunal de Dunkerque pour des attouchements sexuels sur sa petite-fille mineure.

La fille est en cours d’anglais, au collège, quand, sans raison apparente, elle éclate en sanglots. Elle se confie à ses copines et les explications remontent jusqu’à l’infirmière scolaire. Cette dernière fait un signalement transmis au parquet de Dunkerque. Les investigations révèlent que le 31 décembre 2019 le grand-père paternel a procédé à des attouchements déplacés sur sa petite-fille alors âgée de 12 ans.

« Il a mis sa main dans mon soutien-gorge puis dans ma culotte, en disant que là j’avais des poils. Ma grand-mère est arrivée et il a enlevé sa main ».

La scène se passe dans le canapé du salon des grands-parents. La fille ne s’est pas tout de suite confiée à sa mère, enceinte au moment des faits, par crainte que celle-ci ne fasse une nouvelle fausse couche.

Elle se scarifie

Mal dans sa peau, elle retourne contre elle-même la haine qu’elle a alors envers son grand-père, et se scarifie :

« Je préférais que ce soit moi qui aie mal plutôt que ma mère »

confie-t-elle durant l’enquête. Elle ajoute :

« Cela m’a soulagée d’en parler. Je voyais cette main baladeuse tout le temps dans ma tête. Ça me dégoûte plus que si c’était un étranger qui m’avait fait ça. »

Présente à la barre, soutenue par sa maman, la jeune fille ajoute qu’elle est aujourd’hui brouillée avec son père qui ne la croit toujours pas. Elle attendait des excuses de ce grand-père qu’elle aimait. Elle ne les entendra pas.

« Elle a été poussée à inventer cela »

Au contraire, jusqu’à la fin de sa comparution l’octogénaire réfute les faits qui lui sont reprochés, et qui ne se sont produits qu’une seule fois. Il dit qu’il en veut à sa petite-fille, et n’a qu’une seule explication :

« Elle a été poussée à inventer cela par sa mère qui veut me faire cracher mon pognon. »

L’avocate du prévenu souligne que son client est rongé par l’arthrose, handicapé de la main gauche, et qu’il a subi de lourdes opérations chirurgicales. La scène d’attouchement reprochée lui paraît compliquée à exécuter par cet homme à la santé fragile.

2 ans de prison

Le ministère public ne voit rien qui puisse remettre en cause l’accusation de la petite fille,

« Une jeune fille qui n’est pas animée par un esprit de vengeance ».

Il ne considère pas davantage que ce grand-père « décrit comme quelqu’un de serviable, chaleureux et aimant » soit un prédateur sexuel.

« Ce jour-là, il a eu un moment de désemparement qui ne s’explique pas. Il n’a pas pu se contenir ».

Il a été demandé à son encontre une peine d’emprisonnement de 12 mois avec sursis simple. Prenant en compte le positionnement du mis en cause durant l’audience, les juges sont allées au-delà de ces réquisitions, et le tribunal a condamné le prévenu à 24 mois avec sursis. Il devra régler 5 000 euros au titre du préjudice moral de la victime, et sera inscrit au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles. Il a 10 jours pour faire appel de cette décision.