Versailles | Prison ferme pour avoir prostitué une mineure en fugue d’un foyer de l’ASE
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 08/04/2026
- 10:56
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Le prévenu assure ne pas avoir gagné grand-chose
Un homme de 24 ans a été lourdement condamné pour avoir prostitué une mineure en fugue de l’Aide sociale à l’enfance, dans plusieurs hôtels des Yvelines.
Un jeune père de 24 ans a été condamné à 6 ans de prison dont 2 ferme pour avoir prostitué une mineure de 15 ans en fugue de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du département de la Vienne, dans plusieurs hôtels des Yvelines.
Il n’a pas attendu que le tribunal de Versailles rende sa décision.
Sentant le boulet lui arriver en plein visage, un homme de 24 ans a préféré prendre la poudre d’escampette, mercredi 1er avril 2026.
« Il m’a expliqué qu’il n’avait pas eu le temps de dire au revoir à ses proches. Et comme il se doutait que la peine allait être sévère… », a indiqué son avocat.
Il s’appelle Indrisa. Il vit aux Mureaux. Il sera bientôt papa pour la deuxième fois. Et il était accusé d’avoir livré une jeune fille de 15 ans à la prostitution, dans plusieurs hôtels des Yvelines et du Val-d’Oise, en juin 2025.
Indrisa et la jeune femme, en fugue de son foyer de l’Aide sociale à l’enfance de Poitiers (Vienne – dép. 86), s’étaient rencontrés à Paris. Ils s’étaient bien entendus. Elle lui avait raconté avoir un passé compliqué, fait de fuites et de prostitution. Lui avait décidé de passer de petit trafiquant de drogue à proxénète.
À de nombreuses reprises, ce jeune père de famille avait joué les chauffeurs pour conduire l’adolescente à ses clients.
Il s’était aussi occupé de réserver et de payer des chambres d’hôtel. Sans oublier la gestion des rendez-vous via un site Internet dédié.
Le 29 juin, la jeune fille préviendra les forces de l’ordre, inquiète de la tournure que prenaient les événements.
« Il devenait de moins en moins gentil et de plus en plus violent verbalement ».
C’est dans la chambre numéro 30 d’un hôtel d’Epône qu’elle sera retrouvée, en serviette de bain et dans un désordre ne laissant pas de place au doute quant aux intentions de son dernier visiteur.
« Vous êtes un grand seigneur »
De l’enquête, il va ressortir que l’adolescente pouvait être livrée à des hommes une dizaine de fois par jour, pour des tarifs compris entre 130 et 220 euros.
Elle assure qu’elle ne touchait pratiquement pas d’argent et qu’elle souffrait parfois de la faim.
L’identité d’Indrisa va rapidement apparaître. Tout d’abord parce qu’il était présent à la réception lorsque les policiers sont venus chercher la jeune fille. Et ensuite parce que les chambres étaient réservées à son nom.
Dans un premier temps, il va se présenter comme un simple ami. Un ami qui n’ignore pas les activités de prostitution mais qui apprécie une compagnie platonique.
D’autant qu’il explique être en froid avec sa femme, « ultra-jalouse ». Il se présente également comme un bon samaritain, se refusant à laisser une femme en fugue sans toit.
Dans un premier temps, l’homme a nié toute action de proxénétisme. À l’audience, il a assuré avoir changé d’avis. Du moins, c’est ce qu’il a annoncé.
« Je reconnais avoir été proxo. Je l’ai accompagnée quand elle faisait son argent. J’avais à y gagner, mais elle le faisait déjà avant. Et c’est elle qui m’a proposé de l’argent pour me rembourser les nuits d’hôtel. Je jure que je n’ai jamais été violent avec elle. Et que je ne savais pas pour son âge. Car elle fait grande pour une petite. »
Un pas en avant, deux pas en arrière. Le prévenu assure ne pas avoir gagné grand-chose.
« Je prenais 80 ou 100 euros par jour peut-être. Mais je devais payer 70 euros d’hôtel. Moi, je faisais juste le chauffeur et elle gérait ses rendez-vous. »
Au final, il aurait donc pris tous ces risques pour 30 euros par jour seulement et la satisfaction d’avoir rendu service.
« Vous savez, je suis quelqu’un de très respectueux. Et j’essaye d’aider les gens. »
Le tribunal ne peut s’empêcher de manier l’ironie :
« En fait, vous êtes un grand seigneur… »
Et pour le parquet « un proxénète de proximité qui ne mesure pas vraiment ce qu’on lui reproche. »
Face à une certaine désinvolture, à un casier judiciaire déjà bien chargé, notamment pour des stupéfiants, la magistrate réclame 6 ans de prison, dont trois avec un sursis probatoire pendant deux ans.
La partie ferme est demandée avec un mandat de dépôt à la barre. Les mots font littéralement fuir le prévenu à la suspension de l’audience.
La décision tombe un peu plus tard. Indrisa écope de 6 ans, dont quatre ans avec un sursis probatoire pendant deux ans. Avec incarcération.
ndlr : La très grande majorité des clients d’enfants ou d’adolescents prostitués échappent à la justice. Ce laxisme laisse ces crimes dans l’ombre. Ils sont des dizaines de milliers.
Si toi qui me lis es l’une de ces engeances : stop !
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