Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Thionville | 12 mois de prison pour détention et échange d'images pédopornographiques

« Un profil manipulateur et opportuniste »

Un jeune homme comparaissait devant le tribunal correctionnel de Thionville le 19 octobre pour des faits de détention et de diffusion d’images pédopornographiques. À l’issue de l’audience, il a été condamné.

Dans le box des prévenus, il apparaît mal à l’aise. Quand il ne se dandine pas, il se frotte frénétiquement les mains ou remet en place son chignon.

Son procès, le 19 octobre, est un tel vecteur de stress qu’il demande au tribunal de Thionville une audience à huis clos.

Requête refusée, « la justice est rendue au nom du peuple français », appuie la présidente Véronique Beaugrand avant d’embrayer sur les faits.

Une victime identifiée

De janvier 2025 à mars 2026, à Thionville, le prévenu a enregistré, sur une clé USB nommée « Nudité », plus de 160 fichiers à caractère pédopornographique.

Des images qu’il échangeait avec d’autres pédophiles par le biais des réseaux sociaux.

Sous le prénom de Léa, une adolescente, il entrait aussi en contact avec de jeunes garçons. L’identité de l’un d’eux a pu être retrouvée. Il s’agit d’un Sarthois de 14 ans.

« Vous aviez une attirance sexuelle pour lui ? »,

interroge Véronique Beaugrand.

L’homme de 24 ans sous curatelle et déjà condamné en 2021 pour agression sexuelle balbutie :

« Je me suis fait violer plus jeune et j’ai voulu me venger sur les mauvaises personnes. Mais ça ne m’excitait pas ».

Incrédule, la magistrate engage un bras de fer cérébral avec le prévenu et l’inonde d’interrogations. Il craque. D’un hochement de tête, il reconnaît être attiré par les jeunes garçons.

« Je ne sais pas comment l’expliquer. »

« Manipulateur »

Le psychiatre qui l’a examiné durant la procédure estime que des soins ne sont pas nécessaires mais qu’il présente tout de même « un profil manipulateur et opportuniste ».

Une analyse qui se vérifie quelques instants plus tard lorsque la présidente lui demande la solution pour qu’il ne recommence pas.

« Avoir un bracelet électronique »,

répond du tac au tac le jeune homme.

« Ce n’est pas ce que je vous demande »,

soupire la magistrate.

Du côté du parquet, on fustige le rapport de l’expert qui ne préconise pas de soins et on déplore « toutes les victimes absentes qui n’ont pas pu être retrouvées ».

Dix-huit mois de prison ferme sont requis.

Pour Me David Tavaratian, avocat de la défense, il est également inconcevable de ne pas orienter son client vers un traitement adapté.

Il élève la voix :

« Ce n’est pas dix minutes d’expertise qui traduise une réalité. Bien sûr qu’il faut des soins plutôt que de l’enfermer ».

Le tribunal décide tout de même d’écrouer Bryan Caron* pour une durée de douze mois avec une injonction de soins.

À sa sortie de détention, il aura l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs à vie.