Talmont-Saint-Hilaire | Encore une affaire de viols incestueux jugé en correctionnel

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« Ce sont des faits de viol qui pourraient être jugés aux assises»
Un homme de 35 ans a été condamné à de la prison ferme pour violences sexuelles à l’encontre de sa propre fille.

Dans la salle d’audience du tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne : une adolescente de 14 ans, en pleurs entre sa mère et l’un de ses frères.

À la barre, un homme âgé de 35 ans aujourd’hui qui doit répondre de violences sexuelles commis dans une commune rétro-littorale proche de Talmont-Saint-Hilaire.

Cet homme n’est autre que le père de la jeune fille qui a été agressée sexuellement, régulièrement pendant 6 ans, alors que la mère, travaillant de nuit, était absente de la maison.

Elle a peur, elle ne veut plus le voir, elle ne s’exprimera pas devant le tribunal.

Par contre, la maman est invitée à prendre la parole.

Un témoignage poignant:

« J’ai pas vu, c’est terrible pour une mère. Aidez ma fille, je suis une maman désemparée. Je suis morte .»

La présidente Émilie Rayneau répond en affirmant :

« Vous n’êtes coupable de rien. »

Dans sa synthèse du dossier, la présidente donne l’essentiel :

« Pendant six ans, plusieurs fois par nuit ce père s’introduisait dans le lit de sa fille, lui caressait le sexe, y a introduit un doigt à plusieurs reprises. »

Elle ajoute :

«  Ce sont des faits de viol qui pourraient être jugés aux assises. S’ils ont été correctionnalisés, c’est pour accélérer la procédure.  »

De fait, l’enquête a débuté en novembre 2020 alors que l’adolescente s’est confiée à une amie puis à sa mère.

Entendu dans un premier temps, le père reconnaissait des pénétrations digitales, puis a nié.

Aujourd’hui il dit :

« Ca s’est passé une seule fois, un petit peu. Je ne suis pas allé plus loin parce qu’elle était vierge et que je voulais lui éviter ça .»

« L’admiration » du ministère public

Le père va un peu plus loin.

Dans des SMS envoyés à sa fille il se dit:

« Désolé de ne pas avoir vu ta souffrance. Je voulais juste te caresser, pas de faire du mal ».

Il répétera à la barre avoir « été amoureux » de sa fille:

«Mais,  je ne sais pas l’expliquer »

Partie civile, Me Esthère Gallardo se dit « atterrée ».

L’avocate parle:

« Du discours d’un homme qui met mal à l’aise. On cherche à inverser les rôles, il se dit victime, il se trouve des excuses. On marche sur la tête. Elle n’a rien demandé, elle voulait un papa normal. Il y a beaucoup de colère et beaucoup de réponses que l’on aura pas. »

Même sentiment chez le procureur de la République, Olivier Couvignou, qui s’adresse en premier à l’adolescente:

«  J’ai beaucoup d’admiration pour le courage dont tu as fait part, beaucoup de courage de porter ces faits à la connaissance de ton amie, ta mère et des médecins.  »

Et de mettre en avant « le caractère abominable de ce qu’il a fait à son enfant. »

Quatre ans de prison dont deux avec sursis probatoire pendant trois ans sont requis à titre de peine principale.

Dérèglement psychiatrique

Me Jérôme Bénion intervient pour les intérêts du père:

« Je ne suis pas là pour défendre des faits mais un homme. Oui, tenir compte de la gravité, mais aussi de la personnalité. Dans les rapports d’expertise, on ne trouve pas trace de perversité, de pédophilie. Je pense qu’il y a une pathologie psychiatrique. Au moins une désorientation, il est victime de la prise de produits addictifs ».

Après en avoir délibéré, le tribunal est allé bien au-delà des réquisitions, condamnant le père à quatre ans de prison ferme.

Il aura un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son autorité parentale sur ses enfants lui a été retirée.

Il est inscrit au fichier des délinquants sexuels.

Il devra verser 10 000 euros à la maman représentante légale de sa fille.

Il sera prochainement conduit en maison d’arrêt.

À la sortie des parties civiles, applaudissement des membres du comité de soutien à l’adolescente, sa mère et ses frères.

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