Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Soultz | 18 mois de sursis pour un oncle incestueux et violent

Aucune remise en question chez le mis en cause

Toujours en liberté

Un habitant de Soultz âgé de 44 ans a été condamné jeudi 5 septembre pour une agression sexuelle sur sa nièce de 14 ans. Le tribunal correctionnel de Colmar l’a en revanche relaxé concernant les violences sur son ex-compagne.

L’affaire démarre en 2020, quand une femme dépose plainte contre son ex-compagnon.

Elle l’accuse de lui avoir imposé des rapports sexuels pendant leur vie commune mais aussi d’attouchements sur sa sœur ainsi que sur sa nièce de 14 ans.

Placé en garde à vue, l’homme domicilié à Soultz conteste les faits.

Comme il les contestera encore jeudi 5 septembre devant le tribunal correctionnel de Colmar.

Après plusieurs étapes judiciaires, les faits à l’encontre de son ex-compagne ont été qualifiés de violences et seule l’agression sexuelle sur sa nièce a été retenue.

Assistée de Me Rotolo, la première a raconté son quotidien auprès d’un homme qui n’hésitait pas à démarrer un rapport alors qu’elle était endormie.

« Je lui disais : Tu sais que c’est du viol ? Il rigolait, disait que c’était n’importe quoi. »

Elle décrit aussi les insultes, les crises, comme ce jour où il lui jette à la figure des morceaux du gâteau en forme de cœur préparé pour son anniversaire.

Concernant sa nièce, le prévenu reconnaîtra à l’audience l’avoir touchée, mais uniquement au niveau du genou.

Quand elle se présente chez lui pour voir son cousin, en ce mois de février 2020, il l’admet : après avoir consommé alcool et cannabis, il n’est « pas dans son état normal. »

Le cousin étant absent, l’oncle entraîne l’adolescente dans une pièce, commence à lui toucher la cuisse, le bas-ventre, la poitrine.

Seule l’arrivée d’un visiteur lui permettra de s’échapper.

Un homme « aussi lourd que grossier »

Les témoignages recueillis pendant l’instruction, tout comme l’exploitation de son téléphone, où apparaissent des messages graveleux adressés à de toutes jeunes filles, dessinent le portrait d’un homme « aussi lourd que grossier », « habitué de comportements sexistes, des gestes inadaptés, des propos inappropriés », détaille la procureure Laure-Alexandra Mairot.

Mais ce qu’elle déplore surtout, c’est l’absence de toute « remise en question » chez le mis en cause, dont le casier affichait cinq mentions.

Alors que trente mois de prison assortis d’un sursis probatoire sont requis, Me Gross, en défense, invite à la plus grande prudence quant aux déclarations de l’ex-compagne : face à ses imprécisions, même l’expert psychiatre a appelé à les prendre avec « beaucoup de pincettes. » : « C’est rare », souligne-t-il.

Le quadragénaire (*) sera finalement relaxé pour les violences et condamné pour l’agression sexuelle à dix-huit mois de prison assortis d’un sursis probatoire.

Aujourd’hui majeure, sa nièce, présente lors de l’audience, n’avait pas demandé de dommages et intérêts.

(*) Son identité n’est pas révélée pour protéger l’anonymat des plaignantes.