Soissons | Prison ferme pour cet ancien prof amateur de photos pédo

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“Je ne m’intéresse pas à l’aspect sexuel mais esthétique”
Patrick Clarot, un septuagénaire habitant d’Osly-Courtil se trouvait devant le tribunal judiciaire de Soissons ce lundi 12 janvier 2026 pour détention d’images pédopornographiques. Il a été condamné à 30 mois de prison dont deux ans de sursis probatoire.

Le 27 novembre 2024, les autorités reçoivent l’appel d’un vendeur de téléphonie mobile. Il affirme avoir trouvé dans le téléphone que son client lui a confié, des centaines d’images à caractère pédocriminel.

Le lendemain, le client, un septuagénaire originaire d’Osly-Courtil, se présente pour une audition, puis le 5 décembre sa maison est perquisitionnée. C’est à ce moment-là que les gendarmes découvrent l’étendue de l’horreur.

Des mots-clés évocateurs dans la barre de recherche

Sur le téléphone de l’homme, plus de 13 000 images à caractères zoophiles et pédocriminelles sont alors retrouvées. Parmi toutes leurs découvertes qui remontent jusqu’à 2018, ils mettent notamment la main sur un ordinateur portable avec plus de 3 000 images du même genre. Le septuagénaire, ancien professeur de lycée de Soissons, indique détenir ces images par curiosité et non par vice.

Un technicien nouvelles technologies trouvera également plusieurs mots-clés évocateurs, « petite teen », « petite adolescente » etc.

À la barre ce lundi 12 janvier, Patrick Clarot, un vieil homme aux cheveux long et grisonnant n’est pas clair dans ses explications.

« Je peux dire que je n’ai pas enregistré ces images trash dégueulasses que l’on trouve dans ce rapport, je peux le déclarer sur l’honneur, car ce ne correspond pas à ma personnalité », affirme-t-il d’abord.

Alors que l’assesseure lui explique que les images ont bien été retrouvées sur ses appareils, il ajoute :

« je suis obligée de vous faire une confession, je suis asexuel, depuis ma jeunesse quand je vois des images comme ça, je ne m’intéresse pas à l’aspect sexuel mais esthétique, j’ai enseigné 40 ans dans l’éducation nationale, sans problème. »

Une minimisation du prévenu

Tout au long de son audience, l’homme se perd dans des explications nébuleuses.

« J’avais un ordinateur en main, si je n’avais pas eu internet, je n’aurais pas fait de bêtises », affirme-t-il devant la juge. Puis à force d’interrogations, il se met à pleurer. « Je veux bien le reconnaître, mais qu’est-ce que je peux faire ? »

Lors de ses réquisitions, la substitut du procureur Kristenn Boivineau, demande de le condamner à 30 mois d’emprisonnement, assorti d’un sursis probatoire de deux ans.

« On voit une recherche active de sa part, en tapant dans la barre de recherche des mots-clés bien connus du milieu pédophile », affirme-t-elle.

Elle évoque une minimisation de la part du prévenu qui se définit comme amoureux de l’art et de la plastique féminine de tous âges.

« Comme si on lui reprochait des photos de nu artistique, alors qu’il n’y a rien d’esthétique, que du répugnant et de l’immonde, tout ce qu’il y a de plus sale et de plus sombre dans la nature humaine. »

L’avocat du prévenu, Me Hecart, avoue quant à lui qu’il s’agit d’une affaire laborieuse et difficile à traiter. « On va plus sur une reconnaissance de culpabilité, même si on tourne en rond », indique-t-il. Il demande alors de prendre en compte l’âge du prévenu en cas de condamnation.

Patrick Clarot est finalement condamné à 30 mois de prison, assorti d’un sursis probatoire de 2 ans. S’ajoutent une injonction aux soins psychiatriques, l’interdiction de contact avec des mineurs et l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).

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