Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Saint-Malo | Seulement 4 ans de prison pour avoir abusé de plusieurs filles de sa famille

Un sexagénaire condamné à 3 ans ferme pour agressions sexuelles sur 4 fillettes dont sa fille

photo d'une fillette de dos avec son nounours

Ce jeudi 7 avril, le tribunal de Saint-Malo a condamné un sexagénaire à 4 ans de prison, dont un an avec sursis, pour des faits d’agressions sexuelles aggravées sur sa fille, son amie et ses deux nièces.

« Je ne suis pas contre les faits mais je n’ai aucun souvenir de tous ces actes »,

avance le prévenu devant le tribunal de Saint-Malo, ce jeudi 7 avril. L’homme de 68 ans est jugé pour agressions sexuelles aggravées sur quatre fillettes mineures : sa fille, une amie de celle-ci et ses deux nièces. Des faits qui se sont déroulés entre 1986 à 1996, puis à nouveau en 2016, à son domicile de la région de Dinan, à l’époque.

Des faits similaires à des périodes différentes

Les quatre jeunes filles ont toutes dénoncé des faits similaires à des périodes différentes. Elles séjournaient en compagnie de leurs parents pendant les week-ends ou étaient gardées chez le prévenu et sa femme. L’homme, souvent alcoolisé, mettait la main dans leur culotte, leur touchait ou faisait « des bisous » sur leur sexe, caressait leur poitrine. Il « a touché mon minou », racontera l’une des petites, alors âgée de 6 ans. À ce moment-là, il jouait du piano assis près d’elle.

« Je n’étais pas heureux »

À la barre, le sexagénaire, imperturbable, maintient sa ligne de conduite. Il ne se souvient pas et explique son comportement par son addiction à l’alcool. Il se victimise et évoque des années difficiles, notamment sa situation de père au foyer source, selon lui, « de médisances » dans le village. Et d’ajouter : « Je n’étais pas heureux. L’alcool m’a complètement détruit ». Il s’égare dans ses réponses ou se contredit. « On a beaucoup de mal à vous suivre », lance le substitut.

30 ans sans la moindre remise en question

Pour Me Hellouvry, avocate des victimes :

« On est face à un prédateur sexuel qui ne veut pas assumer ses responsabilités ».

Le parquet résume :

« 30 ans de faits sans la moindre remise en question ».

Cela avant de requérir quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Me Noël, pour la défense, insiste sur « le travail » accompli par son client pour se soigner.

Le tribunal condamne finalement le sexagénaire à quatre ans de prison dont un an avec sursis, suivi socio judiciaire trois ans avec obligation de soins (en cas de non-exécution deux ans ferme) et inscription au FIJAIS. Le prévenu a été placé en détention à l’issue de l’audience.