Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Oudun | Deux proches de Pierre-Alain Cottineau jugés

Le doute n'était pas permis mais la sentence est ridicule

Une amie et le père de Pierre-Alain Cottineau ont été jugés à Nantes, lundi 12 octobre 2026, pour avoir révélé des informations sensibles et soustrait du matériel informatique. Des faits commis avant la mise en examen pour viol avec actes de torture et de barbarie sur mineur de moins de 15 ans.

Auriez-vous révélé des informations sensibles qui mettent en cause un proche, quand bien même leur diffusion violerait le secret professionnel ?

Une directrice d’école de Loire-Atlantique a perdu toute lucidité, le 20 septembre 2024 à 16 h 33, quand elle a reçu à son bureau, une circulaire avec une demande d’identification d’une enfant victime de faits graves.

Cette mineure, elle la connaît, puisqu’elle est prise en charge par son âme sœur, Pierre-Alain Cottineau.

Elle le contacte via la messagerie WhatsApp, car ce dernier est en vacances en Tunisie.

Coucou mon chou.

J’ai reçu une demande d’identification.

Qu’est-ce qu’il se passe, je suis très inquiète, écrit-elle à son ami qui a ensuite été mis en examen pour viol avec acte de torture et barbarie sur une enfant de 4 ans.

Ça va, il fait beau.

Papa m’a dit ça, répond l’intéressé.

S’ensuivent plusieurs messages puis des aveux à peine cachés.

Je suis parti car je voulais profiter une dernière fois.

On ne se reverra jamais.

J’ai toujours gardé mon problème pour moi, écrit l’assistant familial.

La directrice raconte qu’il était impossible de penser que c’était lui et qu’elle a agi pour avoir des informations, qu’elle voulait ensuite transmettre à l’Office des mineurs (Ofmin).

Elle prend contact avec les enquêteurs dès 19 heures, le jour même, envoie des mails jusque tard dans la nuit à l’adresse présente sur la circulaire qui précisait qu’il ne fallait pas alerter la famille et rester discret, puis se présente le lendemain à la gendarmerie pour tout raconter.

J’ai fait une énorme erreur.

J’ai honte, a-t-elle répété à la barre, lundi 12 octobre 2026, aux bords des larmes.

Selon son avocat, Me Guillaume Bouché, le père et la fille de la directrice traversaient une mauvaise passe, ce qui pourrait expliquer cette folie d’action.

La directrice n’avait pas alerté que Pierre-Alain Cottineau mais aussi… le père du principal accusé, à qui elle transmet la circulaire.

Ce dernier échange alors avec son son fils qui évoque une agression sexuelle, et se décrit comme un monstre, sans donner plus de détails.

Alors que Pierre-Alain demande à son père d’aller récupérer un téléphone à son domicile pour qu’il puisse récupérer les photos de sa fille, le paternel s’exécute.

Je lui faisais confiance.

Je ne voyais pas mon fils capable de faire ça.

Une fois au domicile, le père dans un état second, abasourdi, emporte un ordinateur, des disques durs ou des clés USB qui lui appartenaient.

Il rapportera tout spontanément aux enquêteurs, une fois qu’il aura pris conscience des faits exacts reprochés à son fils.

C’est compliqué pour mes autres enfants.

J’habite toujours Oudon.

On me stigmatise, nous sommes des victimes collatérales.

Peine-amende et sursis

Le ministère public a nuancé, assurant que le doute n’était pas permis, au moment ou le père a récupéré le matériel informatique.

Quant à la directrice d’école, sa qualité aurait dû lui permettre de ne pas céder à la tentation de prévenir l’accusé.

La consommation de l’infraction est acquise malgré la repentance.

Le père a écopé d’une peine-amende de 1 000 € avec sursis, la directrice d’école de quatre mois de prison avec sursis.