Oignies | Un papy condamné pour agression sexuelle
Seulement du sursis pour ce pédocriminel
Une affaire née des accusations portées par une fillette d’une dizaine d’années au moment des faits – c’était peu avant la Noël 2021 – dans laquelle elle met en cause son papy, alors âgé de 61 ans, mais aussi et surtout son père, « pour des choses bien pires » qui seront jugées prochainement.
Comparaissant libre, le sexagénaire domicilié en Belgique avait été mis en examen pour « atteinte sexuelle sur mineur ».
Une qualification revue en « agression sexuelle » au début du procès.
Il lui est reproché d’avoir pris la main de la jeune fille et de l’avoir posée sur son sexe.
« C’est normal, tout le monde fait ça »
, lui aurait-il dit à l’époque, déclare-t-elle – quatre ans après les faits – aux enquêteurs en marge de l’enquête pour l’affaire criminelle dans laquelle son père fait figure d’accusé.
À la barre, le soixantenaire nie toute atteinte.
« Je ne l’ai jamais touchée. Je ne sais pas pourquoi elle dit des choses comme ça. »
Pour la procureure adjointe, la victime :
« a vécu des choses bien pires (les faits reprochés à son père) pour considérer que celles-là étaient graves aussi. C’est pour cela qu’elle n’a rien dit avant. »
Pour elle, en tout cas, « la sidération n’est pas un signe de consentement. »
D’où la requalification en « agression » plutôt qu’« atteinte » et les dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis qu’elle a requis dans la foulée.
De simple témoin à mis en examen
Pour l’avocat du prévenu, Me Nathan Radelet du barreau de Mons (Belgique), ce procès est l’occasion de « jauger des systèmes (judiciaires) français et belge. »
Et de rappeler que cette affaire-là « vient d’un autre dossier », que son client a été mis en examen alors qu’il s’était présenté en tant que simple témoin pour celle-ci.
Et d’arguer de l’avis « rarement aussi favorable » de l’expertise menée sur son client, de l’inutilité des soins qu’elle suggère, cela après avoir mis en doute la parole de la victime, une parole « guidée par les enquêteurs » qui ne serait pas corroborée par d’autres témoignages, éclairages…
Et de conclure :
« Je vous demande d’acquitter – j’utilise un bellicisme –, de relaxer (1), mon client au bénéfice du doute. »
Il n’a pas été entendu.
Le grand-père a été condamné à dix-huit mois avec sursis simple au titre de l’article 222-29-1 du Code pénal.
Il fera l’objet d’une inscription au fichier des délinquants sexuels, à l’interdiction de contact avec sa petite-fille pendant deux ans, d’exercer toute activité avec des mineurs d’âge, et devra payer 1 000 € à titre de préjudice moral.
Il dispose de dix jours pour faire appel.
(1 – En droit français, l’acquittement ne peut être demandé que dans les affaires criminelles)