Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Nice | Un réseau de proxénétisme impliquant des mineures démantelé

"Il faut qu’elles comprennent que ce n’est pas normal et qu’elles sont complètement exploitées."

Quatre personnes, dont trois mineurs, ont été interpellées après les plaintes de deux jeunes filles à Nice. Elles sont soupçonnées de proxénétisme et violences. Elles ont été présentées à la justice ce vendredi 11 septembre.

Dans cette affaire, fait rare, tout a commencé avec une plainte. Une jeune fille de 16 ans dit avoir été forcée de se prostituer dans un appartement niçois loué via Airbnb. Une seconde jeune mineure a dénoncé par la suite des faits similaires et a porté plainte.

Quatre personnes ont été interpellées. Elles sont soupçonnées de proxénétisme et de violences et ont été présentées à la justice ce vendredi 11 septembre. Les individus auraient forcé les deux adolescentes à se prostituer.

“Faire comprendre qu’elles sont victimes”

Ces plaintes sont d’autant plus rares que l’emprise dans ce genre de réseaux de proxénétisme dissuade les victimes. Geneviève Colas, coordinatrice du collectif Ensemble contre la traite d’êtres humains – Secours catholique, explique :

“Ces enfants en fait ne se sentent pas victimes. La première chose à faire, c’est de pouvoir faire comprendre qu’elles sont victimes. Pas pour les victimiser à vie mais pour qu’elles comprennent que ce n’est pas normal et qu’elles sont complètement exploitées.”

Dans ce réseau de proxénètes qui a été démantelé dans les Alpes-Maritimes, ils sont quatre. L’un est majeur, deux autres sont de jeunes garçons mineurs. La dernière est une jeune fille, elle pourrait elle-même, être victime.

Le Procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, détaille :

“On voit dans un certain nombre de dossiers, que des personnes qui étaient prostituées et qui se livraient elles-mêmes à la prostitution, ensuite évoluent. Soit en décrochant de la prostitution, soit en continuant à avoir une activité de prostitution, elles ont des activités de proxénète et vont contribuer à encadrer l’activité de prostitution d’autres victimes”.

20 procédures similaires en 2025

Ces prestations tarifées impliquant des filles mineures auraient été planifiées grâce à ce site web, Sexemodel. On y retrouve des centaines d’annonces de femmes accompagnées de leurs photos dénudées.

Ce site est depuis peu dans le viseur de la justice, mais les réseaux de proxénètes trouvent des alternatives.

“On va plutôt retrouver ça un peu plus sur les réseaux sociaux, sur Instagram, sur Tik Tok. On a cette forme de prostitution qui réapparaît et qui est un peu plus cachée parce qu’elle ne fonctionnera que sous la forme de messages privés”, mentionne Béatrice Parent, coordinatrice du dispositif INSIDE de lutte contre l’exploitation sexuelle – Association ALC.

Les suspects ont été mis en examen pour traite d’êtres humains aggravée et proxénétisme aggravé. Les clients de ces proxénètes s’exposent à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende selon la loi. Et, si la jeune fille a moins de 15 ans, les peines s’élèvent à 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende. Également, un acte sexuel commis par un adulte sur un mineur de moins de 15 ans peut être qualifié et réprimé comme un viol.

L’année dernière le parquet de Nice recensait près de 20 procédures pour ce genre de faits.