Morbihan | Un homme d’une cinquantaine d’années comparaissait au tribunal
Je suis seulement là pour ma fille. Je ne veux pas qu’il y en ait d’autres après elle
Sur Instagram, il se faisait passer pour une petite fille pour rentrer en contact avec des mineurs et les manipuler.
La présidente égrène les faits reprochés, jeudi 17 septembre 2026, au tribunal judiciaire de Vannes : Sur Instagram, vous vous faites passer pour une jeune fille de 10 ou 14 ans. Vous avez trouvé des jeunes filles, même des petites filles, de 10 ans, et vous leur demandez la couleur de leur culotte, des photographies d’elles nues.
Le prévenu, âgé d’une cinquantaine d’années, originaire du Val-d’Oust, écoute, affirme regretter, mais à la question de la présidente : Il n’y a pas d’attirance pour les enfants ? Qu’est ce qui vous a pris ?, il répond : Je ne sais pas.
La présidente insiste, Vous nous dites que ça ne vous faisait rien ? Vous craignez qu’on vous qualifie de pédophile ?
Le prévenu, qui possédait quantité de contenus pédocriminels sur ses deux téléphones ne répond pas.
Qui il y a derrière les écrans ? , insiste la présidente.
Il hausse les épaules, promet de ne plus recommencer, mais ne paraît pas prendre la mesure de ses agissements en ligne.
La mère d’une fille de 10 ans, qui a été sa victime en ligne, a fait 750 kilomètres pour rencontrer l’homme qui a harcelé son enfant. À son insu, la fillette avait installé Instagram sur son téléphone.
Cette maman, en larmes à la barre, a porté plainte et a permis de remonter jusqu’à l’homme qui se trouve en face d’elle aujourd’hui, et qui, sur le réseau social, a échangé avec sa fille pendant quelques jours, l’invitant à avoir des pratiques sexuelles et à les filmer, à se masturber, à lui fournir des photos d’elle :
Je ne conçois pas qu’il dise qu’il ne comprend pas. Son statut adulte handicapé percevant l’ASH pour un retard mental ne doit pas être une excuse », poursuit-elle. Elle ne sait pas quelle somme réclamer au titre du préjudice subi :
Je suis seulement là pour ma fille. Je ne veux pas qu’il y en ait d’autres après elle .
Lors de ses réquisitions la procureure de la République salue le courage de cette maman car c’est la crainte de tous parents pour ses enfants sur les réseaux sociaux .
Puis s’adressant au prévenu : Vous êtes dangereux, vous avez une attirance pour les enfants. Tout cela n’est pas virtuel.
Le tribunal le condamne à deux ans d’emprisonnement accompagné d’une peine de sursis de trois ans avec exécution provisoire ainsi qu’à une obligation de soins, d’une interdiction d’exercer une profession auprès de personnes mineures et une inscription aux fichiers des délinquants sexuels.