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La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Le Bouscat | Le prêtre Daniel Marechal condamné à sept ans ferme pour agressions sexuelles

Ils ont « mis de longues années à comprendre qu’ils n’étaient pas consentants »

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné l’abbé Daniel Maréchal à une peine de prison avec mandat de dépôt. Au début des années 2000, et pendant plus de quinze ans pour une de ses victimes, il avait reçu des jeunes garçons à son domicile du Bouscat pour des agressions sexuelles.

« Il a fallu se battre pour démontrer que ces hommes étaient des victimes »

Raconte Me Alexiane Renou, avocate de deux personnes ayant subi des agressions sexuelles au Bouscat de la part de l’abbé Daniel Maréchal. Celui-ci a été condamné à sept ans de prison ferme, peine assortie d’un mandat de dépôt. Cet ecclésiastique a par ailleurs interdiction définitive d’exercer...

Ces faits se sont produits entre 1999 et 2016 pour l’un des deux hommes, et entre 2002 et 2003 pour l’autre. Aujourd’hui âgés de 39 et 38 ans,

Ils ont « mis de longues années à comprendre qu’en réalité, ils n’étaient pas consentants », explique Me Renou.

Il est en effet reproché à Daniel Maréchal d’avoir pratiqué des fellations et de s’être fait sodomiser par ces deux hommes alors qu’ils n’avaient que 12 et 14 ans quand ces faits ont commencé.

« Ils étaient à un âge où on ne sait pas toujours comment se définir dans sa sexualité. L’agresseur disait qu’il était hermaphrodite. Sa voix et ses comportements étaient un peu efféminés. »

Sur le trajet du collège

Si le jugement tient compte de la différence d’âge entre le condamné et ses victimes, et de l’ascendant qu’il exerçait sur elles du fait de ses fonctions ecclésiastiques, les agressions n’ont pas eu lieu dans des établissements religieux. C’est à son domicile, avenue Ausone, au Bouscat, que l’homme recevait les adolescents.

« C’était un endroit où les jeunes se retrouvaient. M. Maréchal habitait sur le trajet qu’ils prenaient quand ils sortaient de leur collège. »

Si deux victimes ont choisi de se constituer parties civiles, il n’est pas exclu qu’il en existe d’autres.

L’une des victimes habitait à proximité de ce domicile. Le condamné a profité de l’emprise qu’il exerçait sur elle pour amener d’autres jeunes chez lui. Souvent des adolescents laissés un peu à eux-mêmes.

« Certains avaient des relations conflictuelles avec leurs parents. Ou ces derniers étaient très pris par leurs activités professionnelles et ils les voyaient peu. »

Pas d’appel

Si deux de ces victimes ont choisi de se constituer parties civiles, il n’est donc pas exclu qu’il en existe d’autres qui, elles, n’ont pas entrepris cette démarche. Une démarche rendue juridiquement compliquée par le fait que les adolescents n’ont jamais vu leur agresseur nu, et qu’ils n’ont jamais vu son sexe.

« Les plaintes ont d’abord été classées sans suite. »

En définitive, c’est la contrainte morale que la justice a retenue pour entrer en voie de condamnation. Sollicité, l’avocat de Daniel Maréchal, Me Guerric Brouillou-Laporte, n’a pas souhaité apporter d’information complémentaire.

Et il a annoncé que son client ne ferait pas appel du jugement.