Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

La Vacherie | Yannick Vaillant condamné à 3 ans ferme pour agression sexuelle sur mineur

Les victimes sont 2 soeurs jumelles âgées de 9 ans à l'époque des faits

Un quinquagénaire a été condamné à trois ans de prison ferme pour attouchements sexuels sur deux fillettes. Les faits se sont produits en 2016 dans un petit village de l'Eure.

« Je n’ai pas touché les filles ! », a d’emblée déclaré Yannick Vaillant, 53 ans, aux juges du tribunal judiciaire d’Évreux (Eure), jeudi 18 mars 2021.

Cet homme, qui vit désormais dans le secteur de Conches-en-Ouche, est poursuivi pour agression sexuelle sur deux fillettes : des faits qui se sont déroulés à La Vacherie, petit village entre Évreux et Louviers, en 2016.

L’accusé, lui-même papa de deux filles, ressemble à un père de famille sans histoires.

Voilà pourquoi à l’époque, quand les victimes, deux petites filles de 9 ans originaires des Yvelines, ont souhaité retrouver leurs copines qui venaient d’emménager dans l’Eure, leurs parents ont donné leur accord.

Les 1er et 2 octobre, les sœurs jumelles ont passé un agréable week-end à la campagne.

Du moins en apparence.

Vidéos et photos pédopornographiques

Car dès leur retour, Chloé et Julie (les prénoms ont été changés) ont expliqué à leur mère que le papa de leurs amies les avait touchées.

Leur père, qui a aussitôt porté plainte à la gendarmerie, a ensuite découvert avec stupéfaction que son ancien voisin des Yvelines avait déjà été condamné en 2002 pour agression sexuelle sur un garçon de 11 ans.

Mis en garde à vue, Yannick Vaillant a nié en bloc.

Pire, il a expliqué qu’il avait été choqué par le comportement ambigu du plaignant envers ses filles.

Malheureusement pour lui, la perquisition réalisée à son domicile a permis de retrouver dans son ordinateur 661 vidéos et plus de 252 000 images pédopornographiques en dépit d’une précédente condamnation pour un délit similaire.

Compte tenu de ces éléments, le président a poussé le prévenu dans ses derniers retranchements.

« Je n’ai pas d’explications sur ce que les filles ont raconté.

Quand elles sont parties, elles étaient très contentes. »

Chloé a alors eu le courage de témoigner à la barre.

« Comme on voulait faire un jeu de société, il m’a expliqué les règles dans son bureau », a confié la jeune fille, avant de s’arrêter puis de poursuivre, les yeux rougis par l’émotion :

« Il m’a touchée et a entré un doigt dans mes fesses.

J’étais pétrifiée.

Quand j’ai raconté cela à ma mère, ma sœur a dit qu’elle avait connu la même chose.

Nous n’en avions pas parlé avant. »

La charge émotionnelle étant trop forte, l’audience est brièvement suspendue à la demande de l’avocate de la défense.

À son retour, le prévenu change d’attitude.

Il déclare :

« J’ai entendu Chloé, j’ai vu son désarroi.

J’ai eu un geste, un geste inapproprié mais pas obscène.

Il n’y a rien eu d’autre.

Comme je suis confronté à un flot d’accusations, j’ai eu peur d’en parler.

Tout le reste est complètement infondé et il ne s’est rien passé avec Julie. »

Interrogé sur les vidéos et les photos retrouvées en sa possession, il use d’un autre subterfuge pour minimiser ses actes :

« Tout ce matériel m’excite mais il n’est pas fait pour être vu.

Il s’agissait pour moi de combattre le désœuvrement car je suis anxieux et hyperactif. »

« Il faut porter à son crédit une évolution de ses déclarations quatre ans et demi après les faits.

Hélas, je regrette qu’il soit resté au milieu du gué, tonne l’avocat de la partie civile, Me Falek.

En réalité, nous ne sommes plus dans le raisonnable mais dans la pulsion.

Comme il n’acceptera jamais d’être un pédophile, il explique que son problème, c’est l’anxiété. »

Trois ans ferme

« Aujourd’hui, les victimes sont des jeunes filles mais, à l’époque, elles mesuraient 1,40 m et pesaient 31 kg. C’était des fillettes », a rappelé de son côté le substitut du procureur, avant de requérir cinq ans d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt ainsi que diverses obligations.

Enfin, l’avocate de la défense, Me Naze-Teulie, est montée au créneau :

« Personne n’a envie d’être un pédophile car personne n’a envie d’être un monstre.

Cependant, ce qui est rassurant, c’est qu’il sait la gravité des choses, plaide-t-elle.

Le rapport psychiatrique parle ainsi d’une appétence pédophilique régressive et d’une altération du discernement.

À l’époque, le parquet n’a rien fait et rien ne justifie aujourd’hui son interpellation à la barre.

Le mandat de dépôt est un non-sens. Il n’a pas d’intérêt thérapeutique et peut le conforter à continuer de raconter n’importe quoi. »

Yannick Vaillant a finalement été condamné à trois ans de prison ferme et menotté dans la salle d’audience avant son transfert en maison d’arrêt.

Inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, il est, en outre, assujetti à un suivi socio-judiciaire de cinq ans et à des obligations de soins et de réparations.

Il devra également verser 6 000 € à chacune des victimes, 3 000 € à chacun des parents ainsi que 3 000 € pour les frais de justice.