Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

La Roche-sur-Yon | Un an ferme pour un beau-père pédo

"Il a une autre fille plus jeune. Faut-il craindre pour elle ?"

Dans la nuit du 27 au 28 février 2026, une adolescente de 12 ans a été agressée sexuellement par son ex-beau-père en Vendée. Elle est parvenue à se réfugier dans la chambre de son grand frère, lui aussi mineur, et à prévenir une tante par téléphone. Condamné, le quadragénaire a été incarcéré.

Le quadragénaire a été condamné à un an de prison ferme. Il sera également suivi par la justice pendant deux ans dans le cadre d’un sursis probatoire.

“C’était ma belle-fille, je la connais depuis qu’elle a deux ans. Je n’ai jamais rien fait”, s’obstine Fabien Petit, 45 ans, à la barre du tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon (Vendée).

Regard vide, tête basse, le père de famille reste interdit face aux magistrats ce vendredi 16 octobre. Dans la nuit du 27 au 28 février 2026, cet homme est suspecté d’avoir agressé sexuellement son ex-belle-fille mineure dans une commune du bocage vendéen.

“Il est venu dans ma chambre le soir pour vérifier le chauffage. Je lui ai demandé un verre d’eau. Mais il est resté dans la chambre”, raconte l’adolescente de 12 ans aux enquêteurs.

« Il m’a touchée, je me sens sale »

Elle entend sa respiration se rapprocher, ses mains se poser contre ses seins, sur son sexe et dans sa culotte. Elle a peur et ne crie pas, mais parvient à faire semblant de bouger dans son sommeil. L’homme s’interrompt et disparaît dans la nuit.

Immédiatement, elle rejoint son frère, âgé de 14 ans dans sa chambre, se confie à lui et envoie un message à une de leur tante :

“il m’a touchée, je me sens sale.”

Voilà quatre ans que leur mère est séparée de Fabien Petit, mais ce dernier vit toujours dans la maison. Le couple a eu une enfant en commun. Et la mère de famille se trouve en voyage au Gabon.

“Comment vous expliquez ce message ?”, l’interroge Gwenaëlle Dubois, présidente de l’audience. Le quadragénaire est incapable de répondre.

“Et les excuses que vous lui envoyez quelques jours plus tard ?”, appuie la magistrate.

Sa mère me l’avait demandé même si je n’avais rien fait. Son unique argument pour expliquer les dénonciations de son ex-belle-fille : la magie noire.

“Il y en a tellement au pays, c’est facile de faire ça”, lâche-t-il sans sourciller.

Après les faits, les enfants ont été placés dans l’attente du retour de leur mère. Et la jeune fille profondément marquée selon l’expert psychologue. On parle de stress post-traumatique avéré et de 15 jours d’incapacité de travail, rappelle la vice-procureure.

« L’expertise psychiatrique ne décrit pas quelqu’un de dangereux »

Ma cliente a fait preuve d’un courage certain alors qu’il faisait référence de figure paternelle, abonde Françoise Pelé, avocate de la partie civile. Quand Nathalie Demorand, la représentante du ministère public, s’inquiète.

“On parle d’une enfant qui dormait au chaud dans son lit, en sécurité. Il a une autre fille plus jeune. Faut-il craindre pour elle ?”

Elle requiert trois ans de prison, dont deux ferme. Solène Hermouet, l’avocate du suspect, aurait aimé venir avec des explications.

“Je n’en ai pas. Mais l’expertise psychiatrique ne décrit pas quelqu’un de dangereux.”

Fabien Petit a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme avec incarcération immédiate. Et sera suivi pendant deux ans par la justice