Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Ille-et-Vilaine | Un Comorien condamné pour agression sexuelle incestueuse

Il en avait profité pour lui infliger des gestes à caractère sexuel

Un Comorien de 38 ans a été condamné à 3 ans de prison ferme pour agression sexuelle incestueuse et menaces de mort envers les 3 enfants de 11, 12 et 16 ans avec qui il vivait. Absent à l’audience, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt.

Dans le huis clos familial censé les protéger, ces enfants de 16, 12 et 11 ans à l’époque des faits, ont vécu des violences « physiques et psychiques qui les marqueront pendant toute leur existence », souligne Chrystèle Vitre, procureure de la République.

L’aînée essuie ses larmes en entendant les scènes décrites à l’audience, hier.

Le plus jeune est assis à côté de sa mère.

Chaque mois, il voit une psychologue pour tenter de chasser ses mauvais souvenirs et se reconstruire.

« Il faut saluer leur courage d’avoir dénoncé les faits et d’être présents aujourd’hui. Un courage qui tranche avec l’absence du prévenu qui a préféré s’enfuir », remarque la magistrate.

Cet homme de 38 ans est jugé pour agression sexuelle incestueuse, violence et menace de mort envers les trois enfants qu’il considérait « comme les siens ».

Pas eux. L’un des enfants avait confié aux enquêteurs qu’il aurait préféré « ne pas avoir de beau-père ».

Sous prétexte de lui apprendre à conduire, l’homme avait demandé à la fille aînée de s’asseoir entre ses jambes, sur le siège conducteur d’une voiture.

Il en avait profité pour lui infliger des gestes à caractère sexuel.

Un autre jour il lui avait reproché une tenue trop provocante à son goût, tout en lui touchant les fesses.

Celle- ci finit par quitter le domicile après de nouvelles violences, le soir du 14 juillet 2023.

Sur le palier de l’appartement où vit la famille, son beau-père lui avait arraché son portable, l’avait giflée et elle était tombée dans les escaliers.

Il avait ensuite menacé les plus jeunes, le couteau à la main, de leur couper la tête ou les doigts, pour les obliger à ne plus communiquer avec leur sœur aînée.

Entendu à quatre reprises en garde à vue, l’homme violent avait reconnu seulement une gifle.

Placé sous contrôle judiciaire le 30 novembre 2023, il est aujourd’hui aux Comores, son pays d’origine.

Et s’il n’a pas pu se rendre à l’audience, c’est « parce que son passeport est périmé », assure son avocate.

Qui met en doute les propos des enfants.

« Dans ce dossier, il y a beaucoup de on-dit et de sous-entendus, c’est parole contre parole, or, pourquoi accorderait- on plus d’importance à la parole des enfants qu’à celle de leur beau-père ? »

Elle plaide la relaxe.

Le tribunal, suivant les réquisitions de la procureure, condamne le beau-père incestueux (1) à 3 ans de prison ferme et prononce un mandat d’arrêt à son encontre.

(1) La loi interdit de donner l’identité des auteurs d’une agression sexuelle dès lors qu’un lien de parenté, ou tout autre élément, permet d’identifier la victime.