Grasse | Un homme condamné à 16 mois pour corruption d'une mineure de 13 ans
773 photographies ainsi que 3 000 messages exhumés du téléphone portable
Un homme d’une vingtaine d’années a comparu ce vendredi pour avoir échangé des contenus à caractère pornographique avec une mineure âgée de 13 ans. Une pratique facilitée par les réseaux sociaux.
L’année dernière, à Cannes, entre les mois d’avril et juin 2025, la maman de L., 13 ans, voit le comportement de sa fille changer.
L’adolescente s’habille de manière plus provocante, se maquille et passe des heures dans sa chambre. Ses résultats scolaires ont considérablement chuté.
Les difficultés de communication alertent la maman qui fouille le portable de son enfant et découvre avec horreur des photos de sa fille dénudée adressées à deux hommes majeurs.
Les messages que la petite échange avec eux par réseau électronique, en l’espèce Snapchat, sont tout aussi équivoques.
Fausse identité
À la barre, le prévenu s’exprime avec hésitation, déclare avoir des problèmes d’audition. Pour appâter l’adolescente, il n’a pas hésité à lui donner un faux nom et une fausse identité, mentant sur son âge.
« On essaie de comprendre pourquoi vous agissez ainsi »
, commente la présidente du tribunal Pascale Cina.
D’autant que le même homme a été appréhendé quelques mois auparavant pour des faits similaires.
« Une mineure qui avait 15 ans » dont le prévenu avait récupéré des photos en petite tenue
, précise le procureur Paul-Marie Ferri avant d’ajouter :
« On passe d’une enfant en sous-vêtement à une enfant plus jeune à qui on demande tout. Il convient de protéger les enfants. »
Et d’insister sur le traumatisme de la jeune fille de 13 ans dont 773 photographies ont été exhumées du téléphone portable ainsi que 3 000 messages.
L’illustration d’une jeunesse « déconnectée du réel »
, rappelle le magistrat.
16 mois d’emprisonnement
« Mon client n’est pas attiré par les enfants, il a demandé aussi des images à des femmes adultes »
, plaide l’avocate de la défense maître Allison Delous, insistant sur la jeunesse de son client, à peine majeur au moment des faits.
Le prévenu explique avoir désormais une compagne, ne pas avoir réfléchi.
« J’ai commis une erreur »
, soupire-t-il.
« Non ce n’est pas une erreur, l’interrompt la présidente. C’est une infraction très grave. »
Le parquet a requis 20 mois d’emprisonnement assortis d’une obligation de soins et d’interdiction de contact avec la victime.
Une peine ramenée à 16 mois par le tribunal et assortie d’une inscription au FIJAIS (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes en France).