Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Gien | Jordan Bigord, 22 ans, prend 2 ans ferme pour proxénétisme sur mineur

Il aurait "aidé" une jeune fille de 16 ans à se prostituer

À l’audience correctionnelle du tribunal judiciaire de Montargis, le mercredi 12 mai, Jordan Bigord, 22 ans, n’a pas semblé réaliser la gravité des actes qui lui étaient reprochés.

En détention provisoire à la prison de Fresnes depuis son interpellation, à Gien, Jordan Bigort est apparu particulièrement décontracté dans le box des accusés.

Cheveux tressés, sweat-shirt gris et jean, le jeune homme n’a mis aucune difficulté à reconnaître qu’il s’était livré, le 6 mai, à du proxénétisme.

Toutefois, il a pris soin de préciser que la copine de sa petite amie, âgée de 16 ans, ne s’était pas fait prier pour se prostituer.

Un logement loué pour une semaine

Comme l’a indiqué la présidente Odile Kergus, c’est pourtant lui qui avait loué pour une semaine le logement destiné aux rendez-vous.

C’est lui aussi qui avait passé sur un site Internet une petite annonce ainsi rédigée :

“Jeune fille 19 ans cherche plan pour s’amuser“, suivie de son propre numéro de portable.

C’est lui encore qui avait planifié les rendez-vous et expliqué à la mineure comment se comporter avec les clients et combien leur demander.

“Mais c’est ma petite amie et pas elle qui était en photo sur l’annonce, a t-il objecté.

Et c’est parce qu’au dernier moment elle n’a plus voulu que j’ai demandé à sa copine de la remplacer.

Je savais qu’elle s’était déjà prostituée et qu’elle accepterait.”

Elle se confie dans une boulangerie

Appelée à la barre, la victime a assuré qu’initialement Jordan Bigort ne lui avait pas parlé de rapports sexuels :

“Il m’a dit que j’allais rencontrer des hommes.

Mais je pensais que c’était du “sugar daddy”, que nous allions discuter, partir faire du shopping.”

En guise de shopping, elle s’est retrouvée par trois fois au lit à répondre aux exigences de clients qui visiblement en voulaient pour leur argent.

À ce propos, elle a aussi rapporté qu’elle avait remis au prévenu les sommes qui lui avaient été réglés conformément à un tarif pré-établi.

“C’est faux, s’est défendu Jordan Bigort.

La première fois elle ma donné 20 euros sur les 80 qu’elle avait reçus.

Les deux autres fois, elle a tout gardé pour elle.”

Le 7 mai, alors que le prévenu et sa copine étaient sortis, la jeune fille avait quitté le logement et s’était rendu dans une boulangerie voisine où elle avait éclaté en sanglots et raconté sa mésaventure.

C’est là que les gendarmes étaient venus la chercher et avaient alerté ses parents, qui depuis deux jours n’avaient plus de nouvelles d’elle.

Une victime consentante, selon l’avocat du prévenu

En défense, le bâtonnier Charles-François Dubosc n’a pas contesté que son client avait aidé la mineure à se prostituer.

“Mais elle a pris volontairement une part active dans le déroulement des faits.

Elle était consentante et ses clients n’ont rien trouvé d’étrange à son comportement : elle se disait majeure et énumérait les prestations tarifées.”

Puis, en référence aux 50.000 euros de dommages intérêts demandés par la victime et ses parents, il s’est dit outré avant de s’exclamer :

“Décidément, la prostitution, ça paie !”

Note de WP : Le bâtonnier Charles-François Dubosc, défenseur des proxos, a donc parlé avec les clients de la victime mineure ? Ou bien peut-être y a t-il leurs auditions dans le dossier ? Pour une fois qu’ils cherchent les clients ça n’aura pas servi à grand chose donc. Comme d’habitude un message clair de la justice pour les pervers : Recommencez quand vous voulez.

On notera également le cynisme du personnage pour casser la victime. Encore heureux que le proxénète en question soit condamné.

Des propos qui n’ont pas laissé insensible le tribunal, lequel a rejeté les prétentions de la famille et s’est contenté d’accorder à la victime une indemnisation de 1.000 euros.

Sur le plan pénal, Jordan Bigort a écopé de dix-huit mois et de la révocation d’un sursis de six mois prononcé en avril 2019 par le tribunal de Paris, soit deux ans ferme au total avec maintien en détention.