Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Petite-Forêt | Le pédocriminel exhibitionniste aux multiples victimes n'ira pas en prison

Les trois fillettes sont âgée de 7 à 8 ans...

Il a beau se défendre de toute attirance sexuelle pour les enfants, un trentenaire a été condamné ce mardi pour s’être exhibé et/ou avoir tenté d’agresser sexuellement 3 fillettes de 7 à 8 ans.

Les faits se sont déroulés en 2023 dans un restaurant familial de Petite-Forêt.

«Des petites filles du même âge, toujours le mer­credi, le jour des enfants, dans le même restaurant ! C’est un pédophile en puissance ! », s’emporte une ma­man lorsque les magistrats l’in­vitent à la barre.

La mère d’une autre fillette s’effondre en pleurs.

« Je pensais qu’il aurait quand même le courage d’avouer. Il savait ce qu’il faisait, je suis écœurée. »

« Ma fille ne m’a rien dit car elle avait honte. Son journal intime est tombé, il s’est ou­vert, et on a tout découvert. Elle a en­core des flashs, elle se cache pour pleu­rer à l’école », témoigne une troi­sième maman.

Sa fille, chez qui des symptômes de stress post­trauma­tique ont été décelés, fait désormais l’objet d’un suivi psychologique.

Il y a encore un an, ces trois mères ne se connaissaient pas. Leur point commun ?

L’an passé, elles se sont rendues, avec leurs enfants, un mercredi, dans un restaurant fa­milial de la zone commerciale de Petite-­Forêt.

Pendant que la famille se restaurait, leurs enfants ont été s’amuser à l’étage, dans l’aire de jeux aménagé à cet effet.

C’est aus­si à l’étage qu’il faut se rendre pour aller aux toilettes. C’est là que les trois petites filles, qui avaient sept à huit ans, ont croisé la route du pré­venu.

Ce prévenu est un trentenaire qui présente bien. Cadre commercial, il s’apprête à se marier le mois prochain.

« Venez voir dans les toilettes, il y a des jeux ! » : chaque enfant a rapporté cette même phrase aux policiers.

« C’est ce qui permet aux enquêteurs de faire le lien entre les plaintes », ex­plique la substitut Christelle Broche.

Une fillette l’a sui vi. Elle décrit, avec ses mots d’enfant, une exhibition suivie d’une masturba­tion et d’une érection.

« Un acte puéril et débile. Mais je ne me mastur­bais pas, je n ’avais pas d’érection. »

Les faits dénoncés par la deuxième enfant, il les qualifie de :

« Farfelus. Je n’ai aucune appétence sexuelle pour les enfants ! ».

La plus marquée des trois a expliqué qu’elle est par ve­nue à s’enfuir après qu’ il lui a montré son sexe, puis demandé « un petit bisou ».

« Elle a vécu quelque chose mais ce n ’est pas moi ! », se défend le trentenaire.

Même si elles l’ont toutes trois re­connu…

Les magistrats, tout comme Mes Coulon, Legrand et Honnart ont beau avoir insisté sur le fait que les trois enfants ne se connais­saient pas et qu’elles décrivaient le même mode opératoire, la même phrase, le cadre n’en a pas recon­nu davantage.

« Il y a une perversion à commettre ce type d’acte. Des soins sont absolument nécessaires », a esti­mé le parquet.

Le tribunal a été un peu au­-delà des réquisitions en condamnant le trentenaire à trois ans de suivi socio-judiciaire. Il en­court un an de prison s’il ne res­pecte pas ses obligations de soins et d’indemnisation des victimes à qui il devra verser un total de 8 650 euros.

Le voilà désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels.