Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Dieppe | Un quinquagénaire condamné à 3 ans ferme pour agressions sexuelles sur mineur

Il a entretenu une relation coupable pendant près d’un an avec la fille de sa nouvelle épouse

Toujours en liberté

Le tribunal correctionnel de Dieppe a jugé, mardi 16 mars, une affaire d’agression sexuelle incestueuse entre un beau-père et sa belle-fille, déficiente intellectuelle.

Le prévenu, un homme de 59 ans, absent lors du procès, a entretenu une relation coupable pendant près d’un an avec la fille de sa nouvelle épouse, une adolescente âgée de 15 ans au moment des faits, mais qui, souffrant d’une déficience intellectuelle, avait la maturité d’une enfant de 7 ou 8 ans.

En mai 2017, la jeune fille se confie au collège qui effectue un signalement.

Devant les enquêteurs, l’adolescente évoque tout d’abord une sortie à vélo pendant laquelle son beau-père lui aurait touché la poitrine et le sexe par-dessus les vêtements.

À de nombreuses reprises, le prévenu aurait pratiqué des attouchements poussés.

Le beau-père et sa belle-fille s’échangeaient alors quantité de SMS à connotation sexuelle, voire pornographique.

Lors de l’enquête, l’adolescente avait expliqué être amoureuse de son beau-père, mais en même temps avoir peur de lui.

Elle affirmait que c’était toujours lui qui était à l’initiative des rendez-vous.

Ce que le prévenu a toujours contesté, évoquant un code avec lequel l’adolescente lui faisait comprendre « qu’elle avait besoin de caresses ».

« Il lui a demandé de ne pas en parler »

Lors des auditions, la ligne de défense du prévenu tient en un point : sa belle-fille est consentante.

Quand on lui oppose alors la déficience intellectuelle criante de la jeune fille, il reconnaît son retard mental, mais répond que « pour le sexe, elle faisait plus que son âge ».

Sans manifester de regrets, il parle d’une relation amoureuse et conclut une de ses auditions par un « physiquement, c’était sa mère quand elle était plus jeune ».

L’adolescente n’a pas souhaité se rendre à l’audience, de peur de croiser à nouveau cet homme.

« Il a usé de sa position dominante, il lui a demandé de ne pas en parler, cela montre bien qu’il savait que l’acte était interdit », constate Me Barbier.

Sa consœur Me Malec revient sur la notion de consentement, martelant « qu’il n’y a pas de consentement possible, encore plus avec une déficience intellectuelle et mentale ».

La jeune victime ne demande aucuns dommages et intérêts, souhaitant uniquement que son beau-père « aille en prison ».

C’est le sens des réquisitions du ministère public qui demande trois ans de prison ferme à l’encontre du prévenu « qui se désintéresse totalement de la procédure judiciaire ».

Dans son délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public et décerne un mandat d’arrêt à son encontre.

Il est désormais inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.