Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Clermont-Ferrand | Prison ferme pour les deux pédocriminels coupable de viols en réunion

La jeune fille elle a subi cinq épisodes de viol pendant dix-sept heures...

Le verdict est allé au-delà de la peine prononcée en première instance. Un ressortissant bosniaque âgé de 52 ans a écopé, mercredi 17 novembre, en appel, de quinze ans de réclusion criminelle pour avoir violé en réunion une mineure de 13 ans.

Condamné à 15 ans de réclusion pour avoir violé une mineure dans un squat à Clermont-Ferrand.

Après deux jours de procès en appel, le verdict a été rendu ce mercredi 17 novembre. Ilijaz Modronja, un ressortissant bosniaque de 52 ans, a été reconnu coupable du viol en réunion d’une mineure de 13 ans, entre le 21 et le 22 décembre 2017, dans un squat près de la gare à Clermont-Ferrand.

Son co-accusé, un Serbe de 35 ans condamné à dix ans en première instance par la cour d’assises du Puy-du-Dôme (*) s’est, lui, désisté de son appel.

La victime, une adolescente alors placée dans un foyer, avait suivi une amie dans un squat clermontois où elle avait subi cinq épisodes de viol dix-sept heures durant.

Son avocate, Julie Niels, a rendu hommage au courage dont fait preuve la jeune fille « depuis le début » et salué « la constance de ses déclarations », « contrairement à l’accusé ».

L’avocate, qui a aussi insisté sur l’absence de consentement de cette adolescente « fragile » de 13 ans qui n’avait aucune expérience sexuelle, a « des carences éducatives » et une « maladie auto-immune rare », a rappelé :

« Au début, l’accusé reconnaissait les doigts puis le pénis et là que les doigts. Mais même une pénétration avec les doigts, c’est un viol ».

Me Niels dépeint son « traumatisme », les scarifications, les cauchemars…

La victime avait envoyé un message à son éducatrice juste après les faits lui disant :

« J’ai envie de mourir ».

L’avocate générale, elle, est revenue sur les faits, « puisqu’ils sont contestés par l’accusé ».

Mais aussi sur la personnalité du quinquagénaire « qui n’éprouve aucun regret, aucun remords ». Elle évoque enfin sa condamnation aux États-Unis pour des violences conjugales et requiert quatorze années de réclusion criminelle.

L’avocate de l’accusé, Charlotte Depardieu, a rappelé que son client clame son innocence depuis quatre ans et a remis en cause le tapissage au cours duquel la victime a reconnu le quinquagénaire.

« Devant la vitre sans tain, il était le seul à être présent au squat, c’est peut-être pour ça qu’elle l’a identifié ».

Son client n’a jamais nié être au squat et avoir croisé l’adolescente. Me Depardieu a contesté le témoignage de l’ancien co-accusé d’Ilijaz Modronja. Dès sa première audition, il avait, selon l’avocate, chargé l’accusé. Elle a déploré enfin « les manquements de l’enquête ».

Des arguments qui n’ont pas convaincu la cour qui a finalement condamné le quinquagénaire à quinze ans de réclusion criminelle et à une interdiction définitive du territoire français.

(*) Le procès à huis clos pour viol s’était tenu en décembre 2020. Seuls deux auteurs avaient été retrouvés par les policiers alors que les agresseurs étaient bien plus nombreux.