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La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Charente-Maritime | Un jeune homme jugé pour détention d’images pédopornographiques

Je ne me souviens pas très bien…

En 2021, alors qu’il est encore mineur, le prévenu avait été condamné pour attouchements sexuels sur une fillette de 10 ans. Ce jeudi 22 octobre, il doit répondre de détentions d’images pédopornographiques

Déjà condamné à 17 ans pour attouchement sur une fillette, un jeune homme jugé pour détention d’images pédopornographiques

Le prévenu dit s’être retrouvé face à ces fichiers par hasard, au gré de ses consultations sur Internet. 

Le président du tribunal de La Rochelle le dit sans détour :

« On en a malheureusement vu des choses terribles dans ce genre de dossiers mais ces images-ci sont particulièrement affreuses. »

Ce jeudi 22 octobre, le prévenu de 22 ans jugé pour détentions de fichiers à caractère pédopornographique n’en est pas à son coup d’essai. En 2021, alors qu’il est âgé de 17 ans, il est condamné pour attouchements sexuels sur une fillette de 10 ans, l’enfant de l’ami de son oncle.

« Je ne me souviens pas très bien… »,

répond-il au tribunal qui lui demande de revenir sur ces faits.

Ses explications ne sont pas plus précises pour comprendre comment, dès ses 14 ans, il s’est retrouvé à surfer sur des sites douteux.

Il puisait ses proies auprès de ceux qui lui tendaient la main. Un homme de 57 ans, basé à La Brée-les-Bains, répond du viol de plusieurs adolescents, de 1991 à 2016, devant la cour départementale de Charente-Maritime. L’homme, qui reconnaît les faits, a bénéficié de l’aveuglement de ses proches

Ce jeudi, cet habitant de Tonnay-Charente n’est pas jugé pour les images les plus « hard core » mettant en scène des mineures. À l’époque, il était âgé de 16 ans lors de la consultation de ces fichiers. Il sera prochainement jugé devant le tribunal pour enfants.

Ce jeudi, le débat porte essentiellement sur la prévention concernant sa majorité, à savoir entre 2022 et 2024, des images « de jeunes adolescentes se masturbant », précise son avocate Me Audrey Noailly, loin, selon elle, de celles qui « glacent le sang ».

« Des troubles psychiques »

Le prévenu est inséré socialement. Cariste dans un drive, il vit toujours chez ses parents.

« Je suis arrivé sur ces images par des sites internet classiques comme Youtube, raconte-t-il. Des gens sous pseudos me transmettaient des liens vers ce genre de vidéos. La première fois, j’ai regardé par curiosité. » Dans sa plaidoirie, son avocate avance « des troubles psychiques » liés à une agression sexuelle qu’il aurait subie à l’âge de 10 ans. « On lui avait imposé de faire une fellation. » Elle demande de se « concentrer sur les bons faits ».

Le procureur Frédéric Ebel regarde le cas dans son ensemble et y voit, au contraire, un « profil inquiétant ».

« Des photos aussi atroces interpellent venant de quelqu’un d’aussi jeune. »

Et de relever que rien ne relève du hasard.

« Il a sélectionné ces photos. Ce ne sont que des jeunes filles qui ont des rapports sexuels avec des hommes qu’on ne voit pas. Il peut avoir la sensation d’être à leur place. »

Il requiert un an de prison totalement assorti du sursis probatoire pendant trois ans avec une obligation de travail, de soins.

« Le problème doit être traité à fond, sinon il y aura des risques de récidives, voire d’attaques contre des mineures. »

Le tribunal a suivi les réquisitions. Le jeune homme a également l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs pendant trois ans et est dorénavant inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.